Belgique

Procès des attentats de Bruxelles : le logeur Smail Farisi accusé d’avoir aidé les terroristes, mais acquittement requis pour son frère

© PaliX

Par Patrick Michalle

"Smail Farisi a mis la main dans un engrenage et a fini par accepter que ses aides puissent aider le groupe terroriste" dira le procureur avant de demander aux jurés de le condamner pour complicité en tant que participant à un groupe terroriste. Mais c’est pour ensuite conclure qu’il n’est à leurs yeux pas complice des assassinats et tentatives d’assassinats dans un contexte terroriste. Car rien dans le dossier ne permet de prouver sa culpabilité pour ces préventions les plus sévères. En conséquence, l’accusation a requis l’acquittement du "logeur" Smail Farisi pour les accusations les plus graves.

Concernant son frère, Ibrahim qui l’a aidé à déménager l’appartement le lendemain des attentats du 22 mars, rien ne permet de prouver qu’il savait que des terroristes avaient occupé l’appartement, raison pour laquelle, l’accusation a demandé aux jurés de l’acquitter au bénéfice du doute.

Smail Farisi n’était pas au courant du projet d’attentat

Pour l’accusation, si Smail Farisi a autorisé au départ Ibrahim El Bakraoui à occuper son appartement contre argent en ignorant son engagement terroriste, au fil du temps, il n’a pu que s’en rendre compte, notamment après les attentats de Paris. Et le procureur de pointer les dizaines de visites qu’il rendra à Ibrahim El Bakraoui entre décembre et mars 2016, quelquefois en compagnie d’Ali El Haddad Asufi : "des gens qui n’arrêtent pas de parler de la Syrie et du djihad et qui font jour et nuit leurs cinq prières alors que partout ailleurs en Belgique on parle des attentats dans tous les cafés" font que pour l’accusation, il est impossible de n’avoir rien capté.

Et pour lever les derniers doutes, la fusillade de la rue du Dries et quelques jours plus tard l’arrestation de Salah Abdeslam, n’ont pu que renseigner Smail Farisi sur l’implication des frères El Bakraoui car à cette date, leurs photos sont apparues dans un journal avec l’information qu’ils étaient impliqués dans les attentats de Paris. Et le procureur d’ajouter que s’il est convaincu que Smail Farisi n’a jamais voulu tuer personne, il doit bien constater qu’à aucun moment, l’accusé n’a pris ses distances avec ceux dont il a fini par découvrir qu’ils étaient bel et bien des terroristes. Smail Farisi à ce propos dira aux enquêteurs : "j’y vais pour les faire sortir" après la fusillade de la rue du Dries, ce qu’ils finiront par faire le 22 mars… Sauf "qu’il a continué à aider le groupe en livrant des pizzas" rappelle le procureur. Et même le 22 mars, lorsqu’il découvre le visage de Khalid El Bakraoui à la télévision poussant un chariot à l’aéroport : "toute personne aurait couru à la police, mais pas lui". Au lieu de cela poursuit le procureur, " il déménage la rue des casernes, c’est un nouvel acte de participation, il couvre ainsi les terroristes et détruit les preuves comme le sac à dos. Tout est fait pour rendre l’enquête plus compliquée ". Pour l’accusation, contrairement à son frère, il existe donc suffisamment d’éléments au dossier pour déclarer Smail Farisi coupable de complicité de participation à un groupe terroriste.

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