Telle est la question !

Pourquoi le nom de Chopin rime-t-il avec piano dans l’imaginaire collectif ?

Telle est la question

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Dans l’imaginaire populaire, le nom de Frédéric Chopin est immédiatement associé à un instrument, le piano. Mais pourquoi cette association ? Telle est la question à laquelle répond Clément Holvoet.

Grand virtuose de l’instrument, Frédéric Chopin est considéré comme l’un des pères de la technique moderne du piano avec Franz Liszt, et comme l’un des plus grands pianistes du XIXe ! Et pourtant, on ne peut pas dire que la scène était son endroit favori. Contrairement à son collègue hongrois, Franz Liszt, Chopin n’a pas mené de carrière de virtuose international. Et à dire vrai, il n’aimait pas ça et avait même une peur monstre de se produire devant un public. Ajoutez à cela sa santé très fragile et son amour de Paris et vous comprendrez pourquoi il est plutôt resté dans sa ville d’adoption plutôt que de courir les grandes salles de concert.

Cela ne l’a pas empêché de se produire pour présenter sa musique, mais il le faisait la plupart du temps à Paris et dans les salons. Chopin était un grand mondain, et il chérissait l’atmosphère tamisée des salons de particuliers pour partager sa musique. Il préférait voir des visages connus dans la salle, même s’il a tout de même donné des concerts publics en Pologne et à Vienne. Mais son jeu subtil et délicat convenait bien aux salons et aux concerts privés du milieu chic parisien.

Ainsi, si Chopin était un virtuose du piano, ce n’est pas la seule et unique raison pour laquelle son nom est si inextricablement lié à celui de son instrument. Tout l’art du piano d’aujourd’hui doit, de près ou de loin, quelque chose à Chopin et à ses compositions, qui incluent toutes, sans exception, le piano. Si on exclut les œuvres pour piano et violoncelle, une œuvre avec flûte et le trio à clavier, il reste 99% d’œuvres pour piano seul, ou pour piano et orchestre.

L’exécution, arrivée à ce degré de perfection, met en apparence l’exécutant à la hauteur du poète, il est au compositeur ce que l’acteur est à l’auteur, un divin traducteur des choses divines.

Honoré de Balzac, à propos de Chopin.

Chopin était donc concertiste, compositeur de génie pour le piano en effet, mais il avait aussi une autre activité, plutôt lucrative, puisqu’il était également un professeur de piano très en vue. C’était une activité qui lui permettait de bien gagner sa vie, car il avait construit un bon réseau dans le milieu mondain parisien, et recevait donc tous les matins ses élèves rue Pigalle. L’une des caractéristiques du jeu de Chopin au piano était sa spontanéité, son caractère presque improvisé, qu’on retrouve évidemment dans ses pièces pour piano ! On peut, en ceci, le rapprocher d’un autre virtuose de l’époque, Nicolo Paganini, immense virtuose du violon. Paganini, que Chopin entend pour la première fois à Varsovie, en 1829, Chopin a alors 19 ans et Paganini presque 50. Frédéric Chopin est complètement époustouflé par la prestation libre et authentique de Paganini, et c’est comme ça que lui vient l’idée de composer ses fameuses Études pour piano.

Chopin jouant dans le salon du Prince Radziville à Berlin en 1829, peinture de Henryk Siemiradzki
Chopin jouant dans le salon du Prince Radziville à Berlin en 1829, peinture de Henryk Siemiradzki © Corbis via Getty Images – Fine Art Photographic

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