Justice

Procès des attentats de Bruxelles : qui sont les accusés ?

Salah Abdeslam est l’un des 10 accusés du procès.

© Palix

11 sept. 2022 à 18:00 - mise à jour 02 déc. 2022 à 08:59Temps de lecture11 min
Par Stéphanie Lepage

Dix hommes vont prendre place sur le banc des accusés lors du procès des attentats de Bruxelles. Tous sont renvoyés devant les assises de Bruxelles pour assassinats, tentatives d’assassinat et participation aux activités d’un groupe terroriste pour les faits commis tant à Zaventem qu’à Maelbeek le 22 mars 2016. Selon le ministère public, l’objectif des présumés terroristes était de commettre des attentats coordonnés et simultanés. "De sorte que les différentes cibles visées doivent être analysées comme une scène unique d’attentats". "Chacun des accusés est coauteur de l’ensemble des faits" peut-on lire dans l’acte d’accusation.

Les profils et implications des dix accusés diffèrent néanmoins. Qui sont-ils ? Que leur reproche-t-on ? Présentation du box.

1. Oussama Atar, le dirigeant

Oussama Atar, combattant du groupe terroriste état islamique, est à la tête de la cellule djihadiste qui a frappé Paris et Bruxelles.
Oussama Atar, combattant du groupe terroriste état islamique, est à la tête de la cellule djihadiste qui a frappé Paris et Bruxelles. © Tous droits réservés

Son parcours : Oussama Atar naît et grandit à Bruxelles où il termine son parcours scolaire par une 5ème année technique. Dans la foulée, en 2003, il part en Syrie. Après avoir combattu dans un groupe appartenant à la mouvance d’Al Qaïda, il est incarcéré en Irak. En prison, il côtoie un certain Abou Bakr Al Baghdadi. A Bruxelles, ses proches et même certains élus manifestent pour son rapatriement alors qu’il connaît des problèmes médicaux. Il est finalement libéré en 2012 et revient en Belgique. "Il était à fond dans ses idées radicales" déclare à la police Ali El Haddad Asufi à son propos. Il rend de nombreuses visites à ses cousins germains qui ne sont autres que les frères El Bakraoui, les deux kamikazes du 22 mars. Oussama Atar aurait joué un rôle essentiel dans leur radicalisation. En 2013, il retourne en Syrie et rejoint le groupe terroriste Etat islamique aux rangs duquel il occupe une place importante.

Son rôle dans les attentats de Bruxelles : Selon le parquet, il est à la base de la création de la cellule terroriste qui a frappé le sol européen. Depuis la Syrie, il a rassemblé des hommes de confiance et dirigé les attentats.
Dans plusieurs enregistrements audios, retrouvés dans l’ordinateur de la planque de la rue Max Roos à Schaerbeek, les membres du commando lui demandent des conseils et des instructions. A l’image de cette phrase prononcée par Najim Laachraoui, le troisième kamikaze du 22 mars, dans un enregistrement audio : "Ça reste toi l’émir tu vois ? C’est toi qui décides".

Oussama Atar sera l’unique absent dans le box des accusés. En avril 2019, sa mort est annoncée par le groupe terroriste Etat islamique. Mais, en l’absence de preuves, les poursuites à son encontre ne peuvent pas être éteintes.

Ils renoncent à passer à l’acte

2. Mohamed Abrini, l’homme au chapeau

Mohamed Abrini alias l’homme au chapeau.
Mohamed Abrini alias l’homme au chapeau. © Tous droits réservés

