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Pourquoi le lion bâille-t-il ?

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12 avr. 2021 à 14:08 - mise à jour 10 août 2022 à 07:24Temps de lecture2 min
Par RTBF La Première

Voilà des années que le roi des animaux passe pour un gros paresseux, mais on vient de découvrir que ses bâillements ont une signification. Pourquoi le lion bâille-t-il ? La savane est-elle si ennuyeuse que ça ? Revenons sur cet article pour la Journée mondiale du lion !

Le bâillement est un réflexe, une réponse musculaire involontaire. C’est une contraction des muscles du visage et du diaphragme, qui va précéder une énorme inhalation, une petite seconde d’apnée et une expiration courte, précise le scientifique Pasquale Nardone. Ce phénomène existe chez tous les vertébrés, les mammifères, les poissons, les oiseaux,… Apparemment, seule la girafe ferait exception.

Mais pourquoi bâille-t-on ?

Il est communément admis dans la communauté scientifique que le bâillement sert fondamentalement à réoxygéner le cerveau. On sait aussi que pendant le bâillement, il y a une quantité impressionnante de neurotransmissions qui sont émises au niveau cérébral.

On a fait des tests chez des macaques : ils bâillent avant et après l’accouplement pour se réoxygéner leur cerveau, mais dès qu’ils sont castrés, ils ne bâillent plus. Il y a un lien direct entre la testostérone et le bâillement.

Bâillement et empathie

Le bâillement a aussi cette particularité amusante d’être contagieux : un bon bâilleur en fait bâiller sept, dit le proverbe.

Depuis 2011, une équipe de l’université de Pise, dirigée par Elisabetta Palagi, a étudié cette contagion et a démontré qu’il y a un lien très fort entre la contagion au bâillement et le lien social.

La corrélation stricte est que le mimétisme serait plus fort avec nos parents, puis avec nos amis et ensuite avec les étrangers. La vraie corrélation est le lien social. D’où le lien entre le bâillement et l’empathie. On considère donc que la contagion du bâillement est liée à notre capacité d’empathie, et il est forcément plus marqué pour notre famille et nos amis.
 

Les lions seraient-ils donc très empathiques ?

La publication de cette équipe de Pise, dans Animal Behaviour de ce mois d’avril, montre que les lions de la réserve naturelle Makalali, en Afrique du Sud, qui ont été filmés pendant des mois, bâillent aussi par contagion. Quand un lion se met à bâiller, un autre va bâiller aussi. Mais on a constaté un autre phénomène : il n’y a pas que le mimétisme du bâillement, il y a aussi un mimétisme moteur : si un lion bâille, se lève et fait quelques pas, les autres vont bâiller, se lever et faire aussi quelques pas, avant de se recoucher.

L’explication avancée par la recherche en éthologie est que cela permet de maintenir le troupeau social en éveil pour la recherche de nourriture potentielle. Le bâillement réoxygène le cerveau pour qu’il soit de nouveau en alerte, attentif. Et si l’un bouge, l’autre va bouger aussi, par empathie : si l’un est prêt à chasser, à partir à la recherche de nourriture, on va nous, groupe social de lions, l’accompagner dans cette recherche.

"C’est non seulement bâiller pour ne pas s’endormir, c’est surtout bâiller pour redémarrer une activité, pour se remettre le cerveau en alerte, et y compris dans le mimétisme du mouvement, être prêt à démarrer quelque chose", explique Pasquale Nardone.

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