Tendances Première

"Pour le naturisme, la base, c’est la nature, ce n’est pas le nu"

Tendances Première : Les Tribus

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Entre 50.000 et 100.000 Belges pratiqueraient le naturisme. En Belgique, il existe pas mal d’endroits réservés à cette pratique. Thérèse, nouvelle directrice de la Fédération belge de Naturisme, nous éclaire sur la philosophie du naturisme dans Tendances Première.

Le naturisme, c’est le retour à la nature. Le site de la Fédération belge de Naturisme le définit selon la règle des 3R : le respect de soi, le respect des autres, le respect de l’environnement.

La règle des 3R

Le respect de soi-même, c’est apprendre à se reconnaître, à se connaître soi-même, par rapport à ses manquements et à ses points positifs. Si on se respecte soi-même, on respecte les autres et la nature.

Le respect des autres est une force qui vous permet de rentrer en contact avec chacun de façon égale. L’égalité entre personnes est primordiale, quelle que soit la couleur, la philosophie, le handicap… C’est une question d’abord d’acceptation de soi tel que l’on est, mais aussi d’acceptation que l’autre puisse avoir une autre pensée que vous, une autre façon d’agir que vous. Les barrières tombent et cela permet de mieux se rencontrer, explique Thérèse.

Vous êtes fort. Parce que comme vous n’avez rien à cacher, l’autre ne sait pas où décocher ses flèches, il ne sait pas être méchant […] C’est bien la seule égalité dans la vie. C’est qu’on vient tout nu et qu’on repart tout nu.

Le respect de l’environnement, c’est se rapprocher de la nature. Le vrai naturiste a toujours le réflexe de ramasser un déchet par terre. Il n’a pas de poches, mais il a sa sacoche ou il va le tenir en main jusqu’à ce qu’il trouve une corbeille. C’est quelqu’un qui travaille pour la nature, mais aussi pour son environnement à lui-même.

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Nudisme ? Naturisme ?

Il y a encore bien souvent une confusion entre nudisme et naturisme. La véritable philosophie autour du naturisme est souvent méconnue des non-pratiquants, qui peuvent avoir un regard jugeant.

Le naturisme, c’est cette connaissance de soi-même et de la philosophie qui consiste à se remettre en question. "Et pour se remettre en question, il faut avoir vu et recherché", souligne Thérèse.

Pour Thérèse, les médias ont cette possibilité d’ouvrir les esprits, de faire comprendre aux gens que nudisme et naturisme ne sont pas la même chose, à partir du moment où l’on communique, où l’on respecte la règle des 3R, où l’on respecte le fait que les autres puissent penser et vivre autrement que nous.

Pour le naturisme, la base, c’est la nature, ce n’est pas le nu.

L’évolution des mentalités

Thérèse pratique le naturisme depuis 46 ans. Elle vient d’un milieu très réservé, très catholique.

Le naturisme est souvent vu comme étant une déviance, alors qu’il devrait être absolument vu comme la reconnaissance de l’être en lui-même.

Au fil des années, elle a vu les choses et le public évoluer. Mais tout n’est pas accepté, tout n’est pas toléré. "On essaie de définir des limites, qui sont très fragiles, pour ne pas avoir des dérives, toutes les dérives possibles."

Comment pratiquer le naturisme en Belgique

Il existe autant de formes de naturisme que de pratiquant·e·s. "Chacun a sa recherche. Le naturisme peut être interprété comme on veut. Le but est d’atteindre ces 3R."

A la base, le naturisme, c’était plutôt l’esprit de boy-scout qui faisait ses bonnes actions, rappelle Thérèse. Il y avait surtout un esprit de camaraderie au départ. On vous aidait à mettre les piquets de tente, on vous prêtait du sel… "Cet esprit-là existe encore toujours ou devrait encore exister. Maintenant, il y a des ouvertures vers d’autres opinions." On assiste à un renouveau, avec des demandes bien précises. Certains lieux sont plus festifs, avec plus de jeunes, par exemple.

Il y a le fait de se tenir correctement en société, parce que tout n’est pas accepté. Le but du jeu, ce n’est pas de tout permettre, c’est de vivre ensemble, au mieux.

"On est en train d’essayer, un peu partout, d’ouvrir aux autres communautés, car il y a des lacunes, au fur et à mesure. Il y a des endroits où c’était trop strict, pas assez strict. Il est sûr et certain qu’on n’a pas vraiment de contrôle."

Infos utiles

Beaucoup hésitent à passer le pas vers le naturisme, ne sachant justement pas vers quel club se tourner pour tester la pratique.

>> La Fédération belge de Naturisme répond à toutes les questions que l’on peut se poser sur le naturisme et aide à choisir, comme au supermarché, le lieu qui répondra le mieux à vos attentes : animations, calme, jeunes… Toujours dans l’idée d’une ouverture d’esprit et du respect des 3R !

>> A lire : Le bonheur d’être nu, de France Guillain, chez Albin Michel. Le naturisme, "c’est une grande démarche d’humilité, parce que, quand on est nu, on est dans une fragilité absolue. On ne peut pas être plus fragile que nu, on n’a pas de carapace, on ne peut rien cacher".

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