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Pollution PCB à Obourg : 58 bêtes d'Emmanuël Desquennes ont été euthanasiées ce lundi

Les 58 vaches d'Emile Desquennes ont été euthanasiées ce lundi 20 décembre.
21 déc. 2021 à 11:15 - mise à jour 21 déc. 2021 à 14:24Temps de lecture2 min
Par Vincent Clérin avec Pierre Wuidart

"À tous mes amis Facebook, en ce lundi 20 décembre 2021, voici quelques photos prises ce dimanche de mes bêtes qui ont été euthanasiées ce matin à la ferme pour cause de contamination par des PCB émis par l'usine de broyage de métaux voisine d'une de mes parcelles de production fourragère".  

L’homme qui s’exprimait en ces termes sur sa page Facebook ce lundi, c’est Emmanuël Desquennes, un agriculteur dont l’exploitation a été déclarée, il y a plus d’un an, contaminée aux PCB, des substances toxiques issues de l’activité industrielle.  Un constat qui, comme nous l'expliquions il y a deux mois, condamnait à terme son élevage.

Ce lundi, l'homme a dû s'exécuter et faire procéder à l'abattage de ses bêtes, chez lui, au sein même de son exploitation. 

"Au début de l’histoire (Quand le PCB a été découvert ndlr), l’AFSCA a interdit tout transport de mes bêtes vers un abattoir, il n’y avait donc qu’une solution c’est de procéder à l’abattage à la ferme, chez moi.  Mais ils m’ont toujours dit : Vous faites ce que vous voulez avec vos bêtes... Comprenez que si je voulais les tenir un an, cinq ans, dix ans, je pouvais, mais elles n'auraient jamais pu aller à l’abattoir, elles ne pouvaient pas être commercialisées.  J’ai donc fixé la date de l’abattage à ce lundi 20 décembre".

L’abattage

"Mon vétérinaire d’exploitation est venu avec un vétérinaire-expert, avec un vétérinaire de l’AFSCA, avec un assistant pour procéder à l’abattage de mes bêtes.  Je n’ai pas vu l’opération parce que je ne souhaitais pas participer à l’abattage de mes bêtes, mais elles ont été endormies puis euthanasiées… ".  Quant à l’enlèvement des carcasses, il a eu lieu ce mardi.

"J’ai du mal par moment… et je m’attends déjà au pire quand je vais rentrer et voir mes étables vides"

"En tout, cela représente 58 bêtes.  Elles ont donc été abattues chez moi.  Il ne me reste plus que 18 jeunes bêtes qui ont entre zéro et deux ans.  Ces jeunes bêtes sont indemnes parce que trop petites pour recevoir cette nourriture-là.  Ces jeunes veaux nés l’hiver passé ont été élevés avec du colostrum congelé acheté, ils n’ont donc pas tété les mères.  Ils ne pourraient donc pas être contaminés".

Emmanuël Desquennes nous explique que pour débloquer les catégories de jeunes bêtes, l’AFSCA exige de mettre deux bêtes à l’abattoir afin de procéder à des recherches pour voir s’il y a présence ou non de résidus de PCB.  "Les deux jeunes bêtes sont parties il y a une bonne quinzaine de jours à l’abattoir" précise l’agriculteur, "Mais aujourd’hui je ne dispose pas encore des résultats de l’analyse".

"C'est dur..."

"Cet élevage, c'est le fruit de plusieurs générations de sélections de bovins, il y a eu mes grands-parents, mes parents avant moi... raison pour laquelle j'ai voulu à tout prix conserver mes jeunes veaux.  C'est la relève : ces veaux-là, je connais leur origine, ce sont des bêtes qui sont habituées à moi et elles constituent une base pour la poursuite de mon élevage.  C'est pourquoi j'ai fait le forcing auprès de l'AFSCA pour les conserver parce que, pour L' Agence, même les jeunes bêtes c'était plus facile de les éliminer.  L' éradication totale était, pour eux, la solution la plus facile. 

"Je ne partage évidemment pas cette analyse, ces veaux constituent une base pour me relancer et psychologiquement en les conservant j'ai quand même malgré tout l'impression de ne pas avoir tout perdu..!".

 

 

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