Politique

Prix de l’énergie : "On a besoin d’un plan à la belge et de plafonner les prix", estime Catherine Fonck

L'invité de Matin Première

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05 oct. 2022 à 07:49Temps de lecture3 min
Par Estelle De Houck sur base de l'Invité de Matin Première de Thomas Gadisseux

"Les Engagés" estiment que la Belgique "n’est pas assez volontariste" face à la crise, contrairement à nos voisins. Rail, énergie, soins de santé… Explications avec Catherine Fonck, députée et cheffe de groupe "Les Engagés" à la chambre.

Face à ce "manque de volontarisme", Catherine Fonck évoque notamment la question des surprofits. "Est-ce que ça va changer la facture des gens et des entreprises ? La ministre dit que l’on va chercher les surprofits pour financer les mesures qui ont déjà été décidées par le gouvernement. Cela ne va rien changer sur la facture actuelle."

La cheffe de groupe "Les Engagés" estime par ailleurs que ces mesures sont mal ciblées : "Comme parlementaires, est-ce que vous trouvez normal, avec les revenus que l’on reçoit, d’avoir une TVA sur l’électricité à 6% ? Ou d’avoir un chèque mazout ?", lance-t-elle. "Les mesures prises depuis le début ont été allouées sans aucun discernement par rapport à cela."

La question des plafonnements est également mise sur la table par la députée. "Depuis le début, la ministre dit que plafonner le prix ne peut se faire qu’au niveau européen." Or, comme l’indique Catherine Fonck, il ne semble pas que cela puisse se faire à ce niveau. "On a besoin d’un plan à la belge et de plafonner le prix – nous proposons à 100 euros du mégawattheure – ce qui permet d’éviter de plonger des gens dans la précarité."

"Cela coûte, mais l’inaction coûtera beaucoup plus cher", lance la députée.

Prêt pour une nouvelle vague ?

Une nouvelle vague Covid se prépare en Belgique : le nombre de contaminations et d’admissions à l’hôpital est en augmentation. Alors, nos systèmes de soins de santé sont-ils prêts à assumer un nouveau choc éventuel ? "La priorité des priorités est d’avoir suffisamment de soignants formés. On a une pénurie au niveau des infirmiers", note la députée, qui parle de 6000 postes vacants (contre 4500 en 2019). Pour Catherine Fonck, la solution est de mettre en place un plan d’attractivité pour les infirmiers.

Le non-marchand est le secteur qui a été complètement abandonné par les différents gouvernements pendant la crise énergétique

À noter que la crise énergétique n’épargne pas non plus les hôpitaux. "Le non-marchand est le secteur qui a été complètement abandonné par les différents gouvernements pendant la crise énergétique. Il n’y a pas eu d’enveloppe, ni pour les hôpitaux, ni pour les maisons de repos, ni pour les crèches, ni pour les écoles…", confirme la députée.

Alors, pourraient-ils recevoir des enveloppes, comme en période de Covid ? "Le ministre Vandenbroucke me répond qu’il est en train d’examiner pour avoir une enveloppe supplémentaire", dénonce Catherine Fonck. "Donc ce que nous proposons, c’est de mettre en place une assimilation avec un tarif qui correspond au tarif social pour les structures du non-marchand. Et aussi qu’ils puissent bénéficier d’une TVA réduite à 6% sur l’électricité."

Grève du rail

L’élue soutient-elle la colère des travailleurs de la SNCB, en grève ce mercredi ? "Une grève, c’est toujours un échec, pour les travailleurs du rail mais aussi pour les navetteurs", commence Catherine Fonck. "Ceci étant, il y a une question qui est cruciale, et c’est bien que les cheminots l’apportent : est-ce qu’on veut, oui ou non, que le train soit demain une réelle alternative à la voiture ? Aujourd’hui je pense que ce n’est pas le cas."

Si le ministre Gilkinet a proposé un plan pour les dix prochaines années, Catherine Fonck reste méfiante. "J’adore les grandes déclarations d’amour du ministre Gilkinet pour le train, c’est très bien. Mais je veux des actes qui suivent", rétorque-t-elle.

Mais où trouver l’argent pour ces investissements, alors que les projections sont actuellement catastrophiques ? "réalité budgétaire est difficile", admet Catherine Fonck. Et le risque d’une augmentation du prix du ticket plane également… "Effectivement il y a cette annonce d’augmentation de 10%. Le ministre a annoncé la suppression du tarif préférentiel pour les familles nombreuses… Mais ça, ce n’est pas faire un vrai choix du rail."

"Dans le fameux plan de relance, tous niveaux de pouvoir confondus, est-ce que oui ou non il y a de nouveaux choix qui doivent être faits par rapport à cela ? Je lance ce signal au gouvernement : oui je pense qu’il y a des choses qui doivent pour être mises sur la table et qui permettraient alors de dégager des investissements majeurs pour l’avenir au niveau du rail", conclut la députée.

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