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Economie

Pourquoi le prix de l’essence est-il plus cher qu’en 2014 alors que le pétrole est moins cher ?

Le marché matinal

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01 mars 2022 à 10:38 - mise à jour 01 mars 2022 à 11:28Temps de lecture8 min
Par X.L.

Michel Gassée répondait ce mercredi 1er mars à la question d’un auditeur qui se demande pourquoi le litre de diesel coûte sensiblement plus cher aujourd’hui qu’en 2014, alors que le prix du baril du pétrole est plus bas qu’alors.

"Le baril de Brent coûte ce matin 99 dollars", a expliqué Michel Gassée. Le 30 juin 2014, c’était 113 dollars. "Le pétrole était donc 15% plus cher à l’époque, mais le prix maximum du litre de diesel était, lui, 30% moins cher qu’aujourd’hui. En huit ans, le prix du diesel a donc explosé à la pompe".

Olivier Neirynck, de la Fédération belge des négociants en carburants expliquait dans Matin première cette évolution :

  • le taux de change : "Il faut savoir qu’en 2014, l’euro était nettement plus fort que ce qu’il est aujourd’hui. Or, tous les échanges se font en dollars et non en euros, donc on payait évidemment déjà plus cher à la base".
  • les accises : "Entre 2014 et 2018, le gouvernement Michel a également augmenté sérieusement la fiscalité sur les diesels, puisqu’on est passé de 348 euros au mètre cube de taux d’accises en 2014 pour arriver en 2018 à 600 euros au mètre cube. Donc, ça fait une grosse différence. Ce sont vraiment ces deux éléments qui justifient qu’aujourd’hui, le prix au litre est évidemment plus élevé".

Pour le litre d’essence 95, on est passé de 1,6730 euro en juin 2014 à 1,869 euro ce matin. C’est donc 12% plus cher.

Quant au pétrole, qui reste la variable de base, ireste très volatil vu la situation internationale. La bonne nouvelle des derniers jours, c’est que les sanctions occidentales ne concernent pas le secteur énergétique russe. Mais il y a tout de même des incertitudes, comme le dit Xavier Timmermans, stratégiste chez BNP Paribas Fortis,

"Le problème qui agite les marchés financiers maintenant, c’est que les exportations de pétrole ont été épargnées, mais certaines banques russes ont été exclues du système Swift et il y a des sanctions qui touchent la Banque Nationale russe. Donc, le problème, c’est qu’il y a toute la chaîne derrière. Le pétrole, il faut le transporter. À qui appartiennent les bateaux ? Est-ce qu’on va pouvoir assurer les bateaux ? Est-ce que les paiements vont pouvoir être faits ? Il est très fréquent que le pétrole sur un pétrolier change plusieurs fois de propriétaire au cours du trajet. Comment se font les paiements ? Là, il y a beaucoup d’inconnues."

Le travail va sans doute être plus compliqué pour les grandes firmes de négoce qui traitent le pétrole. Elles vont devoir, par exemple, vérifier si elles peuvent effectivement travailler avec tel ou tel intermédiaire, telle ou telle banque russe, ce qui va prendre plus de temps et coûter plus d’argent.

Il y a aussi des bruits selon lesquels l’Iran pourrait aussi bientôt revenir sur le marché. Ça ne compenserait pas ce qui est en train de se passer avec la Russie, mais c’est quand même une bonne nouvelle pour le secteur pétrolier et, in fine, pour les consommateurs, puisque plus de pétrole sur le marché signifie que les prix pourraient recommencer à baisser aujourd’hui.

"Le pétrole est aujourd’hui autour de 100 dollars. Il n’y aurait pas la guerre en Ukraine, la prime de risque disparaîtrait, et cette prime de risque est aujourd’hui de l’ordre de 10 à 15 dollars, donc ça signifie qu’on reviendrait à un baril autour de 85 dollars. On n’en est pas là puisque la guerre bat évidemment toujours son plein en Ukraine", conclut Michel Gassée.

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