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Présidentelle américaine : le gagnant va hériter d'une Amérique divisée aussi sur le plan économique

06 nov. 2020 à 09:15 - mise à jour 06 nov. 2020 à 09:15Temps de lecture2 min
Par RTBF

On peut déjà tirer les premiers enseignements économiques des élections aux États-Unis. Le gagnant n’est pas encore connu, mais une chose est sûre, il héritera d’un pays indécis, fracturé et divisé entre deux camps. Et ça, quoi qu’il arrive, pour Michel Hermans, politologue à l’Université de Liège, ça laissera des traces, notamment sur l’économie.

D’un côté, "il y a des électeurs qui sont du monde paysan ou des régions qui étaient industrialisées et qui ont connu de nouveaux emplois, explique le politologue. Et ce n’est pas tellement Trump qui a lancé ça, c’était déjà Barack Obama qui, sur ses deux mandats, n’a fait que faire progresser l’emploi."


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D’un autre côté, on retrouve "des personnes pensionnées, qui se rendent compte que grâce à Donald Trump, ils paieront moins d’impôts. Et c’est la même chose avec les plus riches. C’est manifestement cette réforme fiscale qui a permis à ces personnes de voir leurs revenus augmenter parce que leurs impôts ont fortement diminué. Et vous avez entre les deux une classe moyenne aisée qui vote plutôt pour Joe Biden. Donc, ce résultat est très mélangé."

La difficulté de réunir ces deux Amériques

Cet enchevêtrement de clivages sociologiques et économiques qui divisent particulièrement le pays pour le moment risque de laisser des traces. "Parce qu’il y a manifestement un populisme qui se développe, continue Michel Hermans. Trump a conservé son électorat de base, alors que Joe Biden est beaucoup plus humble face à toutes les situations et il veut réunir les deux Amériques mais il va avoir beaucoup de problèmes à le faire."

Les Américains n’ont pas envie de se disputer avec les Européens

Cette fracture qui s’est particulièrement vue dans l’incertitude des résultats des derniers jours pourrait paralyser l’économie. "Les décisions sur un confinement éventuel ne sont pas tellement prises par le président, mais par les gouverneurs. Et il y a beaucoup de gouverneurs, qui sont d’ailleurs républicains, qui ont décidé de confiner lors de la première vague aux États-Unis et peut-être de provoquer des faillites d’entreprises, ou en tout cas un chômage qui n’était pas rémunéré correctement. Mais si tout le personnel qui travaille est soit malade, soit confiné parce qu’il y a eu une décision des gouverneurs, ce sera difficile."

Avec quelles conséquences chez nous ? Ça dépend du résultat de l’élection. "Manifestement, c’est bien embarqué pour Joe Biden. Il va recréer les liens avec ses alliés, et les alliés des États-Unis sont essentiellement les Européens. L’Union européenne, surtout parce qu’elle est divisée, intéresse autant les Américains que les Chinois. Donc, les Américains n’ont pas envie de se disputer avec les Européens, sachant qu’on a sur ce plan-là un même train de vie."

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