RTBFPasser au contenu
Rechercher

Regions Bruxelles

Près d'une enquête financière sur cinq mise "au frigo" à Bruxelles

A Bruxelles, en raison des moyens limités de la police judiciaire fédérale (PJF), les dossiers en matière de criminalité économique sont désormais classés selon leur importance.

Résultat: 53 enquêtes ont été mises à l'arrêt, rapportent mercredi Le Soir et De Tijd.

Tous les dossiers dits "écofin" (soit touchant à des formes de criminalité économique ou financière comme le blanchiment d'argent ou la fraude fiscale) supposés être confiés à la PJF de Bruxelles se retrouvent depuis cet automne préalablement soumis à l'analyse d'une "commission de pondération".

Composé de représentants du parquet, de l'auditorat du travail et de la PJF de Bruxelles, cet organe a désormais pour tâche de trier ces dossiers en fonction de leur degré de priorité. Pour approximativement un dossier sur cinq, cela se traduit par une mise "au frigo".  

En l'état, 53 affaires "écofin" se sont déjà vu ranger en "catégorie 3" - selon une échelle allant de 1 à 3 - à l'issue de leur passage devant cette commission, a indiqué le parquet de Bruxelles.

Elles ont dès lors peu de chance d'aboutir, selon le juge d'instruction Michel Claise. Lors des tris les plus récents, en février et mars, la moitié des dossiers ont été estampillés du score 3, souligne De Tijd. La PJF de Bruxelles ne suit plus systématiquement chaque décision d'enquête européenne ou demande d'entraide judiciaire internationale en matière économico-financière, poursuit le quotidien.

"La hiérarchisation des priorités n'est pas neuve, mais elle devrait pouvoir être évitée, surtout dans ce type de délit", selon le procureur général Johan Delmulle, cité par De Tijd. "Ce qui me préoccupe beaucoup, c'est qu'à terme, même les enquêtes classées "2" ne pourront plus être menées, ou du moins pas dans un délai raisonnable. Si une solution durable au sous-effectif de la PJF à Bruxelles n'est pas trouvée rapidement, je crains que ce scénario ne soit pas loin", a-t-il ajouté.

Joint par l'agence Belga, le cabinet du ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne dit attendre un engagement concret du commissaire général de la police fédérale pour recruter 195 détectives spécialisés supplémentaires, en plus des efforts déjà consentis pour la police judiciaire fédérale.

Articles recommandés pour vous