Présidentielle en France

Présidentielle en France : Le Pen ou Macron ? Quel candidat perdant invite à voter pour qui au second tour ?

11 avr. 2022 à 10:28Temps de lecture2 min
Par Ambroise Carton avec Belga

Le président sortant Emmanuel Macron et la candidate Marine Le Pen, qui s'affronteront le 24 avril au deuxième tour de la présidentielle française, entament lundi une campagne acharnée pour convaincre des électeurs peu emballés par ce duel et aux réactions imprévisibles.

"Cette élection, il va falloir aller la chercher, parce que rien n'est joué", a reconnu lundi matin le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal sur la radio France Inter. M. Macron, entré très tardivement dans l'arène, a été critiqué pour n'avoir pas vraiment fait campagne au premier tour.

Juste après sur la même radio, Jordan Bardella, président du Rassemblement national de Marine Le Pen, s'est dit convaincu que sa candidate bénéficierait d'un fort report des suffrages parmi "les 70% de Français qui ont voté contre" le président sortant, et a indiqué ne "pas croire" au "front républicain" contre son parti.

Trois candidats malheureux à gauche, l'écologiste Yannick Jadot (moins de 5% des voix), le communiste Fabien Roussel (2-3%) et la socialiste Anne Hidalgo (moins de 2%), ont explicitement appelé leurs électeurs à voter Emmanuel Macron. La candidate pour la droite gaulliste Valérie Pécresse a annoncé pour sa part son intention de voter "en conscience" pour Emmanuel Macron.

 

Loading...

Les deux finalistes vont devoir mobiliser les électeurs alors que le premier tour a été marqué par une forte abstention de 25,14% et une désagrégation spectaculaire des deux partis de gouvernement de la Ve République, qui ont réalisé le pire score de leur histoire: avec moins de 5% pour Valérie Pécresse, vainqueur de la primaire de la droite à l'automne, et moins de 2% pour la socialiste Anne Hidalgo.

En principale ligne de mire des deux candidats, figurent les électeurs du candidat de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon, arrivé troisième sur les talons de Marine Le Pen avec près de 22% des voix et qui apparaît désormais en position d'arbitre.

Jean-Luc Mélenchon, leader de La France Insoumise (LFI) a répété dès dimanche soir que "pas une voix" ne devait aller à l'extrême droite, sans pour autant appeler à voter Emmanuel Macron.

L'ambition de LFI est désormais de se battre pour les législatives de juin et d'"imposer une cohabitation" à Emmanuel Macron, a-t-il précisé.

La chasse aux électeurs de gauche est lancée. Lundi matin, Gabriel Attal a insisté sur le bilan social d'Emmanuel Macron, qui a pourtant du mal à se débarrasser de l'étiquette de "président des riches". "On a beaucoup fait pour réduire les fractures", a assuré Gabriel Attal.

"Les candidats ne sont pas propriétaires de leurs électeurs et je pense que beaucoup de ceux qui ont voté pour Jean-Luc Mélenchon ne veulent pas de la retraite à 65 ans, ne veulent pas remettre la politique de la France entre les mains de cabinets privés et voteront pour Marine Le Pen au second tour", a rétorqué le représentant du RN Jordan Bardella.

Sur le papier, Marine Le Pen a une réserve de voix nettement moins importante que Emmanuel Macron. Elle pourra compter sur le soutien de l'autre candidat de l'extrême droite Eric Zemmour, aux alentours de 7%.

Le candidat souverainiste Nicolas Dupont-Aignan, aux alentours de 2%, a lui aussi appelé à voter Marine Le Pen.

Sur le même sujet

Présidentielle 2022 : près d'un quart des électeurs de Jean-Luc Mélenchon voteront pour Marine Le Pen au deuxième tour

Présidentielle en France

Présidentielles 2022 : des Français n’ont pas pu voter car radiés des listes électorales

Regions

Articles recommandés pour vous