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Présidentielle américaine 2020 : la campagne est lancée et la pandémie de coronavirus est au centre des débats

14 août 2020 à 13:55Temps de lecture4 min
Par Thomas de Brouckère avec agences

Le tandem démocrate formé par Joe Biden et Kamala Harris est donc entré en campagne en vue de l’élection présidentielle de novembre prochain. Dans leur ligne de mire, Donald Trump et son vice-président Mike Pence. Pour leur première offensive, les démocrates ont chargé le président américain sur sa gestion de la crise du Covid-19. Le sujet brûlant du moment aux États-Unis qui reste le pays le plus touché par la maladie avec plus de 166.000 morts, 5 millions de cas recensés et une économie touchée de plein fouet. La contre-offensive républicaine se fait attendre.

Le masque obligatoire partout

Le port du masque est un sujet qui divise l’opinion publique américaine. Joe Biden, lui, a en tout cas clairement choisi son camp.

Installés à bonne distance l’un de l’autre, Joe Biden et Kamala Harris ont été informés sur la pandémie via visioconférence par des experts en santé publique à Wilmington, la ville où réside Joe Biden.


►►► À lire aussi : Etats-Unis : l’arrivée de Kamala Harris va-t-elle booster une campagne présidentielle jusqu’ici tout sauf trépidante ?


Après une écoute attentive, l’ancien vice-président de Barack Obama a appelé les gouverneurs des 50 Etats américains à "instaurer dès maintenant l’obligation de porter un masque".

Ceci pourrait permettre de "sauver plus de 40.000 vies au cours des 3 prochains mois" à travers le pays, a-t-il affirmé devant des journalistes. "Nous sommes en Amérique... Faites ce qui est juste... Soyez patriotes. Protégez vos concitoyens", a ajouté le démocrate de 77 ans, tandis que la sénatrice Kamala Harris, 55 ans, l’écoutait à distance, portant un masque noir. Joe Biden assure qu’il ne s’agit pas d’une mesure démocrate ou républicaine. le débat ne doit pas être politique selon lui.

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Actuellement, une trentaine d’États américains ont instauré des obligations de porter le masque, surtout à l’intérieur ou dans des zones fréquentées à l’air libre. Mais certains États font de la résistance. C’est le cas de la Floride ou la Géorgie dont les gouverneurs républicains refusent toujours d’instaurer l’obligation alors que leurs États sont des épicentres de la maladie.

Donald Trump s’est d’ailleurs exprimé sur ces gouverneurs qui refusent d’instaurer l'obligation du port du masque dans certains lieux : "Nous avons confié aux gouverneurs de chaque État, élus par le peuple, le soin d’élaborer et d’appliquer leurs propres politiques de masques. Nous continuons à exhorter les Américains à porter des masques lorsqu’ils ne peuvent pas prendre de distance sociale."

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La réponse du président

Le président Donald Trump accuse son adversaire de politiser la pandémie et le virus.

Il s’agit d’une "approche rétrograde et très défaitiste", a réagi Donald Trump lors de sa conférence de presse quotidienne à la Maison Blanche.

"Joe l’endormi (ndlr : surnom que donne Donald Trump à Joe Biden) préfère à l’approche scientifique, l’idée d’enfermer tous les Américains dans leur sous-sol pendant des mois. Nous avons appelé les Américains à porter des masques. Et j’ai souligné que c’était un acte patriote", a poursuivi le milliardaire républicain, avant toutefois de semer un doute sur leur efficacité.

"Peut-être qu’ils sont extraordinaires, peut-être qu’ils sont juste bons, peut-être qu’ils ne sont pas si bons, mais franchement, qu’avez-vous à perdre ?"

Des propos qui cadrent avec l’attitude du Président qui a longtemps refusé de porter le masque en public avant un changement de politique au vu de son retard dans les sondages. Des projections qui donnent toujours Joe Biden favori avec 6 à 9 points d’avance sur l’actuel président.

 

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Chacun sa stratégie face au Covid

Cette fois c’est certain, la campagne est lancée malgré un départ tardif et la pandémie sera au cœur du combat. Joe Biden et Kamala Harris ont déjà préparé leur stratégie. Ils feront quatre réunions hebdomadaires avec des experts et des économistes pour être informés de l’évolution de la situation.

L’ancien vice-président américain a expliqué qu’il recevait déjà ses briefings de plus d'une heure auparavant mais qu’avec sa colistière, il passerait à un rythme de quatre par semaine.

"Maintenant avec la sénatrice, nous allons creuser" le sujet, a-t-il déclaré aux journalistes.

Kamala Harris elle, s’en est prise à la politique menée par Donald Trump pour affronter l’épidémie. "Il devrait revenir aux professionnels de la santé publique de mener la politique de notre pays pour s’attaquer à cette pandémie meurtrière", allusion à peine voilée à la gestion de crise du président républicain.

Elle ajoute, "il y a une raison pour laquelle le coronavirus a frappé plus durement l’Amérique que toute autre nation développée : c’est à cause de l’échec de Donald Trump à le prendre au sérieux depuis le début. Son refus de lancer le dépistage, ses revirements sur la distanciation physique et le port du masque. Sa croyance délirante qu’il en sait plus que les experts."

Depuis l’annonce de la nomination de Kamala Harris, le président Trump a tenté de semer le doute sur la recevabilité de sa candidature et de la qualifier de "sorte de femme folle".

Quant à la maladie, Donald Trump s’est contenté de réaffirmer que le coronavirus finirait par disparaître. Pas de déclaration ou de décision choc pour affronter la pandémie et faire taire ses adversaires. Donald Trump reste fidèle (pour l'instant) à sa tactique, reste à voir si ce sera la bonne. 

Volte-face de Trump face au Coronavirus

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