Son parcours : Il grandit à Molenbeek-Saint-Jean. Sa famille est voisine des Abdeslam. Son parcours scolaire est difficile. Il arrête ses études à 18 ans et fait des petits boulots. Attiré par l’argent et les casinos, il entre dans l’âge adulte par la délinquance. "Je tapais des coffres dans toute la Belgique, même en dehors" déclarera-t-il à la police. Dès 2003, il fait plusieurs séjours en prison. Il commencerait à s’intéresser à la religion en 2014 et confie aux policiers que "des choses se passent dans le monde et il y avait des messages, des vidéos de l’Etat islamique, le Coran, le djihad. Le djihad fait partie de la religion comme la prière, le jeûne". En août 2014, il perd son petit frère qui est tué en Syrie. Mohamed Abrini y passera une dizaine de jours au début du mois de juillet 2015. Il participe aux préparatifs logistiques des attentats de Paris avec Salah Abdeslam et fait partie du "convoi de la mort" qui chemine vers la capitale française la veille des attaques. Il rentre à Bruxelles dans la nuit du 12 au 13 novembre 2015. Recherché dès le 14 novembre, il entre en clandestinité et se cache dans les différentes planques bruxelloises.

Son rôle dans les attentats de Bruxelles : Le belgo-marocain devait se faire sauter à Brussels airport le 22 mars. "Tout le monde était prévu. Si vous êtes dans les planques, c’est que vous étiez prévus pour les attaques " expliquera-t-il à la police. Mais l’homme au chapeau renonce. Après la première explosion dans le hall des départs, il abandonne son chariot explosif et prend la fuite. Il sera arrêté le 8 avril 2016.
Son ADN est retrouvé dans toutes les planques du groupe. Notamment celle où ont été fabriqués les explosifs.

3. Osama krayem, le suédois

Osama Krayem, combattant du groupe terroriste Etat islamique en Syrie.
Osama Krayem, combattant du groupe terroriste Etat islamique en Syrie. © Tous droits réservés

Son parcours : Né de parents syro-palestiniens, le jeune garçon grandit en Suède dans le quartier de Rosengard, à forte densité d’immigrés. Très sportif, il se distingue au football. Il termine ses études secondaires et suit une formation en construction. Il travaille ensuite pour la ville de Malmö. Il ne manifeste alors aucun signe de radicalisation. Son casier judiciaire est vierge. En 2013, il se radicalise sur internet. En 2014, alors âgé de 22 ans, il part en Syrie. "Je suis parti dans l’intention d’aider car la famille de mon père habite en Syrie et en voyant ce qui se passait là-bas aux infos, j’ai eu envie d’aller les voir. Par la suite, j’ai rejoint les rangs de l’Etat Islamique pour faire la guerre car c’était plus simple de combattre pour eux". Il apparaît notamment sur la vidéo de l’exécution d’un pilote jordanien capturé par le groupe terroriste état islamique et brûlé vif. Il quitte la Syrie en septembre 2015 et est pris en charge par Salah Abdeslam qui l’emmène à la planque de la rue du Fort à Charleroi. Le 13 novembre 2015, jour des attentats de Paris, il se rend à Schipol aux Pays-bas avec Sofien Ayari mais tous deux rentrent ensuite à Bruxelles. Dans l’ordinateur retrouvé rue Max Roos se trouve un dossier "13 novembre" contenant des sous-dossiers baptisés "Groupe Omar", "Groupe français", "Groupe iraquiens", "Groupe métro" et groupe "Schiphol".

Son rôle dans les attentats de Bruxelles : L’ex combattant de Daesh était, lui aussi, prévu dans les attaques du 22 mars. Ce matin-là, à 8h19, il quitte la planque de l’avenue des casernes avec Khalid El Bakraoui. Ce dernier s’engouffre dans la station de métro Pétillon en vue de se faire exploser. Osama Krayem, lui, fait demi-tour. Il rentre à l’appartement d'Etterbeek où il verse tout le TATP dans la toilette. Il est arrêté le 9 avril 2016.
Son ADN est retrouvé dans la majorité des caches du groupe. N’étant pas connu des services de police belges, il sortait régulièrement faire des courses pour ravitailler le commando. Il avait également acheté des objets qui sont en liaison étroite avec la fabrication du TATP ainsi que les sacs à dos qui permettront de transporter les charges explosives.

