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Populisme et extrémisme : mieux comprendre une réalité complexe grâce à une formation de l’ULiège

"Populiste !" "Extrémiste !" En politique, souvent ces mots sont utilisés comme une insulte… Mais derrière ces formules, il existe une réalité complexe. L’ULiège lance un certificat consacré au populisme et à l’extrémisme en Europe. L’idée, c’est d’apprendre à déconstruire certains discours et idéologies.

La formation s’adresse aux personnes confrontées à la montée du populisme et de l’extrémisme. Selon l’université, elle peut intéresser le simple citoyen, mais aussi le monde politique ou d’autres institutions comme la police, l’armée, les syndicats, les mutuelles, les associations, les enseignants ou les journalistes.

Le populisme, c’est un discours qui oppose un peuple à des élites

Alors le populisme, c’est mal ? François Debras, politologue à l’ULiège : "Le populisme, c’est une rhétorique qui va opposer d’un côté un peuple à des élites. En Europe, on considère que le populisme est foncièrement négatif au sens où on va critiquer un acteur comme étant populiste au sens "vous n’êtes qu’un populiste", cela signifie que ce que vous faites, c’est de la démagogie, du simplisme, etc. Mais si on revient à l’origine du terme, et à cette rhétorique qui divise d’un côté le peuple aux élites, on peut avoir une conception où le populisme, c’est aussi donner ou redonner le pouvoir au citoyen, dans une logique qu’on peut considérer comme plus ou moins démocratique."

Vous n’êtes qu’un populiste !

Evoquer le populisme, c’est une manière parfois pour les politiques de couper le débat : "Le populisme, c’est aussi un argument qui permet de déstabiliser son adversaire. C’est, par exemple, je veux que le prix de l’essence ne soit pas supérieur à 1 euro 50, et un homme ou une femme pourra dire, ça, c’est une mesure populiste. Cela signifie en fait qu’on refuse le débat, il n’y a même pas à discuter, c’est du simplisme, et donc ça permet d’écarter l’argument et d’écarter la remise en cause ou le débat qui va naître. Et donc en fait le populisme en dit plus sur quelqu’un qui n’a pas envie d’entrer dans un débat ou qui a simplement envie de dénigrer son adversaire plutôt que réellement sur le projet de la personne qui est en face."

L’ULiège lance un certificat consacré au populisme et à l’extrémisme en Europe.
L’ULiège lance un certificat consacré au populisme et à l’extrémisme en Europe. Tous droits réservés

Le PTB est-il populiste ? Et Georges-Louis Bouchez ?

"Le PTB, un parti populaire?" Dans les différents modules de formation du certificat de l’ULiège, un des thèmes aborde la question. "On peut avoir des partis politiques qui sont systématiquement populistes qui vont toujours diviser le peuple, d’un côté, et les élites de l’autre. Et on peut avoir, à côté de cela, des partis qui ne sont pas populistes, mais avoir des personnalités politiques qui vont avoir, à un moment donné, une rhétorique populiste. On parle de Georges-Louis Bouchez qui, à certains égards, peut se revendiquer proche des gens, contre les systèmes… Cela existe avec d’autres : Elio Di Rupo en Belgique a eu aussi des moments populistes quand il considère qu’il vient d’une famille qui n’était pas aisée, qu’il a dû travailler… Bart De Wever a eu aussi des moments populistes. C’est ça qui est intéressant, c’est de voir quels sont les points communs entre Raoul Hedebouw, Georges-Louis Bouchez, Elio Di Rupo et Bart De Wever. On pourrait dire qu’il n’y a aucun point commun, et c’est pour ça qu’il faut déconstruire, aller en profondeur, et voir, tiens, c’est quoi un discours populiste, qu’est-ce que ça veut dire le populisme. En fait, ce n’est pas un terme vague qui ne veut rien dire et qu’on peut accoler à tout le monde."

Le certificat "populisme et extrémisme en Europe" débutera en octobre à l’ULiège.

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