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Guerre en Ukraine

Pologne, Bulgarie, Finlande et maintenant la France : le robinet de gaz russe pour l'Europe se coupe progressivement

17 juin 2022 à 12:46Temps de lecture2 min
Par AFP, édité par Victor de Thier

Robinet coupé en Pologne, Bulgarie et Finlande, débit fortement réduit vers l'Allemagne, l'Autriche et l'Italie, et plus aucun mètre cube vers la France : les Européens dénoncent le chantage au gaz de Vladimir Poutine, alors que le continent veut profiter de l'été pour remplir ses stocks.

Au quatrième mois de la guerre en Ukraine, Moscou appuie là où cela fait mal et joue de la vulnérabilité énergétique des Européens, dont 40% du gaz qu'ils brûlent vient habituellement de Russie. Ces proportions sont encore plus fortes dans l'Est : 55% pour l'Allemagne jusqu'à présent, voire 85% en Bulgarie.

Le gaz ne manque pas pour l'instant pour la plupart des Européens, en période estivale, car il n'y a pas besoin de chauffer les bâtiments. Mais les réductions interviennent alors que les pays doivent profiter de l'été pour remplir leurs réserves, avec un objectif d'au moins 80% d'ici novembre dans l'Union européenne.

Livraison en baisse, prix en hausse

Et la baisse des livraisons fait monter les prix, ce qui coûtera cher aux industriels, notamment en Allemagne, dont les usines souvent reliées directement aux gazoducs ont besoin de quantités gigantesques de gaz dans la chimie, la sidérurgie, chez les cimentiers, les producteurs d'engrais...

"Les Russes utilisent le gaz comme arme depuis longtemps", dit à l'AFP Thierry Bros, professeur à Sciences Po Paris. "Le Kremlin utilise le principe d'incertitude, un jour quelque chose et le lendemain autre chose, pour regarder notre unité et pour tendre le marché des matières premières et faire monter les prix".

La dernière nouvelle est venue vendredi de France, où le gestionnaire du réseau de transport, GRTgaz, a annoncé avoir constaté ne plus recevoir aucun gaz russe par gazoduc depuis le 15 juin. Ce gaz transitait par un unique point d'interconnexion avec l'Allemagne.

"Il ne faut pas se faire d'illusions, nous sommes dans une épreuve de force avec Poutine", a dit Robert Habeck, le ministre allemand de l'Économie et du Climat, jeudi à la télévision publique. "C'est une décision qu'il prend de manière arbitraire c'est comme ça que les dictateurs et les despotes agissent."

Seulement 50% pour l'Italie

Les conséquences sont de fait plus graves pour les voisins de la France, et pas seulement l'Allemagne : l'Italie dépend à 40% de la Russie et elle ne recevra vendredi que 50% du gaz russe demandé par sa compagnie nationale Eni.

Le chef du gouvernement italien, qui était jeudi à Kiev, a dénoncé une "utilisation politique du gaz, tout comme il y a une utilisation politique du blé".

Officiellement, Gazprom a prétexté des raisons techniques sur un équipement de Nord Stream 1 mais les dirigeants européens n'y croient pas.

"Gazprom n'a pas besoin de justification, c'est une décision politique du Kremlin. Il coupe de façon différenciée pour fissurer l'unité européenne", affirme d'ailleurs l'expert Thierry Bros.

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen à propos du chantage gazier russe (14/06/2022)

Face au chantage gazier de Moscou, l'UE se tourne vers Israël (AFP 14/06/2022)

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Le gaz liquéfié naturel comme alternative

L'Europe, qui ne parle pas d'un éventuel embargo sur le gaz contrairement au pétrole, cherche donc tous azimuts des sources de gaz non russes, par gazoduc mais surtout sous forme liquide, avec le gaz naturel liquéfié (GNL).

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