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Pour le ministère de la justice, Amrani est le seul responsable de la fusillade de la place Saint Lambert

La IVe chambre civile du tribunal de Liège rendra son jugement le dernier mardi de mars
15 févr. 2022 à 11:48Temps de lecture1 min
Par Michel Grétry

Le tribunal de l’application des peines n’a pas commis la moindre légèreté dans le traitement du dossier de l’auteur de la tuerie. Selon l’avocate de l’État belge, au-delà de la douleur des victimes, compréhensible, et de leur quête de réponses face au drame qu’elles ont vécu, il ne faut pas lire le dossier à rebours.

Certes, Nordine Amrani a des antécédents judiciaires. Et son casier peut paraître lourd, avec des faits de viol, de stupéfiants, de rébellion. Mais lors de ses premières condamnations, il bénéficie d’un sursis simple. Et pour les armes détenues illégalement, un arsenal de fusils d’assaut et de mitraillettes, il est même acquitté. La loi ne prévoit d’imposer à un détenu des conditions "particulières" à une libération anticipée qu’en lien avec des délits qu’il a commis. Le tribunal de l’application des peines a pris sa décision en fonction des éléments dont il a disposé au moment de trancher. Evidemment, à postériori, le point de vue change. D’où cette question : à partir de quel moment le nécessaire n’a pas été fait ?

C’est apparemment dans les derniers jours qui ont précédé le drame que tout s’est joué. Visé par une plainte pour faits de moeurs, Amrani a fait l’objet d’un ordre d’arrestation de la part du parquet du procureur du roi. Mais la police ne l’a pas exécuté immédiatement : elle s’est contentée d’une simple convocation. Ce qui a alerté l’intéressé, qui s’est rendu dans des armureries, et, en quelques heures, s’est procuré de quoi commettre son attentat, puis se donner la mort. De ce point de vue, un rapport psychosocial avait vu juste, dans l’évaluation du personnage, avec un passage particulièrement annonciateur: "devant les difficultés, les déceptions, il risque de développer des comportements autodestructeurs, voire suicidaires".

Jugement fin mars.

Séverine Meurice, avocate de l'Etat belge

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