Pour le CEO de Luminus, il est "essentiel de relancer l'économie mais pas les émissions de CO2"

07 août 2020 à 07:27 - mise à jour 07 août 2020 à 07:38Temps de lecture3 min
Par RTBF

À Tourpes, sur le parc éolien de Leuze-en-Hainaut, en Wallonie picarde trois nouvelles éoliennes entreront en service d’ici à la fin de l’année. Le chantier entre en phase finale. Production estimée de ces trois nouvelles éoliennes : un peu moins de 20 gigawatts heures par an, l’équivalent estimé de la consommation électrique d’un peu moins de 10.000 ménages.

Sur papier, c’est donc un projet local qui peut sembler anecdotique au regard de l’échelle wallonne ou belge de production d’électricité. Mais c’est l’occasion de faire un point sur l’éolien avec Grégoire Dallemagne, CEO de Luminus. Nous avons rencontré le patron de la filiale belge du groupe énergétique français EDF sur le chantier éolien de Tourpes.

Les éoliennes installées à Tourpes sont de dernière génération. Qu’est-ce qui change concrètement ?

Grégoire Dallemagne : "Elles permettent de produire plus d’électricité avec le régime de vent que nous rencontrons ici que les éoliennes qui ont été installées précédemment. Elles permettent aussi de le produire moins cher. Chaque mégawattheure produit coûte moins cher. Il coûte aussi moins cher en soutien sous forme de certificats verts, ce qui est donc positif pour tout le monde en Wallonie.

Ce projet est illustratif de la relance verte

Je crois que ce projet est aussi illustratif de la relance verte à laquelle nous souhaitons participer. Relance verte par laquelle il me semble essentiel, après les difficultés connues avec la crise du Covid-19, de relancer l’économie, mais pas les émissions de CO2. Créer un avenir énergétique neutre en CO2 qui puisse concilier préservation de la planète, bien-être humain et développement économique."

Vous parlez d’un avenir vert, d’un mix énergétique qui devrait être de plus en plus décarboné. L’éolien, aujourd’hui, ne fait toujours pas l’unanimité, notamment parce qu’il coûte encore plus cher que d’autres sources d’énergie, le nucléaire par exemple pour ne pas le citer.

Grégoire Dallemagne : "Je ne pense pas qu’il faille opposer une énergie décarbonée à une autre énergie décarbonée. La vraie bataille, c’est d’éradiquer le fait de brûler le charbon. L’énergie qui produit et qui émet le plus de CO2, c’est le charbon.

Au niveau mondial, notre enjeu est d’arrêter de brûler du charbon

Au niveau mondial, notre enjeu est d’arrêter de brûler du charbon. Toutes les sources d’électricité produites sans émettre de CO2 seront impérativement nécessaires pour produire cette électricité dont nous avons besoin pour créer cet avenir économique auquel nous aspirons, qui préserve à la fois le confort et la préservation de la planète."

Au niveau mondial, arrêter effectivement de brûler du charbon. Au niveau belge, l’éolien, c’est quoi ? C’est 10-11% de la production d’électricité consommée ? Ce n’est pas encore mirobolant.

Grégoire Dallemagne : "Je dirais effectivement qu’au niveau mondial il faut éradiquer le charbon. La Belgique est intégrée dans une plaque énergétique plus large qui inclut l’Allemagne et les pays avoisinants, et il faut donc toujours avoir en tête que le mixe énergétique est une réalité qui dépasse les frontières nationales.

Nous avons l’ambition de doubler la puissance de notre parc éolien

Ensuite, je suis d’accord avec vous, l’éolien représente certainement aujourd’hui un pourcentage trop faible de la production d’électricité, mais nous travaillons avec vigueur à augmenter cette part. Ces quatre dernières années, nous avons doublé notre parc éolien chez Luminus, et à l’avenir, nous avons l’ambition de continuer à développer au même rythme, et probablement de doubler encore la puissance installée de notre parc qui fait déjà aujourd’hui 500 mégawatts."

La Belgique a atteint depuis trois mois une capacité installée de plus de 1700 mégawatts pour l’éolien en mer, l’éolien offshore, ce qui le place à la quatrième place mondiale dans cette catégorie — plutôt pas mal. Sauf qu’au global, avec grosso modo seulement 11% de l’éolien dans sa production électrique, la Belgique fait plutôt partie des mauvais élèves au niveau européen.

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