Belgique

Prix de l’énergie : c’est la catastrophe pour certains indépendants, "la facture est passée de 1900 euros à 7000 euros par mois"

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28 août 2022 à 12:50Temps de lecture2 min
Par Lavinia Rotili sur base d'un sujet d'Aline Delvoie et Thomas Deschamps

La hausse des prix de l’énergie inquiète la population. Parmi celles et ceux qui craignent pour les facteurs à venir, il y a également plusieurs catégories de professionnels. Dans de nombreux cas, c’est la survie d’une activité professionnelle qui est en jeu.

Dominique Jambers est vétérinaire. En consultant ses factures, il constate qu’elles ont passé de 436 euros à 865 euros depuis le début de l’année.

"Le covid était une situation compliquée, qu’on pouvait comprendre et accepter. Mais la guerre en Ukraine, c’est une guerre dont le citoyen va payer les pots cassés." Pour ce professionnel, réduire sa consommation en électricité n’est pas toujours un choix : "Lorsque vous opérez un animal, vous le mettez dans une salle de réveil, il faut que celle-ci soit chauffée", explique-t-il. Il en appelle à une intervention du gouvernement.

Si on ne change rien, on va vers la catastrophe sociale

Même son de cloche du côté du secteur de l’alimentation. Alexandre Terlinden est l’administrateur délégué de Delitraiteur, qui compte 40 magasins.

L’avenir de ces commerces est en danger. Prenons l’exemple des factures d’un seul magasin : "Il est passé d’une facture de 1900 par mois en 2021 à 7000 par mois." Au total, le magasin paiera environ 80.000euros de gaz et électricité, alors que ses bénéfices sont aux alentours de 40 mille euros.

Pour Alexandre Terlinden, si le gouvernement n’agit pas, les 500 employés du groupe seront en danger : "Les entreprises comme la nôtre sont des projets de vie, des projets familiers et en Belgique il y a des dizaines de milliers d’entreprises dans la même situation. Si on ne change rien, on va vers la catastrophe sociale."

Ce fruiticulteur hésite à tout arrêter

Près de Tournai, Guillaume Mahieu, du verger du Barry, hésite à mettre la clé sous le paillasson. Dans son dépôt se trouvent actuellement 150 tonnes de poires.

"On stocke ici celles qu’on a récoltées hier et qu’on a mises en chambre froide. Tout ne va pas partir du jour au lendemain, parce qu’on a une surface de 18 hectares où on produit des pommes et des poires", explique-t-il.

Il sait que sa marchandise ne sera pas écoulée aux seuls mois de septembre et octobre : les chambres froides lui seront essentielles pour garder ses produits pour les écouler petit à petit jusqu’à la fin de la saison, qui pourrait se prolonger jusqu’en avril.

Même s’il a opté pour un système moins gourmand en électricité en 2021, aujourd’hui, il se demande si le jeu en vaut la chandelle. "En juillet, le montant de notre facture avait doublé par rapport de mars, alors qu’en juillet, on était en congé. En septembre, je m’attends à une facture faramineuse parce qu’il s’agit de la période où on rallume toutes les machines", affirme Guillaume Mahieu.

Selon les estimations du fruiticulteur, sa facture énergétique augmentera de 50 mille euros, sans possibilité qu’il ait la possibilité de la répercuter, car ce n’est pas lui qui décide du prix des produits. "On est pris en otage entre prix énergie et de vente."

Il hésite de plus en plus à mettre la clé sous le paillasson, même si cela se répercuterait sur les 25 équivalents temps plein qui travaillent avec lui.

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