Cyclisme

Pour Marc Madiot, Philippe Gilbert "est un des coureurs les plus désavantagés par le cyclisme moderne"

Marc Madiot : "Philippe Gilbert, c’est le coureur à l’état pur"

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Dans le petit monde du cyclisme, Marc Madiot fait partie des gens qui connaissent le mieux Philippe Gilbert, qui prendra sa retraite ce dimanche au terme de Paris-Tours. Le manager de la Groupama-FDJ se souvient bien de la première fois qu’il a vu le Liégeois sur un vélo : "C’était au début des années 2000, lors d’une course espoir qui s’appelle la Côte picarde. Il était toujours à l’attaque, virevoltant et finit 6e ou 7e de la course. Quelques semaines après, j’étais à Paris dans nos bureaux et je dis aux autres : "je prends la bagnole, je vais à Liège chez Philippe Gilbert. Je veux qu’il signe avec nous."

Un palmarès plus étoffé sans la technologie

Philippe Gilbert au départ de la 19e étape du Tour de France 2008.
Philippe Gilbert au départ de la 19e étape du Tour de France 2008. © BELGA PHOTO LUC CLAESSEN

À la Française des Jeux, Gilbert passera ses sept premières saisons professionnelles sous les ordres de Madiot, qui le considère comme "le coureur à l’état pur". Pour le Français, la qualité première du Liégeois reste "son sens inné de la course. Je dis souvent que Philippe a des yeux dans le dos. Il sait ce qu’il se passe dans la course, il capte tout ce qui s’y déroule."

Une qualité qui aurait pu lui offrir un palmarès plus étoffé selon son ancien manager : "Je trouve que c’est un des coureurs les plus désavantagés du cyclisme moderne. Il aurait eu un palmarès encore plus grand s’il n’y avait pas eu tous les artifices qu’on a aujourd’hui autour de la course, comme les oreillettes et les capteurs de puissance. Tout ça ce sont des artifices intéressants, mais qui favorisent les faibles et les mauvais. Sans ça, Gilbert aurait encore plus fait la différence face à certains coureurs. Parce qu’il n’avait pas besoin d’être assisté, il avait tout en lui."

Circuit Het Nieuwsblad 2008 : Victoire de Philippe Gilbert

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Plusieurs futurs possibles

Si Gilbert a quitté la structure française depuis 14 ans, les deux hommes entretiennent encore de très bonnes relations. Au point, pour Marc Madiot, d’évoquer une éventuelle collaboration dans le futur : "Ça fait 25 ans que je gère une équipe et il n’y a pas beaucoup de coureurs avec lesquels je suis encore en contact des années après leur passage chez moi. Philippe fait partie de ceux-là. Je ne sais pas de quoi demain sera fait, mais c’est quelqu’un avec qui je pourrais retravailler un jour."

Quand il évoque le futur du jeune retraité, le manager de la Groupama-FDJ ne ferme aucune porte : "S’il a envie d’intégrer une structure, il le fera. Mais il a d’autres cordes à son arc. C’est quelqu’un d’affable, qui s’exprime bien dans plusieurs langues, donc il pourrait avoir l’envie de se produire dans les médias. Il pourrait aussi jouer un rôle auprès des institutions, même si c’est beaucoup plus politique. Il ne va pas avoir trop de mal à trouver du boulot."

 

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