Belgique

Pour le secteur associatif, réduire la part des agrocarburants dans les transports belges n’est pas suffisant

22 juil. 2022 à 17:38Temps de lecture2 min
Par Maud Wilquin sur base des informations recueillies par Valentin Boigelot et Sylvia Falcinelli

Les biocarburants sont en pleine évolution. Mais ces produits réalisés à partir de céréales n'ont plus la cote. Après avoir interdit l’utilisation de l’huile de palme et du soja comme matières premières à partir de 2023, la Belgique a annoncé son intention de réduire la part de ces agrocarburants de première génération dans les transports belges, et cela dans un contexte de crise alimentaire mondiale. Alors que toutes les 11 secondes, un enfant meurt de faim, cela devenait difficile de ne produire des céréales que pour faire avancer nos voitures. 

"Brûler de la nourriture dans les voitures plutôt que de l'utiliser comme alimentation humaine ou animale n'est pas une bonne idée", indique Manuel Eggen, chargé de recherches chez FIAN, une association pour le droit à l'alimentation. "Il est clair que dans le contexte d'une guerre en Ukraine qui exerce une pression particulière sur les marchés internationaux de matières agricoles, les agrocarburants contribuent à renforcer cette volatilité et flambée des prix, ce qui pose problème en terme de sécurité alimentaire mondiale."

"En Belgique, une donnée très frappante a été mise en évidence par une recherche de l'UCL qui montrait que 30 % des céréales wallons sont utilisés pour la production d'agrocarburants", ajoute-t-il. "C'est un détournement des matières alimentaires assez important."

Selon lui, on estime que la quantité totale de cultures utilisées chaque année pour les biocarburants équivaut à la consommation de calories de 1,9 milliard de personnes.

Les agrocarburants pas si verts

Alors utiliser moins d'agrocarburants dans les carburants est donc un premier pas, mais un pas qui reste insuffisant pour Oxfam, BBL, Greenpeace, CANOPEA et FIAN Belgique. D'autant que le biocarburants serait loin d'être aussi vert que l'on ne le pense. 

"On a fait au niveau des ONG et de la Commission européenne des analyses qui révèlent que les agrocarburants génèrent plus d'émissions que les carburants fossiles ", confirme Alba Saray Pérez Teran, conseillère en politique climatique d'Oxfam. "Ils ne sont pas verts ni écologiques puisque ça demande une plus grande utilisation des ressources naturelles."

Dans une enquête menée dans le nord-ouest du Pérou, Oxfam a démontré que la production du bioéthanol consommé en Belgique et en Europe est à l’origine de violations de droits humains dans ce pays. " La production de canne à sucre au Pérou pour le bioéthanol belge et européen a notamment causé pollution de l'air, accaparement de l’eau et des terres - rendant les populations encore plus vulnérables aux effets du changement climatique – parmi d’autres violations des droits humains ", précise l’association dans un communiqué.

Pour le secteur associatif, il faudrait plutôt mettre fin à l’obligation d’incorporation du biodiesel et du bioéthanol issus de la production agricole le plus rapidement possible et mettre en place un cadre de protection des droits humains efficace dans sa politique sur les énergies renouvelables.

Sur le même sujet

Le prix de l’essence repart à la hausse ce 24 octobre

Belgique

Le prix de l'essence descend à son plus bas depuis fin avril, le diesel en baisse

Belgique

Articles recommandés pour vous