Poubelles organiques: que deviennent ces déchets en Wallonie?

En 2025, le gouvernement wallon imposera une collecte séparée des déchets organiques dans toutes les communes.

Utilisez-vous des sacs ou des conteneurs organiques ? Dans 5 ans, le gouvernement wallon imposera une collecte séparée de ces déchets, qui rassemblent les épluchures, déchets alimentaires résiduels, petits déchets verts, les langes d’enfants, etc. Mais comment fonctionne la collecte et que deviennent ces résidus ? Pour le savoir, notre équipe s’est rendue en province de Namur, où l’on collecte les déchets organiques depuis plus de dix ans.

Une collecte adaptée

Il est 6 heures du matin. Comme chaque vendredi, quatre camions de collecte vont sillonner les rues de Pronfondeville pour collecter les déchets ménagers et organiques. "On a un camion séparé en deux parties : une partie plus grande, destinée aux déchets ménagers, et une partie plus petite, destinée aux sacs organiques. C’est à peu près une répartition 60%–40%. Parfois, par réflexe, on balance un sac du mauvais côté, mais c’est très rare. Une erreur est possible…", explique Laurent Passani, chauffeur chargeur au BEP Environnement.

Dans la commune, la plupart des riverains déposent leur sac organique dans un petit seau. "C’est plus facile, plus propre. Parce que parfois, des animaux détruisent le sac et les déchets sont éparpillés partout", commente Laurent. Ce matin-là, il pleut, et les sacs biodégradables ne sont pas faciles à manipuler. "Quand les sacs sont mouillés, ils se déchirent facilement. Mais ils ont été renforcés, par rapport aux premiers sacs il y a quelques années".

Entre 6 heures et midi, Laurent et son collègue vont collecter près de deux tonnes et demie de déchets organiques. "Ça prend de l’ampleur", assure Laurent. "Mais il faut que les gens respectent mieux le tri. On retrouve parfois du verre ou du plastique dedans, alors on ne peut pas ramasser le sac."

En 2019, en province de Namur, près de 14.000 tonnes de déchets organiques ont été collectées.

Ce camion de collecte est divisé en deux parties : l'une réservée aux déchets organiques, l'autre aux déchets ménagers.
Ce camion de collecte est divisé en deux parties : l'une réservée aux déchets organiques, l'autre aux déchets ménagers. © Tous droits réservés

Que deviennent ces déchets ?

Une fois collectés, les sacs ramassés par Laurent sont acheminés à Floreffe, dans un centre de tri des déchets. Dans un immense entrepôt, les sacs peuvent rester plusieurs jours avant d’être acheminés en province de Luxembourg, dans une usine de biométhanisation.

"Les déchets vont se transformer en chaleur, en électricité verte et en compost, précise Charles-Henry Colletier, responsable des collectes au Bep environnement. "Lorsque les déchets organiques rentrent dans le digesteur, cela va engendrer une production de méthane. Ce méthane va être utilisé pour faire tourner des moteurs qui vont eux-mêmes générer de la chaleur, et de l’électricité verte de facto. Et le reste de tout ça, qu’on appelle le digestat, va être du compost qui va être acheminé vers des filières d’agriculture. La biométhanisation est une solution économique, car, incinérer des déchets, ça coûte très cher."

Pour l’instant, la séparation des déchets ménagers et organiques est facultative pour les riverains. Mais dans cinq ans, ce sera obligatoire partout en Wallonie. En 2018, 163 communes effectuaient déjà cette collecte sélective.

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