Arrêtés avant les attaques

4. Salah Abdeslam

Salah Abdeslam est arrêté quelques jours avant les attaques de Bruxelles.
Salah Abdeslam est arrêté quelques jours avant les attaques de Bruxelles. © Tous droits réservés

Son parcours : Il naît de parents d’origine algérienne et de nationalité française mais il grandit à Molenbeek-Saint-Jean. Le jeune homme termine ses secondaires et est engagé à la Stib comme technicien. Dans son quartier, il fréquente Abdel Hamid Abaaoud et prend le chemin de la délinquance et de la prison. C’est via son frère Brahim, parti en zone irako-syrienne, que Salah Abdeslam se serait radicalisé. Sa fiancée a expliqué aux enquêteurs qu’il avait une fois exprimé qu’il se "sentait lâche de faire sa vie ici alors que des frères sont en train de mourir là-bas". Avant les attaques de Paris, il facilite le rapatriement de plusieurs djihadistes venus de Syrie. Il loue les véhicules qui ont permis d’acheminer le commando terroriste vers la ville lumière et loue les appartements à partir desquels les kamikazes sont partis. Il dépose 3 membres du commando au Stade de France. Il est lui-même porteur d’une ceinture explosive dont il se débarrasse finalement. Il rentre à Bruxelles dans la nuit du 13 au 14 novembre 2015 et rejoint la planque de la rue Henri Bergé où se trouvent, notamment, les 3 futurs kamikazes du 22 mars 2016.

Son rôle dans les attentats de Bruxelles : Il fait partie de ce nouveau groupe qui envisage, après Paris, de nouvelles cibles et prépare de nouveaux attentats. Dans une lettre retrouvée dans l’ordinateur de la rue Max Roos, et qui lui est attribuée, il écrit : "Allah m’a sauvé de ces kouffars et j’ai réussi à rejoindre le reste des frères car il y avait un défaut dans ma ceinture. J’ai conclu que la meilleure chose à faire, c’était de finir le travail ici avec les frères ". Il me faut combattre les ennemis d’Allah de toutes mes forces, afin qu’ils cessent de bombarder nos frères et sœurs dans les pays musulmans ".
Son ADN et ses empreintes sont retrouvées dans plusieurs planques. Le 15 mars 2016, il est caché rue du Dries à Forest avec Sofien Ayari et Mohammed Belkaid quand ils sont délogés par la police. Il réussit à s’enfuir mais est finalement arrêté le 18 mars.

5. Sofien Ayari, le tunisien

Sofien Ayari, tunisien, lors du procès de la rue du Dries à Bruxelles.
Sofien Ayari, tunisien, lors du procès de la rue du Dries à Bruxelles. © Palix

Son parcours : Sa famille est originaire de Tunis. Il aurait obtenu le bac dans l’enseignement secondaire technique. Selon les déclarations de sa famille, il aurait changé à partir de 2013. Il ne fréquente plus les cafés, se met à prier avec assiduité, porte le khamis et se laisse pousser la barbe. En décembre 2014, il quitte la Tunisie pour la Syrie où il rejoint les rangs du groupe terroriste Etat islamique, selon des renseignements policiers. Il semble avoir été gravement blessé car il porte plusieurs cicatrices importantes au niveau du cou, de la joue, du ventre, de la jambe. Il quitte la Syrie mi-septembre 2015 et traverse l’Europe parmi les migrants avec le suédois Osama Krayem. Arrivé à Ulm en Allemagne, il téléphone à Salah Abdeslam pour venir les chercher. Le 13 novembre 2015, jour des attentats de Paris, il se rend à Schipol aux Pays-bas avec Osama Krayem mais tous deux rentrent le lendemain à Bruxelles. Dans l’ordinateur retrouvé rue Max Roos se trouve un dossier "13 novembre" contenant des sous-dossiers baptisés "Groupe Omar", "Groupe français", "Groupe iraquiens", "Groupe métro" et groupe "Schiphol".

Son rôle dans les attentats de Bruxelles : Comme Salah Abdesalm, Sofien Ayari est délogé de la rue du Dries à Forest le 15 mars 2016, prend la fuite et sera arrêté 3 jours plus tard. Il prétend donc qu’il n’a pas participé aux attentats de Bruxelles au motif qu’il était détenu. Néanmoins, selon l’accusation, le mouvement auquel il a contribué était lancé bien avant le 15 mars. Au retour de Schiphol, Sofien Ayari retrouve les coordinateurs et survivants des attentats de Paris. Il partage le quotidien du commando et ses préparatifs jusqu’à son arrestation.

