Questions-Réponses

Pourquoi l’attribution des numéros INAMI n’est-elle pas adaptée chaque année en fonction de nos besoins ?

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19 nov. 2022 à 07:00 - mise à jour 19 nov. 2022 à 15:50Temps de lecture3 min
Par Maud Wilquin

Selon le rapport du Think Tank suédois Health Consummer Powerhouse, le pays européen qui garantit le meilleur système de soins de santé est la Suisse, suivi ensuite des Pays-Bas, de la Norvège et du Danemark. La Belgique quant à elle se situe à la cinquième position du classement, ce qui signifie que le système de santé belge – et en particulier le traitement des cancers – est bon. Mais cela ne veut pas dire qu’il ne connaît pas de failles.

Ainsi, avec ses 13.000 médecins généralistes en Fédération Wallonie-Bruxelles, la Belgique ne fait pour le moment pas face à une pénurie globale de praticiens. "Le seuil de pénurie est fixé à 1 médecin généraliste (équivalent temps plein) pour 1.111 habitants. Or, en Wallonie, on est à 1 pour 1.073 et 1 pour 812 à Bruxelles", explique le cabinet de la ministre Glatigny.

Mais entre affirmer que la Belgique ne fait pas face à une pénurie globale et affirmer qu’elle ne fait pas face à une pénurie du tout, il y a un grand pas. En effet, la répartition des médecins généralistes est mauvaise, ce qui crée parfois des "déserts médicaux". Les habitants de certaines communes – comme Anderlecht, Forest et Laeken pour la région bruxelloise – et de certaines provinces – comme le Hainaut et le Luxembourg – ont effectivement du mal à trouver un médecin traitant, d’autant que nombre d’entre eux approchent ou dépassent les 70 ans. Au total, il manquera près de 360 médecins en Wallonie et 486 médecins en région bruxelloise dans les cinq années à venir.

Le point sur le manque de médecins généralistes en Belgique

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Et ce n’est pas le manque d’attrait des étudiants pour ce domaine qui explique ce déficit. La faute revient au manque de numéros INAMI.

Le concours d’entrée comme solution

En effet jusqu’à présent, et malgré la mise en place de différents examens (examen d’entrée, examen en fin de première année ou examen de fin de bachelier), les étudiants en médecine, trop nombreux, n’étaient pas sûrs d’obtenir un numéro INAMI à la fin de leur cursus. Une aberration à laquelle le gouvernement fédéral et la Fédération Wallonie-Bruxelles répondent de deux manières : à la fois en appelant les Régions et communes en pénurie à promouvoir la création de maisons médicales et autres systèmes qui permettraient d’attirer de nouveaux médecins généralistes, et à la fois en instaurant un concours d’admission aux études de médecine et de dentisterie dès la rentrée académique 2023-2024.

Un concours qui change de l’examen mis en place en 2017 puisqu’il ne prendra plus en compte le nombre de réussites mais bien le nombre de numéros INAMI disponibles en fin de parcours.

En effet, comme nous l’indique le cabinet de la ministre, cette solution n’a pas pour but de restreindre davantage l’accès aux études de médecine, mais bien d’une part de garantir aux étudiants (dont le nombre dépend des quotas de numéro INAMI et du numéro de déperdition qui couvrira le nombre supposé d’étudiants qui ne termineront pas leur cursus) la remise d’un numéro INAMI à la fin de leur parcours, et d’autre part de garantir à la population une offre médicale adéquate et de qualité.

Augmenter le nombre de numéros INAMI

Pour cela, le quota de numéros INAMI qui seront attribuables dès la prochaine rentrée (et utilisés en 2028 une fois les futurs médecins diplômés) est donc passé de 505 à 744. Un chiffre qui n’a pas été choisi au hasard. "On a utilisé une nouvelle méthode de calcul pour pouvoir objectiver nos besoins sur le terrain et être certain cette fois que nous allions prendre en compte les spécificités en FWB et le taux d’activité réelle des jeunes médecins", nous expliquait la ministre Valérie Glatigny en mai dernier. "C’est une richesse mais c’est aussi un problème parce que certains vont être diplômés et partir avec leur numéro INAMI à l’étranger. Donc ils ne contribuaient pas au renouvellement de la force de travail. Maintenant, cette espèce d’exode des numéros INAMI sera pris en compte dans le calcul de la force de travail. Donc, nous avons la certitude que nous aurons bien le nombre de médecins dont nous avons besoin."

Et cela suffira ? Comme Sylvie Couneson qui nous a contactés sur la page Facebook "QR-RTBF", vous vous demandez peut-être vous aussi s’il ne serait pas mieux d’adapter l’attribution des numéros INAMI année après année en fonction des besoins de terrain. Eh bien, c’est ce qui est envisagé. "Après 2028, les quotas pourront évoluer en fonction des besoins de terrain et seront calculés annuellement. À cet égard, le Gouvernement fédéral, le Gouvernement flamand et le Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles s’engagent à trouver un accord en vue de la création d’un organe interfédéral permettant d’assurer une bonne collaboration entre les niveaux de pouvoir et de contribuer à une planification de l’offre médicale en adéquation avec les besoins en soins de santé des habitants de chaque entité fédérée", explique le cabinet de la ministre Glatigny.

Une analyse de l’impact du covid et d’éventuelles futures épidémies sur l’offre de médecins généralistes ainsi qu’une évaluation comparative internationale de l’offre de médecins (surtout généralistes) influencera également l’accord.

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