Economie

Prix de l'énergie : les forains face une nouvelle incertitude

Prix de l'énergie : les forains face une nouvelle incertitude. Photo d'illustration.

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19 avr. 2022 à 08:52 - mise à jour 19 avr. 2022 à 09:50Temps de lecture2 min
Par Alain Lechien avec Cédric Loriaux

Pour tout le secteur récréatif, la reprise des kermesses et autres fêtes de village est un soulagement après deux ans plombés par la crise du Covid-19. Sauf que la flambée des prix de l’énergie vient à nouveau porter un coup dur aux forains qui n’avaient pas besoin de ça. On sent que c’est un secteur qui avait besoin de sortir la tête de l’eau. Le public aussi retrouve avec plaisir la joie de ces jeux en famille ou de ces tours de manège.

À Charleroi, la foire a attiré près de 40.000 visiteurs pour ce long week-end. Les forains retrouvent donc des couleurs, comme l’explique Thomas Delforge, qui fait partie d’une des plus anciennes familles de forains en Belgique. Il est aussi le président de l’ASBL organisatrice de cette foire : "C’est sûr qu’il y a une reprise comme maintenant, depuis la période des carnavals, depuis un bon mois. On sent vraiment qu’il y a un engouement autour de la fête foraine. Moi, je viens, par exemple, de faire un mois à Gand, en Flandre. Depuis 20 ans que je suis à la foire de Gand, on n’a jamais fait une foire pareille. Les carnavals en Wallonie, La Louvière, etc., tous ces gros carnavals ont été aussi extraordinaires".

125 litres de mazout par jour

Les forains ont l’habitude de l’incertitude de la météo, ou de la fréquentation d’un événement, mais ici c’est l’incertitude liée aux prix de l’énergie, car forcément pour faire fonctionner ces manèges, il faut beaucoup d’énergie, de l’électricité, ou du mazout pour les groupes électrogènes, comme l’indique Sébastien Dotremont, qui tient une grande attraction : "Ça a un coût en plus parce qu’on a l’emplacement à payer. Moi, par exemple, je tourne sur un groupe électrogène. Le mazout a augmenté aussi. Je consomme environ 125 litres par jour. Ça fait un paquet de mazout que j’utilise".

Le métier de forain semble de plus en plus difficile, avec énormément de contraintes et d’impondérables. C’est difficile de se lancer tout seul sans connaître déjà le milieu. Souvent, c’est de la transmission familiale. "Moi, ça fait quinze ans que je suis à mon compte. Entre nous, j’ai toujours cru que ça allait continuer sans problème. Ce qui nous est arrivé il y a deux ans, personne ne l’a vu venir. On a tous de gros crédits, de gros investissements, notre génération à nous, en termes d’investissements, on n’a jamais eu peur de rien. On a toujours eu beaucoup de garanties. Là, tout d’un coup, on se retrouve avec de très, très grosses incertitudes, donc ça peut un peu changer la donne à l’avenir. Il y a de jeunes entrepreneurs forains qui oseraient peut-être moins prendre de risques que ce qui était prévu dans les dix, quinze dernières années".

Selon l’Union des industriels forains, on estime qu’ils sont un peu moins de mille, dont 480 environ en Wallonie. Mais ce chiffre est en baisse constante depuis plusieurs années.

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