Emploi

Poser ses congés avec le nouveau calendrier scolaire : à quoi avez-vous droit actuellement ?

07 août 2022 à 15:22 - mise à jour 08 août 2022 à 08:15Temps de lecture4 min
Par Marie-Laure Mathot

Les grandes vacances ne sont pas encore finies mais il est déjà presque temps de penser aux prochains congés. D’autant plus que cette année, la rentrée tombe un peu plus tôt avec le nouveau calendrier scolaire et les vacances d’automne (Toussaint) et de détente (Carnaval) seront plus longues. Celles de printemps (Pâques) tomberont aussi un peu plus tard. Bref, de quoi anticiper pour poser ses congés.

C’est d’ailleurs une des préoccupations des parents par rapport à ce nouveau calendrier scolaire : auront-ils assez de jours de congé pour couvrir ceux des enfants ? Si en théorie, les vacances d’été étant raccourcies, il y a un effet de vase communicant, en pratique, ce n’est pas toujours aussi simple. Certains parents qui travaillent dans le secteur culturel ou dans la construction par exemple, n’ont pas toujours le choix de poser leurs congés en dehors des vacances d’été.

Le gouvernement fédéral a initialement prévu de réfléchir à une réforme des différents types de congé jugés illisibles par certains acteurs associatifs et sociaux. L’accord de gouvernement prévoit ainsi "une consultation avec les partenaires sociaux sur la simplification, l’harmonisation et l’optimisation des différents systèmes de congés, en accordant une attention particulière aux motifs de congé liés aux soins et à la conciliation de la vie professionnelle et familiale." Mais ce n’est pas encore fait.

En attendant, à quels congés avez-vous droit ? On fait le point dans les grandes lignes. Bien sûr, chaque travailleur a ses spécificités s’il est salarié, indépendant, employé, ouvrier, fonctionnaire, statutaire… Et tous les congés ne sont pas rémunérés de la même manière, voire pas rémunéré du tout.

Les vacances annuelles : Les travailleurs salariés ou contractuels de la fonction publique qui travaillent à temps plein ont normalement droit à quatre semaines de congé par an. Ce nombre peut varier en fonction des heures prestées l’année précédente. Du coup, les plus jeunes travailleurs en ont moins la première année mais si vous avez moins de 25 ans et que vous avez bossé au moins un mois l’année où vous avez terminé vos études, vous avez droit à des jours de vacances jeunes. Les indépendants, quant à eux, n’ont pas "droit" à des vacances annuelles rémunérées.

Les petits chômages ou congés de circonstances : Les salariés ont droit à des congés pour certains événements familiaux ou pour accomplir certaines obligations civiques en restant payés normalement.

  • 2 jours si vous vous mariez
  • 2 à 10 jours en cas de décès d’un proche (en fonction du degré de parenté)
  • En cas de convocation par le juge de paix, de participation à un jury d’assise, de rôle d’assesseur
  • 1 jour en cas de communion solennelle ou fête laïque de votre enfant
  • Vous avez même droit à un jour si votre enfant entre au couvent

Le crédit-temps : il s’adresse aux travailleurs du secteur privé et peut être pris pour plusieurs raisons : prendre soin de son enfant de moins de huit ans, prendre soin d’une personne en fin de vie ou gravement malade ou encore pour suivre une formation. Il est aussi possible de le prendre en fin de carrière. Il est de 51 mois pour les motifs "soins".

Les congés pour l’arrivée d’un enfant : Il y a des congés spécifiques pour les personnes qui deviennent parents. Pour la maman qui a mis au monde l’enfant, le congé de maternité est de 15 semaines. Si elle est indépendante, le congé mat' est de 12 semaines dont trois obligatoires et neuf semaines à temps plein ou 18 à mi-temps. Certaines fonctions donnent droit à des congés d’allaitement jusqu’à cinq mois après une naissance.

Pour l’autre parent qu’il soit salarié ou indépendant, le congé de naissance est de 15 jours et cela passera à 20 jours à partir du 1er janvier 2023.

En cas d’adoption, le congé est de six semaines maximums avec la possibilité de prolonger sous certaines conditions.

Le congé parental (ou interruption de carrière) : s’occuper d’un enfant prend du temps et de l’énergie. Voilà pourquoi, il existe le congé parental qu’il est possible de prendre jusqu’aux 12 ans de l’enfant. Il est de quatre mois en cas d’interruption complète. Il est possible de le prendre à temps partiel mais aussi de combiner différentes formes d’interruptions (temps plein, mi-temps, un cinquième etc.)

Le congé pour raison impérieuse : comme son nom l’indique, c’est un congé qui ne se programme pas vraiment. Il est là en cas d’événement imprévisible et qui nécessite une intervention urgente du travailleur. Par exemple :

  • Quand une personne qui vit sous son toit tombe malade
  • En cas d’incendie ou de catastrophe naturelle ayant endommagé son habitation

On peut prendre maximum 10 jours de ce type de congés par an et il n’est pas rémunéré.

Le congé pour assistance médicale : le travailleur peut prendre congé pour prendre soin d’un membre de sa famille gravement malade. Il est de max 12 mois par patient par période de 1 mois et maximum 3 mois.

Le congé sans solde : enfin, si vous voulez vous absenter en acceptant de ne pas toucher votre salaire, vous pouvez toujours vous mettre d’accord avec votre employeur. Sachez tout de même que ce système a des incidences sur les droits du travailleur en matière de sécurité sociale notamment en matière d’assurance maladie et d’assurance chômage.

Il existe encore d’autres types de congés comme la grève ou le congé d’accueil. Mais impossible de tous les énumérer ici. C’est bien pour cette raison que des discussions ont lieu pour simplifier le système.

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