Belgique

Présence éventuelle d’amiante dans l’eau de distribution : la SWDE se veut vraiment rassurante, analyses à l’appui

Le remplacement d’une conduite d’eau en amiante-ciment nécessite des précautions particulières. La Wallonie compte encore environ 3000 km de canalisations en asbeste-ciment. Elles sont progressivement remplacées, notamment après une fuite ou une rupture d

© RTBF Investigation

"Il n’y a pratiquement aucune trace d’amiante dans l’eau de distribution. Et l’eau répond à toutes les normes sanitaires en vigueur !" C’est du moins ce qu’affirme aujourd’hui la SWDE, la Société wallonne de distribution d’eau.

Suite au magazine Investigation diffusé en janvier dernier sur la RTBF, d’aucuns s’interrogeaient sur la présence possible de fibres d’amiante dans les conduites en asbeste-ciment. Certes, rien de comparable avec l’impact sanitaire de l’amiante inhalée ! Mais pour certains scientifiques, le principe de précaution doit prévaloir. Des études plus poussées sur un éventuel risque sanitaire par ingestion de fibres d’amiante seraient donc plus qu’utiles. A ce stade, les dernières analyses effectuées par un laboratoire français indépendant sont en tout cas très rassurantes, souligne la SWDE.

Analyses d’échantillons

67 des 70 échantillons prélevés cette année dans les 21 communes wallonnes sondées par la SWDE ne contiennent aucune trace d’amiante. Des quantités infinitésimales ont toutefois été détectées dans deux entités de la province de Namur. A Doische-Vaucelles, tout d’abord. "A cet endroit, seul un échantillon sur huit était positif", explique Benoît Moulin, porte-parole de la SWDE. "La concentration était de 87.000 fibres par litre. Ce qui est très peu !"

Autre site pointé : Couvin (Pesche). "Là, nous avions deux échantillons positifs sur quatorze", précise Benoît Moulin. "La concentration d’amiante était d’environ 350.000 fibres par litre. Pour rappel, il n’y a pas de seuil (maximal) en Europe. Le seul pays où il y a un seuil, ce sont les Etats-Unis. Cette limite est fixée à sept millions de fibres par litre ! Donc, nous sommes encore très largement en dessous de ce seuil".

Précautions nécessaires

A Couvin comme à Doische, des analyses complémentaires sont en cours. L’eau y étant plus douce que dans la plupart des autres sites wallons, il n’y a pas de formation naturelle de gaine de calcaire venant recouvrir et renforcer ces vieilles canalisations. Les conduits d’eau douce sont dès lors davantage susceptibles de présenter des failles avec le temps. Un programme de purge, plus fréquent, est donc prévu pour réduire un éventuel risque de contamination de l’eau et d’ingestion de fibres d’amiante.

L’éventuel impact sur la santé fait toujours l’objet de débats, même si l’Organisation Mondiale de la Santé affirme qu’il n’existe aucune preuve cohérente et convaincante d’effets néfastes pour la santé. Nos collègues du magazine Investigation rapportaient que "l’Anses, l’Agence nationale française de sécurité sanitaire, a également souligné qu’il n’y avait pas de lien établi entre l’ingestion des fibres et l’apparition de certains cancers. Néanmoins, l’Agence précise l’existence de signaux suggérant la possibilité d’une association entre l’ingestion d’amiante et trois cancers digestifs spécifiques (œsophage, estomac et côlon). Considérant qu’un "risque pour la santé ne pouvait être écarté", l’Anses recommande de mener des campagnes de prélèvements ciblés dans l’eau potable".

Communes apaisées

Dans ses conclusions, la Wallonne des Eaux semble avoir pu rassurer les communes. Exemple : Ramillies. Cette entité du Brabant wallon compte un des plus forts pourcentages de conduites en amiante-ciment (environ 71%). "Nous avons encore de nombreuses conduites à remplacer", confirme l’échevine des Travaux publics, Mireille Benoît. "Nous allons collaborer avec la SWDE pour éviter toute contamination future lors d’incidents, par exemple en cas de rupture de canalisation. Il y a déjà eu des incidents par le passé. Nous devons aussi discuter des mesures à prendre lors des remplacements de canalisations. Mais nous faisons confiance à la SWDE. Ils travaillent avec sérieux".

D’autres communes et distributeurs vont aussi collaborer pour maximiser la sécurité des conduites. Notons qu’en Brabant wallon, certaines communes sont gérées par l’inBW. L’intercommunale nous a confirmé avoir fait réaliser récemment des analyses par un laboratoire étranger indépendant. Les résultats sont en cours d'examen et seront communiqués dans environ deux semaines.

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