Initiatives locales

Pour lutter contre les gaspillages vestimentaires, un pop shop liégeois innove

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Dans la cité ardente, "Only 6 euros" rachète le prêt-à-porter de grandes enseignes qui souhaitent brûler leurs stocks. Ensuite, la boutique dite écoresponsable revend ces articles défectueux ou provenant d'anciennes collections à des prix cassés.

Le responsable de ce projet, qui a souhaité garder l’anonymat, possède une grande expérience dans le déstockage. En plus de 17 années de métier, il s’est fait une place sur les marchés en revendant le stock de grandes enseignes qui préféraient se débarrasser de quantités énormes en une seule fois plutôt que de vendre individuellement des vêtements à petits prix.

Ces enseignes en question produisent de nombreuses collections qui se renouvellent sans arrêt et qui n’ont pas toujours le temps d’être vendues totalement. Cette surconsommation et ces pratiques rendent l’industrie de la mode très polluante. Le responsable de ces shops a donc profité de cette opportunité commerciale pour en tirer profit mais aussi, dit-il, pour "éviter que les articles ne soient brûlés et ne profitent à personne".

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Le confinement a propulsé le concept sur le devant de la scène

Lorsque le confinement est arrivé début 2020, plaçant de nombreux secteurs à l’arrêt comme les marchés ou les commerces, il n’était plus possible pour cet entrepreneur de continuer son activité.

Il a alors décidé de lancer le site en ligne Moshi’up : "On ne pouvait plus faire nos ventes éphémères en physique. On a décidé de faire un site ultra rapide pour continuer de faire des ventes. C’est le nom, l’état d’esprit, les couleurs, le marketing qui nous ont propulsés au rang de concept " écolo cool " même si on a toujours été dans l’écologie depuis 17 ans". Cette présence en ligne a permis à ce concept de se faire connaître un peu partout sur la toile dans les pays francophones.

De base, l’e-shop revendait donc des vêtements de grandes marques plus coûteuses. Ici, la boutique pop up se consacre plutôt aux marques abordables, ce qui permet à ce revendeur de proposer le prix symbolique de 6 euros l’article et de surfer sur la vague de l'éco-consommation. " On a un côté très écologique. On rachète aux grands groupes qui possèdent les marques comme Zara, Bershka Stradivarius, Boho, Pretty little, leur surplus, c’est-à-dire les vêtements avec défauts, les invendus, les retours clients".

" Je ne vais pas vous mentir, au début on ne faisait pas ça pour l’écologie "

Depuis toujours, le projet vise à racheter ce surplus et à faire des liquidations… mais sans forcément se rendre compte directement de la dimension écoresponsable. Le responsable du groupe avoue même qu’il n’a pas commencé son activité dans un but environnemental. 

" La société n’était pas aussi portée sur l’écologie qu’aujourd’hui. Mais indirectement on fait de l’écologie depuis nos débuts, puisqu’on a toujours été dans le déstockage ". 

Un atout marketing indéniable que la société a su, depuis lors, bien exploiter. 

La mode accessible à tous

" Aujourd’hui ça nous fait plaisir d’acheter des grosses quantités, de sauver des milliers de vêtements et de se dire que nos clients consomment des vêtements nickels mais avec juste un petit défaut. Il est encore étiqueté, ce n’est pas de la fripe ", poursuit-il, " Ça nous a changés nous aussi, dans la manière de consommer. Notre vision a changé."

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Moshi’Up lance sa marque d’Upcycling

Sur le site en ligne de Moshi’Up, une marque d’Upcycling est aussi apparue:" On a créé un petit atelier au Portugal pour faire de l’upcycling avec nos couturières. Ca concerne toutes les pièces trop abîmées que pour être vendues en l'état. C’est tout récent, on a mis ça en place en 2021. On a monté un bureau d’études là-dessus et on travaille pour en faire une marque ".

Une boutique définitive à Liège et des pop-up partout en Belgique

Même si l’e-shop cartonne, pouvoir proposer une boutique reste essentiel. " Sur les réseaux on nous demande de venir partout. Au mois de décembre, on a ouvert à Namur. On a de bonnes opportunités sur la Belgique, donc on se concentre ici. On ouvrira aussi à Charleroi et on aimerait encore toucher d’autres villes " déclare le responsable.

Il n’y a pas de cabines en boutique : il est donc important de bien connaître sa taille ou d’avoir un compas dans l’œil. 

Lorsque l’on se rend dans ce magasin il ne faut pas non plus hésiter à se remontrer les manches pour trouver la pépite parmi ce grand stock qui se renouvelle sans arrêt. Les vêtements ne sont pas forcément mis en valeur comme dans des boutiques classiques. Si vous aimez chiner, vous devriez y trouver votre bonheur !

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