Journal du classique

Procès de Jérôme Pernoo pour harcèlement et agression sexuelle : le parquet requiert deux ans de prison

© AFP / REMY GABALDA

Par Céline Dekock via

Le procès en correctionnelle du violoncelliste Jérôme Pernoo s’est déroulé le vendredi 26 mai dernier. Les plaignants, dont certains étaient mineurs au moment des faits, ont réitéré leurs accusations de harcèlement et d’agression sexuelle contre leur ancien professeur, accusations que ce dernier a rejetées en bloc. Le parquet, qui a requis deux ans de prison, a mis sa décision en délibéré au 26 septembre.

Quatre anciens élèves ont témoigné contre Pernoo

Début décembre, Jérôme Pernoo, 51 ans, avait été placé en garde à vue à Paris, au sein de la Brigade de protection des mineurs, à la suite de trois plaintes déposées par d’anciens élèves, pour des faits qui se seraient déroulés entre 2005 et 2016 pendant des stages ou des voyages à l’étranger. Des confrontations avaient eu lieu et le professeur avait nié toutes les accusations faites à son encontre. Fin 2022, un quatrième ancien élève de Jérôme Pernoo, le violoncelliste Bruno Philippe, qui lui avait jusqu’alors témoigné son soutien, avait décidé de sortir du silence et de déposer plainte contre Pernoo pour des "faits comparables".

C’est dans une ambiance pesante que s’est déroulé, ce vendredi 26 mai, le procès en correctionnelle du violoncelliste Jérôme Pernoo. L’ex-professeur, âgé de 51 ans aujourd’hui, est tout d’abord soupçonné d’agression sexuelle sur mineur. Les faits se seraient déroulés à Londres, en 2005, sur un élève à l’époque âgé de 14 ans. Ce dernier, aujourd’hui âgé de 32 ans, affirme que son professeur lui a "caressé le sexe par surprise alors qu’il était endormi dans son lit". Il considérait son professeur comme "son père substitution", ayant perdu son père très jeune.

Jérôme Pernoo est également soupçonné de harcèlement sexuel sur deux jeunes majeurs entre 2011 et 2016, un homme et une femme, en ayant instauré "un climat sexualisé dans le cadre de cours de musique", le premier affirmant qu’il lui a "touché [ses] parties génitales sous couvert de jeux" et la deuxième, "caressé la poitrine" lors d’une soirée.

Le violoncelliste et ancien professeur de 51 ans fait également l’objet d’une seconde plainte pour agression et harcèlement sexuels. Bruno Philippe, qui avait jusqu’alors témoigné son soutien à son ancien professeur, a déposé plainte contre ce dernier pour des faits d’agression sexuelle sur mineur par personne ayant autorité, à l’époque où le jeune homme avait entre 15 et 17 ans, et pour harcèlement sexuel, à une époque où il était majeur.

La violoncelliste, âgé de 30 ans aujourd'hui, a notamment expliqué que le prévenu avait entre autres "cherché à l’embrasser", lui avait "imposé diverses caresses" et envoyé "de nombreux messages d’amour".

Parole contre parole

Jérôme Pernoo, qui a été interrogé au début du procès, a nié en bloc toutes les accusations portées à son encontre. Interrogé sur des témoignages d’autres élèves décrivant une "banalisation de la proximité" pendant les cours, des "câlins", des "blagues à caractère sexuel", le prévenu a reconnu des "contrepèteries" dont il ne "donnait pas la chute" mais a nié toute "blague sexuelle", affirmant que "cette histoire de sexualisation des cours est complètement artificielle".

Enseignant au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris depuis 2007, Jérôme Pernoo a été suspendu puis licencié sans préavis ni indemnité en mai 2022, à la suite d’une enquête administrative et d’une procédure disciplinaire. Un licenciement qui a été confirmé en novembre 2022 par le Tribunal administratif de Paris.

À l’issue des auditions, qui se sont achevées tard dans la nuit du vendredi 26 au samedi 27 mai, le parquet a requis deux ans d’emprisonnement dont un de sursis probatoire contre Jérôme Perno. Le ministère public a également demandé une obligation de soins, l’indemnisation des parties civiles et l’interdiction d’exercer pour l’ancien professeur. La défense, qui estime cette peine "totalement disproportionnée", a plaidé la relaxe de l’ensemble des poursuites.

Le tribunal correctionnel de Paris a mis sa décision en délibéré au 26 septembre prochain.

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