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Matière grise

Pourquoi pleure-t-on ?

Les femmes pleurent-elles vraiment plus que les hommes ?

Patrice Goldberg dans La Grande Forme

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Du premier cri au dernier souffle, nous exprimons souvent nos émotions fortes à travers les pleurs. Qu’elles soient de joie ou de peine, ces petites perles sont le reflet de nos émotions. Les larmes, comme les gouttes d’eau, semblent toutes identiques…Pourtant, c’est loin d’être le cas !

Les larmes de base…

Nous produisons en fait trois types de larmes, sécrétées par nos glandes lacrymales. Il y a d’abord ce que l'on appelle les larmes de base, que nous renouvelons à chaque clignement des yeux. Cela forme une sorte de film de protection et de nettoyage, à la composition extrêmement riche. Il contient bien sûr d’eau et de sel, mais aussi de multiples autres éléments dont une couche huileuse, essentielle. En effet, lorsque cette huile n’est pas correctement produite les yeux deviennent secs, ce qui est à la fois très douloureux et dangereux pour la cornée. Dans ces cas-là, il faut parfois utiliser des larmes artificielles pour soulager le patient.

…les larmes réflexes…

Le deuxième type de larmes, ce sont les larmes réflexes : elles surviennent lorsque l’œil est agressé, par un grain de sable ou l’épluchure d’un oignon par exemple. Le corps va réagir comme un pompier pour éteindre la brûlure dans l’œil, à l’aide de ces larmes produites en grande quantité, elles aussi protectrices et nettoyantes.

… Et les larmes émotionnelles

Enfin, il faut bien sûr parler des larmes émotionnelles, celles qui jaillissent lorsque nous sommes soumis à une forte émotion. Dans ces moments-là, nous fabriquons toute une série d'hormones, notamment de stress, qui vont se retrouver dans nos larmes et être ainsi éjectées du corps. C'est la raison pour laquelle, après une grosse crise de larmes, nous nous sentons souvent plus détendus. Les larmes sont donc un excellent moyen d’évacuer notre stress.

Les filles plus pleurnichardes que les garçons ?

Mais qu’en est-il de l’idée selon laquelle les femmes pleurent davantage que les hommes ? Les recherches ont montré que c’était bel et bien le cas. Mais pourquoi ? Deux hypothèses ont été avancées.

La première est d’ordre biologique, hormonal : c’est parce que les femmes produisent de la prolactine, une hormone liée à la lactation. Cette prolactine serait liée à une affectivité plus grande, qui expliquerait non seulement la propension des femmes à pleurer plus que les hommes mais aussi que les femmes enceintes ou allaitantes sont particulièrement sensibles à la montée des larmes.

Un conditionnement culturel ?

La seconde hypothèse est d’ordre culturel et va à l’encontre de la première. Selon elle, la supposée plus grande émotivité des filles serait en fait liée à l’éducation. On apprendrait aux garçons à ne pas montrer leurs sentiments tandis qu’on tolèrerait beaucoup mieux les larmes d’une petite fille.

Ces facteurs culturels influenceraient donc le fait que les garçons pleurent moins que les filles. 

Selon une recherche menée aux Pays-Bas, ce ne serait d’ailleurs pas la tristesse qui déclencherait le plus les pleurs mais le sentiment d’impuissance devant une situation. Les femmes y répondraient plus par des larmes et les hommes plus par de l’agressivité, pour se conformer aux stéréotypes évoqués plus haut. 

Alors, les larmes d’émotions : hormonales ou culturelles ? En tout cas, que vous soyez un homme ou une femme, laissez-vous aller... Parce que pleurer, c'est très bon pour la santé !

Pourquoi pleure-t-on ? © master1305, Pixabay

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