Vuelta - Cyclisme

Primoz Roglic, un premier coup de semonce pour rassurer, mais comment aborder la suite ?

Primoz Roglic sur le podium après la 4e étape de la Vuelta.

© AFP OR LICENSORS

24 août 2022 à 12:03Temps de lecture3 min
Par Antoine Hick

Mardi soir, sur les routes escarpées et bosselées de Laguardia, théâtre final de la 4e étape, Primoz Roglic est sorti de sa boîte au meilleur des moments. Loin de la ligne d’arrivée, certes, mais armé d’une déroutante puissance qui a surpris pas mal de monde. Seul sur sa planète, le triple vainqueur de la Vuelta en titre, s’est (facilement) imposé devant Mads Pedersen et Enric Mas. De quoi frapper un premier coup sur la table. Et rassurer tout le monde quant à son état de forme ?

38 jours. 38 jours pile se sont écoulés dans la vie de Primoz Roglic entre son abandon, après quelques jours de souffrance en tant que coéquipier modèle sur le Tour de France, et son tour de force sur la Vuelta.

38 jours de doutes et d’interrogations pour le grand public et les observateurs. Le Slovène, touché à l’épaule et dans le bas du dos lors de la 5e étape de la Grande Boucle, a-t-il suffisamment pansé ses plaies ? Est-il vraiment à 100% au moment d’enfourcher à nouveau son vélo pour revenir sur les terres de ses plus grands exploits ?

Au départ d’Utrecht, toutes ces questions sont encore en suspens. Placide au possible, pas forcément à l’aise devant les caméras, Roglic fait du Roglic et n’en dévoile pas forcément plus. "Je me sens bien" confie-t-il simplement le jour du grand départ.

Une impression confirmée dans la foulée. Roglic profite du récital de Jumbo-Visma en ouverture pour déjà confisquer le maillot rouge. Mais intelligemment, il le laisse à Robert Gesink. Pour ne pas (déjà) se placer inutilement sous le feu des projecteurs et s’attirer une pression dispensable. Puis, c’est au tour d’autres Jumbo, Mike Teunissen et Edoardo Affini en tête, de se parer de rouge. Jumbo reste hégémonique mais Roglic reste dans l’ombre Bien placé au général et prêt à jaillir au bon moment.

Ce bon moment, il estime sans doute qu’il peut survenir lors de la 4 étape. Sur ce terrain bosselé qui lui convient bien, il sort de sa boîte dorée pour la 1e fois depuis le départ. Et fait mouche directement.

Où en est-il physiquement ?

Aujourd’hui, Roglic se retrouve donc (déjà) aux commandes du général. Une prise de pouvoir précoce mais pas forcément anodine puisque le Slovène aime se parer de rouge le plus vite possible. En 2020 et 2021, soit lors des deux dernières éditions, il avait chipé le maillot à la concurrence dès la 1e étape.

Alors, qu’attendre de lui sur les prochaines étapes ? Difficile à dire. Sa victoire a, certes, estompé quelques doutes mais est-il suffisamment rétabli pour tenir le rythme pendant 3 semaines en très haute montagne ? On le saura très vite puisque la 1e arrivée au sommet se profile déjà jeudi avec l’enchaînement de la Collado de Brenes (1e catégorie) et du Pico Jano (1e catégorie). Samedi et dimanche, 6 ascensions au programme et, sans doute, déjà deux étapes charnières pour le général.

Quelle attitude adoptera Roglic ? Pour l’instant, ce n’est pas à lui d’attaquer. Grâce aux bonifs, il compte déjà une belle avance sur la concurrence (26 secondes sur Sivakov et Geoghegan Hart, 27 sur Evenepoel…). Il peut donc laisser venir.

Reste désormais à voir comment il réagira quand il sera attaqué. Comme le mentionne Eurosport, les souvenirs de Pogacar, stratosphérique lors de la 1e semaine du Tour… avant de lâcher par la suite, sont encore frais dans toutes les têtes. Roglic connaîtra-t-il le même sort ? Ce serait évidemment aller bien vite en besogne. Sur la Vuelta, Roglic est sur son terrain. Là où il semble libéré de cette chape de plomb qui plane au-dessus de sa tête dès qu’il ose disputer le Tour de France.

Pour l’instant, Roglic évite les tracas et les bobos. Pour l’instant, il ne montre pas de signe de faiblesse et assume son statut d’homme à abattre. Mais qu’en sera-t-il de la suite ? Est-il suffisamment armé pour briguer une 4e couronne consécutive ? La balle est dans son camp. A lui de faire taire les derniers sceptiques.

 

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