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Près de 1.400 manifestants anti-guerre arrêtés à Moscou et Saint-Pétersbourg, selon une ONG

24 févr. 2022 à 17:37 - mise à jour 24 févr. 2022 à 18:17Temps de lecture3 min
Par AFP

Ils n'étaient pas nombreux et ils ont été arrêtés. A Moscou comme à Saint-Pétersbourg, les manifestants contre l'invasion russe de l'Ukraine ont été interpellés jeudi pour avoir bravé l'interdiction de rassemblement décrétée par les autorités.

Des dizaines de protestataires ont été interpellés aux abords de la place Pouchkine dans la capitale russe et une cinquantaine d'autres au moins dans la deuxième ville de Russie tandis qu'ils criaient "Non à la guerre!". Selon l'ONG spécialisée OVD-Info, ce sont même 1.391 personnes qui ont été arrêtées dans 51 villes, dont 719 à Moscou et 342 à Saint-Pétersbourg.    

Parmi le gros millier de personnes qui sont venues dénoncer à Moscou l'invasion de l'Ukraine par la Russie, certains ont des proches dans ce pays.

"Ma tante vit en Ukraine j'ai peur pour elle", a dit Tatiana une étudiante moscovite de 18 ans qui préfère taire son nom de famille.

"Je suis en état de choc, mes proches vivent en Ukraine. Que puis-je leur dire au téléphone ? Tenez le coup ? Je ne peux pas rester dans ma chambre, je veux voir d'autre gens qui sont contre la guerre, qui pensent comme moi", dit de son côté Anastasia Nestoulia.

"Pays agresseur"

Mais la police "nous disperse car nous sommes peu nombreux", regrette-t-elle.

Malgré les arrestations et une présence policière importante, quelques groupes isolés gravitaient encore vers 16H00 GMT (19H00 locale) autour de la place Pouchkine, mitoyenne de la grande avenue Tverskaïa qui descend jusqu'au Kremlin.

A Saint-Pétersbourg, parmi le millier de manifestants, on retrouve l'étudiante de 20 ans Daria Gazmanova. Elle est atterrée.

"Je suis ici car je ne veux pas vivre dans un pays agresseur", a-t-elle dit.

Les autorités russes avaient promis jeudi de réprimer toute manifestation "non autorisée" organisée dans le pays contre la guerre en Ukraine.

La place Pouchkine était quadrillée par la police, à la suite d'un appel sur des réseaux sociaux.

Le ministère de l'Intérieur, le Parquet et le Comité d'enquête avaient tous mis en garde les Russes contre toute action de protestation.

Le Comité d'enquête a souligné que les participants à des rassemblements au sujet de "la situation tendue en matière de politique étrangère" ou à des heurts s'exposaient à des poursuites.

"Nous vous rappelons que les appels à participer et la participation directe à de telles actions non autorisées entraînent de graves conséquences judiciaires", a-t-il averti.

Rassemblements "illégaux"

Le Parquet a lui dit avoir envoyé des "avertissements" aux personnes incitant à participer aux manifestations de protestation contre la guerre en Ukraine.

Le ministère de l'Intérieur a prévenu que les rassemblements seraient "illégaux" et que la police "prendra toutes les mesures nécessaires pour assurer l'ordre public".

"Toute provocation, agression contre les policiers, non-respect de leurs exigences légales seront immédiatement réprimées. Les auteurs de ces infractions seront arrêtés et traduits en justice", a-t-il indiqué.

Plusieurs comptes sur les réseaux sociaux ont appelé les Russes à se rassembler pour protester contre la guerre, un mouvement cependant sans meneur réel. L'opposition russe a été décimée ces deux dernières années et ses figures de proue emprisonnées ou poussées à l'exil.

Le principal opposant au Kremlin, Alexeï Navalny, est actuellement emprisonné dans une affaire qu'il juge politique et fait face à de nouvelles accusations dans un procès commencé il y a plusieurs jours et dans lequel il encourt dix ans de réclusion supplémentaires.

M. Navalny s'est dit jeudi opposé à la guerre russe en Ukraine.

En outre, Moscou n'a jamais levé ses restrictions sanitaires aux manifestations, liées au Covid-19. Sauf pour les rassemblements pro-pouvoir.

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