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Premières impressions de "Nevermore", le show démesuré de Mylène Farmer, avant Bruxelles

Par Bruno Tummers via

Ce week-end, la chanteuse française donnait le coup d’envoi de sa tournée des stades à Lille, au Décathlon Arena-Stade Pierre Mauroy. Nous y étions.

A l’arrivée vers 20h, les abords du stade sont noirs de monde, mais le public patiente calmement pour rentrer à l’intérieur de l’enceinte. Il est assez mélangé et en majorité quadra ou quinquagénaire. Pas mal pour une artiste qui a démarré dans les années 80 !

On entre et, peu à peu, les milliers de personnes remplissent d’une marée humaine les travées et la pelouse. A l’entrée dans l’arène, on remarque d’abord la gigantesque structure de scène, barrée d’un énorme "Nevermore". Stade oblige, il y a aussi une avancée scène – en forme de croix ! – sur laquelle s’est posé un immense corbeau, figure du visuel de cette tournée 2023.

Pour faire patienter les fans, des tubes résonnent en fond sonore : Desireless, Dua Lipa et même du Mylène Farmer. On entend "Sextonik" et "Sans logique" et on se dit qu’on ne les aura pas dans la set-list…

21h15, hommage à Jean-Louis Murat avec la diffusion du clip "Regrets". Très bonne idée. Le public applaudit la mémoire de Jean-Louis.

21h30. Noir stade. L’écran de la scène s’anime d’une immense nuée de corbeaux. Cinq bonnes minutes plus tard, Mylène semble en surgir. Acclamations.

Mylène Farmer chante "Libertine" au Stade Pierre Mauroy à Lille

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Farmer se dirige de suite vers le public, toute la première partie du show se déroulera sur l’avant-scène. Une grue articulée à gauche permet déjà à la chanteuse de survoler la foule à la deuxième chanson. Idem pour la troisième, côté droit, pas de jaloux. Hissée à des mètres du sol, Farmer et ses fans attaquent le premier tube de ce "Nevermore 2023", "Libertine".

C’est alors qu’apparaît réellement le décor de scène, dans la profondeur, l’écran géant se sépare et laisse entrevoir des ruines de cathédrale. Les projections, présentes depuis le début du show, continue d’exister grâce à un nouvel écran disposé dans le fond. Les visuels sont d’ailleurs l’immense point positif de ce spectacle, ils sont bluffants et très impressionnants. Les quelques musiciens, menés par Olivier Schultheis apparaissent également. Le son bastonne.

A partir de là, Mylène est rejointe sur toutes les chansons rythmées par une quinzaine de danseurs pour des chorégraphies millimétrées. Les tubes vont s’enchaîner durant deux heures : "Optimistique-moi", "XXL", "Désenchantée", "Oui mais non", "Tristana", "Sans contrefaçon"…  Quelques titres du dernier album "L’emprise" seront aussi mis en avant, notamment "Rayon vert", en duo avec le groupe Aaron, présent sur scène à Lille.

©Robin

On retiendra aussi de ce "Nevermore" le très bon moment acoustique, sur l’avancée, au milieu de la foule, avec l’incontournable Yvan Cassar au piano pour le magnifique "Rêver", repris en chœur par le stade. Vocalement, Farmer est parfois à côté mais le moment est joli. Emue, elle ne parviendra pas à chanter totalement la chanson d’après, "Pas le temps de vivre". Elle pleure. Les fans l’attendaient.

Impossible de tout dévoiler de ce show où l’on en prend sans cesse plein la vue : l’immense corbeau fera sa réapparition sur scène, de même qu’un immense moine ! Sur la sortie de l’un des morceaux, des croix se dresseront. Mystère, mort, religion, sexe… On connaît le cocktail. On regrette cependant les gros temps de latence entre certains titres, plongeant la scène et la foule (très calme) dans le silence. Des interludes musicaux auraient été les bienvenus.

©Claude Gassian

De la travée où nous nous trouvions, l’ambiance n’a d’ailleurs pas vraiment décollé, elle devait être bien plus palpable au cœur de la fosse. Elle sera sans doute aussi bien plus importante au Stade Roi Baudouin, avec une scène implantée de façon transversale, ce qui n’était pas le cas à Lille.

Après une ultime chanson issue de son dernier album, la tubesque "Rallumer les étoiles", Mylène Farmer disparaît accrochée à une cage qui s’élève. L’emballage de ce show est décidément très réussi. Quasiment chaque chanson porte sa propre idée visuelle. Le public vient pour en prendre plein la vue et, à chaque nouvelle tournée, la production monte d’un cran.

Même si elle n’a plus eu un véritable tube depuis vingt ans, Mylène Farmer continue à régner en grande prêtresse sur le show en France. Douze autres stades l’attendent. Qui pourrait faire mieux depuis qu’Hallyday n’est plus là ? Personne.

Mylène Farmer se produira à Bruxelles, au Stade Roi Baudouin le samedi 22 juillet.

Mylène Farmer : la tournée Nevermore vue par Bruno Tummers

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