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Prix de vente très élevé et vitrine de Wallonie : le parc à grumes tire un bilan très positif pour ses 5 ans

Les grumes de 2023 exposées dans le Parc à Grumes.

© RTBF – Anaïs Stas

Il y avait foule le jeudi 22 février dans la forêt Domaniale de Freyr près de Mochamps, commune de Tenneville. Une cinquantaine de personnes se sont déplacées pour y célébrer les cinq ans du parc à Grumes de Wallonie. C’est là, qu’une fois par an, les plus belles grumes (troncs d’arbres) des forêts publiques de Wallonie sont exposées pour être vendues. Une vitrine des plus belles productions de nos forêts wallonnes.

Une cinquantaine de personnes ont fait le déplacement pour célébrer les excellents résultats du parc à grumes de Wallonie.
Une cinquantaine de personnes ont fait le déplacement pour célébrer les excellents résultats du parc à grumes de Wallonie. © RTBF – Anaïs Stas

Tout au long de l’année, les forêts sont prospectées, les arbres soigneusement sélectionnés. Ils sont ensuite abattus pour être disposés, alignés dans le parc à grumes courant du mois de décembre. Les acheteurs viennent scruter les grumes sous toutes les coutures avant de rendre leur offre de prix sous pli fermé. Cette année, la vente a eu lieu de 16 février. Les prix qui en ressortent sont nettement supérieurs à ceux pratiqués lors de vente plus traditionnelle, sur pied par exemple.

Sur les 81 grumes exposées, 66 sont des chênes.
Sur les 81 grumes exposées, 66 sont des chênes. © RTBF – Anaïs Stas

Des prix exceptionnels

Cernes d’un bois de chêne du parc à grumes.
Cernes d’un bois de chêne du parc à grumes. © RTBF – Anaïs Stas

90% des grumes exposées sont issues de chênes qui ont entre 200 et 250 ans. D’autres essences sont également présentes pour tester le marché. Cette année, on pouvait voir du chêne brogneux, de l’érable sycomore, du frêne, de l’orme et du châtaignier. Mais ce sont, de très loin, les vieux chênes indigènes qui se vendent le mieux. "Le fait de concentrer des grumes de grandes qualités dans un même endroit, de faire jouer la concurrence entre les acheteurs, de permettre aux acheteurs d’examiner le bois sous toutes les coutures permet, avec certitudes, de retirer le prix juste" détaille François Dewez du DNF et coordinateur du parc. Et ce prix "juste" est nettement supérieur au prix retiré lors de ventes plus classiques sur pied.

François Dewez du DNF et coordinateur du parc à grumes.
Sophie Himpens du DNF et coordinatrice du parc à grumes

"On est parfois surpris de la qualité de ces bois" ajoute Sophie Himpens du DNF, également coordinatrice du parc à grumes. "Quand ces bois sont vendus dans des lots sur pied, le prix est noyé dans la masse. A titre de comparaison, en vente sur pied, le prix moyen du mètre cube de chêne est compris entre 150 et 400 euros, ici le prix moyen était de 1700 euros du m³. On a donc vraiment du bois de très grandes qualités". Cette année, les prix de vente dans le parc à grumes ont battu tous les records, avec une augmentation du prix moyen de 30% par rapport à l’année passée. Un chêne est parti à un prix jamais obtenu jusqu’à présent, à 4394 euros du mètre cube, ce seul tronc est donc parti à près de 25.000 euros.

Le chêne plus que bicentenaire qui s’est vendu le plus cher. Il a comme caractéristique d’avoir des cernes très serrés.
Le chêne plus que bicentenaire qui s’est vendu le plus cher. Il a comme caractéristique d’avoir des cernes très serrés. © RTBF – Anaïs Stas

Et les forêts privées ?

Cette vente annuelle représente donc une très bonne affaire. Mais cette manne financière est, jusqu’à présent, uniquement accessible aux services publics (communes, CPAS, région etc.). Les exploitants de forêts privés n’y ont pas accès. Pourquoi ? Parce que la vente est gérée par le DNF qui est un service public réservé aux institutions publiques. Il y a donc un problème juridique. Le DNF ne peut pas travailler pour des privés. Les grumes exposées sont donc toutes issues de forêts publiques.

Une situation qui fait grincer des dents. Des propriétaires privés avaient d’ailleurs fait le déplacement pour faire entendre leur mécontentement. La ministre de l’environnement et de la forêt, Céline Tellier, également présente a tenu à rassurer les privés. "C’est une prochaine étape du développement du parc à grumes, l’ouvrir au secteur privé, des réflexions sont en cours". Aucune échéance n’a par contre été évoquée.

Chaque grume est étiquetée avec ses dimensions exactes et sa provenance.
Chaque grume est étiquetée avec ses dimensions exactes et sa provenance. © RTBF – Anaïs Stas

Le défi de valoriser localement

A ces prix très élevés, on ne retrouve pas d’acheteurs Chinois. "Ils viennent prospecter le marché plus classique pour trouver du volume. Ici, ce sont des acheteurs plus locaux, issus de la Grande Région" détaille François Dewez. Les 81 grumes ont été achetées par des Français et des Allemands. "Il y a surtout des trancheurs qui viennent pour fabriquer du contre-plaqué en chêne, et ça, les dernières usines de tranchages elles sont en Allemagne" précise François Dewez. Les acheteurs français étaient plutôt présents pour trouver de quoi fabriquer des tonneaux pour le vin. Il y a également des menuisiers, fabricants d’instruments de musique etc.

Les acheteurs belges se comptent sur les doigts d’une seule main. Les filières de valorisation de ces bois précieux ont disparu de notre pays. Les reconstruire pour relocaliser la production reste un immense défi encore à relever.

Grumes de chênes alignés.
Grumes de chênes alignés. © RTBF - Anaïs Stas

Parc à grumes fête ses 5 ans

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