Mobilité

Près d’un mois après l’entrée en vigueur du plan Good Move, pourquoi le nouveau plan de circulation bruxellois divise tant ?

Le focus

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19 sept. 2022 à 11:22 - mise à jour 19 sept. 2022 à 12:06Temps de lecture2 min
Par Anthony Roberfroid,d 'après le focus de Marie Vancutsem

Au lendemain du dimanche sans voiture en Région bruxelloise, moment clé de la Semaine de la mobilité, retour à la normale. Place donc aux traditionnelles voitures, aux navetteurs mais aussi aux tensions. Le partage de l’espace public entre usagers motorisés, cyclistes et piétons est parfois compliqué.

Une constatation d’autant plus observée depuis que la Région bruxelloise a lancé de grandes réformes avec le plan Good Move : un plan de réorganisation du centre-ville visant à réguler la circulation et le stationnement.

Des changements qui ne plaisent pas à tout le monde, nombreux sont celles et ceux agacés par ce plan de mobilité. Une polarisation analysée par Marie Vancutsem, Olivier Luminet, professeur de psychologie de la santé à l’UCLouvain, ainsi que Claire Pelgrims, postdoctorante professeure spécialiste en urbanisme et mobilité à l’ULB. "De manière générale, on a tendance à considérer que l'espace public est immuable, qu'il a toujours été comme ça, explique cette dernière. En fait, c'est toujours l'objet de controverses, c'est toujours en discussion, ça n'arrête pas d'évoluer, et donc c'est tout à fait normal et c'est plutôt sain qu'il y ait des débats sur l'occupation de l'espace public. On est dans les étapes très problématiques, mais sans avoir encore vraiment des images concrètes de ce que ça va donner dans 10 ans".

Polarisation et objectif commun

Olivier Luminet souligne qu'"il faut  être prudent sur la manière de le présenter parce que, justement, si c'est présenté de manière trop abrupte, ça donne des réactions tout d'un coup très émotives. C'est ce qu'on appelle la polarisation: des gens qui n'étaient pas trop favorables à ces changements deviennent tout d'un coup des adversaires totaux de ce genre de changement et ils se radicalisent. Les politiques doivent accepter l'idée qu'il faut parfois un peu plus de temps. C'est un processus psychologique tout à fait naturel".

Claire Pelgrims rappelle aussi que cette évolution de l'espace public est à l'œuvre un peu partout en Europe. La Belgique n'est pas du tout une pionnière radicale en mettant tout ça en œuvre: c'est le sens logique des choses parce que la voiture pollue, consomme de l'énergie, ce n'est pas tenable en termes d'embouteillages, etc. Mais ce n'est pas tout. Il faut aussi pouvoir se projeter, écrire un récit collectif, se retrouver en tant que citoyen dans un objectif commun.

Et pour cela, pourquoi ne pas donner du concret ? Olivier Luminet insiste: il faut montrer ce qui fonctionne déjà. "Ce qui devrait être mieux mis en évidence, par exemple, c'est l'impact direct sur la santé. Je pense qu'on a besoin de montrer dans les études scientifiques qu'avec des changements du plan de circulation, limitations de vitesse et moins de véhicules, l'impact sur la qualité de l'air, et donc sur la santé des gens. Là, les gens y sont très sensibles. Ils sont prêts à faire des efforts si, concrètement, ils se rendent compte, par exemple, que le pourcentage d'infections respiratoires va diminuer ou s'ils se rendent compte que l'espérance de vie va augmenter en vivant à Bruxelles dans un environnement moins pollué."

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