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Présidentielle en France : au PS, on prend acte de "l’échec" et de "la fin" du parti… Avant de préparer la suite

La candidate malheureuse du PS à l’élection présidentielle française, Anne Hidalgo.

Il est 19h30, dans le 14e arrondissement de Paris, près de la porte d’Orléans, au QG du PS, chez la candidate Anne Hidalgo. La nuit commence à tomber et on perçoit déjà que les mines sont grises chez certains membres du parti.

Il n’y a pas assez de militants. Vraiment trop peu. Tellement que la presse s’amasse déjà autour des quelques-uns présent pour obtenir les premières réactions à l’annonce des résultats. La presse, elle, en revanche est bien plus nombreuse. Elle compose l’essentiel des personnes réunies dans le café Poinçon.

Il faut dire que le moment est tristement historique. Sur le seul et unique écran géant, on suit l’édition spéciale du service public français. Dans quelques minutes, le couperet tombera. Mais les premières estimations sont déjà tombées et les mines sont graves. "C’est une catastrophe", souffle un journaliste présent. "Je crois que même Jean Lassalle fait mieux", dit un autre.

Un désastre…

10. 9. 8… Il est presque 20 heures et le compte à rebours est lancé. Les résultats s’affichent sur le grand écran. Sans réelle surprise, ce sont donc Emmanuel Macron et Marine Le Pen qui arrivent en tête de ce premier tour, avec respectivement 27,6% et 23,4% des voix.

On coupe la diffusion de l’émission spéciale. La candidate du parti historique de la gauche, Anne Hidalgo s’apprête à prendre la parole. 1,7%. C’est le score du parti qui, il y a 10 ans quasiment jour pour jour entrait à l’Elysée avec François Hollande.

"Je sais que vous êtes déçus ce soir et nous tirerons bien sûr ensemble, tous les bilans de façon objective", a lancé la Maire de Paris à ses électeurs appelant "avec gravité" à voter pour Emmanuel Macron au second tour. "Un choix de responsabilités", dit-elle.

Prendre acte de l’échec

Face à ces résultats, forcément la question du lendemain est sur toutes les lèvres. Du côté des quelques militants, on encaisse et on espère une renaissance. "Il y a 10 ans c’était l’âge d’or du parti socialiste avec, en effet, tous les pouvoirs, il y a une reconstruction qu’il faudra mener et qui va se faire. C’est difficile actuellement mais le parti socialiste et la gauche dans son ensemble saura se relever pour être une alternative", veut espérer Jean-Philippe, parisien, avec l’écharpe de sa candidate au cou. "Il y a 10 ans, la gauche était au pouvoir et peut-être que dans 5 ans, avec Anne Hidlago ou quelqu’un d’autre, la gauche reviendra à l’Elysée", ajoute-t-il.

Du côté des quelques élus venus soutenir la Maire de Paris, mais aussi assurer le lourd service après-vente, on veut aussi tirer les leçons. Le constat d’échec est inévitable. La remise en question aussi.

A la question de savoir si l’on peut acter la fin du PS, le Maire de Nancy, Mathieu Klein répond "oui". "Oui, je vous ai dit qu’il fallait vous dire les choses clairement, alors je vous le dis clairement", poursuit-il face à l’étonnement des journalistes qui l’entoure. Il précise : "je pense qu’il ne suffira pas d’un congrès fusse-t-il refondateur du parti socialiste pour, aujourd’hui, répondre à l’ampleur de la crise politique que nous traversons. Je pense que beaucoup d’électeurs ne savent plus de quoi nous sommes le nom".

De son côté, le sénateur Patrick Kanner se veut moins certain de la "fin" du parti traditionnel de gauche mais l’admet "un coup de massue important". "2%, personne ne peut s’en contenter quand on est un parti de gouvernement", dit-il. "C’est difficile ce soir […] mais ne regardons pas le passé. Aujourd’hui c’est un score compliqué, très décevant", ajoute-t-il. "Nous avons échoué, mais cet échec nous oblige à préparer l’avenir".

Pour Mathieu Klein, cet échec est "collectif". "Je prends et nous prenons tous notre part de responsabilité".

Et demain ?

Demain, il faudra se reconstruire, c’est certain. Mais comment ?

D’abord, on l’a dit, en faisant barrage à l’extrême droite au second tour de l’élection présidentielle et en votant pour le candidat président, Emmanuel Macron. Viendront ensuite les élections législatives. Plus vite que prévu. Elles auront lieu en juin. C’est déjà demain.

"Nous travaillerons ensuite au rassemblement de cette gauche dispersée qui n’a pas su s’unir quand il le fallait", a lancé Anne Hidalgo ce 10 avril au soir.

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Avec la question du comment, vient aussi la question d’avec qui ?

Les appels du pied aux écologistes de Yannick Jadot et aux communistes de Fabien Roussel sont nombreux.

Olivier Faure, le premier secrétaire du parti, a appelé dans une déclaration à "l’union des forces de gauche" pour les législatives. Il a indiqué : "Je lance un appel solennel aux forces de gauche et écologistes, aux forces sociales, aux citoyens prêts à s’engager afin de construire ensemble pour les élections législatives un pacte pour la justice sociale et écologiste".

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