Justice

Procès des attentats à Bruxelles : les avocats satisfaits que le procès puisse enfin vraiment commencer

Des avocates discutent dans la salle d'audience du bâtiment Justitia à Bruxelles, le 30 novembre 2022, avant le procès contre les neuf djihadistes présumés accusés d'avoir participé aux attentats-suicides de mars 2016.

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30 nov. 2022 à 10:30Temps de lecture2 min
Par Belga, édité par Anne Poncelet

Les avocats des accusés comme des parties civiles se montraient satisfaits mercredi matin à leur arrivée au Justitia, à Haren, pour l'audience de composition du jury populaire dans le cadre du procès devant la cour d'assises des attentats de Bruxelles commis en mars 2016. Les différentes équipes d'avocats de la défense se sont entendues pour avoir droit chacun à deux récusations de candidats-jurés.

Et je serai encore plus content si cela va jusqu'au bout"

"Finalement, ça commence!", a ainsi lancé Jonathan De Taye, avocat de Ali El Haddad Asufi, qualifiant cette journée d'"énième étape", mais d'"étape importante", dans le travail de défense de son client, lui qui était également poursuivi devant la cour d'assises de Paris. Il se dit par contre satisfait qu'il revienne à un jury populaire le soin de juger les accusés. "Et je serai encore plus content si cela va jusqu'au bout", glisse-t-il. 

Qualifiant le tirage au sort des jurés de "vogelpick", Adrien Masset, avocat de parties civiles, représentant l'association de victimes V-Europe, espère que l'on aboutira à un jury populaire "attentif" et à même de "supporter cette épreuve". Il estime toutefois que l'impact d'un procès aussi long et difficile sur les personnes concernées, y compris les jurés, n'a pas été suffisamment étudié.

Anthony Mallego, l'avocat de Sébastien Bellin, un ancien basketteur professionnel qui avait été blessé lors de l'attaque à l'aéroport de Bruxelles, s'attend d'ores et déjà à une longue audience de composition du jury, vu que quelque 700 candidats-jurés sont censés être présents mercredi matin. Il dit avoir toute confiance que l'on pourra aller jusqu'à la fin du procès avec un jury complet.

Nous craignons tous qu'il n'y ait pas assez de jurés pour un procès qui va durer si longtemps

"Nous craignons tous qu'il n'y ait pas assez de jurés pour un procès qui va durer si longtemps", a mis en garde Sébastien Courtoy, l'avocat de Smail Farisi, mercredi, à son arrivée au tribunal. 

La question de savoir si les 36 jurés qui seront tirés au sort seront suffisants apparaîtra clairement dans les mois à venir, selon Maître Courtoy. "Tout le monde a peur qu'il n'y en ait pas assez. Vous ne pouvez en perdre que 24, si vous avez un virus de la grippe ou le Covid par exemple, et ça va être intense ici. Normalement, ça devrait marcher, mais je ne suis pas vraiment à l'aise", a-t-il confié.

"Les conditions sont enfin réunies pour un procès équitable", a pointé, de son côté, Stanislas Eskenazi, l'avocat de Mohamed Abrini, surnommé "l'homme au chapeau" lors de l'attaque à l'aéroport de Bruxelles. Il faisait ici référence au nouveau box des accusés, dont la construction a nécessité le report du début des débats de près de deux mois.

De nombreux avocats de la défense notaient d'ailleurs que le box en question, dont ils n'ont vu que des photos jusqu'à présent, était un "copier-coller" de celui ayant servi lors du procès des attentats du 13 novembre 2015 à Paris. "C'est mieux que ce que nous avions avant", commente Xavier Carette, avocat de Ibrahim Farisi, qui, comme son frère Smail Farisi, comparait libre au procès.

"C'est ce qu'il aurait fallu faire dès le début. Le précédent était une aberration et nous avons été ridicules", a fustigé Me De Taye. "Maintenant, il est là et il faut aller de l'avant", a-t-il conclu.

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