Les logisticiens

6. Ali El Haddad Asufi

Ali El Hadda Asufi, grand ami d’Ibrahim El Bakraoui, travaillait à l’aéroport international de Bruxelles.
Ali El Hadda Asufi, grand ami d’Ibrahim El Bakraoui, travaillait à l’aéroport international de Bruxelles. © Tous droits réservés

Son parcours : Belgo-marocain, il grandit en région bruxelloise. Il fait part d’une enfance heureuse bien qu’il perd son père à l’âge de 6 ans. Son parcours scolaire s’achève en 5ème humanité technique. C’est à l’école qu’il devient ami avec Ibrahim El Bakraoui, futur kamikaze de l’aéroport. Sportif, il pratique le football et la boxe. Il travaille quelques années comme chauffeur livreur indépendant et puis, sur le site de Brussels airport. Il amène les repas préparés jusqu’aux avions. Il se décrit comme quelqu’un de joyeux qui aime sortir, fréquenter les bars à chicha et les cafés. Son casier est vierge.

Son rôle dans les attentats de Bruxelles : Ami proche d’Ibrahim El Bakraoui, il lui rend visite à de nombreuses reprises et notamment dans les mois qui précèdent les attaques de Paris et Bruxelles.
En octobre 2015, il lui trouve même un studio, avenue des casernes à Ixelles, via un ancien ami d’école nommé Smail Farisi. Il y passe régulièrement et amène parfois des pizzas. Il servirait aussi de chauffeur à plusieurs reprises.
L’enquête révèle qu’Ali El Hadda Asufi aurait également aidé Ibrahim El Bakraoui dans la recherche d’armes, via les contacts qu’a son cousin avec des trafiquants d’armes néerlandais. Faits qu’il nie. S’il reconnaît avoir aidé son ami Ibrahim El Bakraoui, à l’exception du trafic d’armes, il déclare n’avoir jamais agi dans le but de participer aux activités d’un groupe terroriste.

7. Bilal El Makhoukhi, le blessé de guerre

Bilal El Makhoukhi, déjà condamné en 2015 lors du procès Sharia4Belgium.
Bilal El Makhoukhi, déjà condamné en 2015 lors du procès Sharia4Belgium. © Tous droits réservés

Son parcours : Belgo-marocain, il grandit dans le quartier Anneessens puis des Marolles à Bruxelles. Il change plusieurs fois d’établissements secondaires. Il ne termine pas sa 7ème année de qualification. Il fait des petits boulots mais n’a jamais d’emploi fixe. Quand il a une vingtaine d’années, il se rapproche de la religion et des milieux radicaux. C’est à l’époque où plusieurs jeunes partent en Syrie, notamment sous l’influence du groupe Sharia4Belgium. Bilal El Makhouki partira, lui, en octobre 2012 sans avertir sa famille. Il y rencontre notamment Abdel Hamid Abaaoud et participe à des combats. Blessé par un sniper, il revient en Belgique fin 2013 et doit être amputé sous le genou droit. Il est incarcéré à Bruges puis libéré sous conditions. En 2015, il est condamné par le tribunal correctionnel d’Anvers pour avoir participé aux activités d’un groupe terroriste. Après quelques mois de prison, il est placé sous bracelet électronique. On lui enlève le 15 mars 2016.

Son rôle dans les attentats de Bruxelles : L'homme fréquente les appartements conspiratifs à plusieurs reprises, notamment encore le 15 et 21 mars 2016. Il éteint son téléphone à des moments clés, notamment quand il fréquente la planque de la rue Max Roos.
Il est le grand ami d’Hervé Bayingana Muhirwa à qui il va demander de mettre son studio de la rue de Tivoli à Laeken à disposition pour loger différents membres de la cellule.
Enfin, les armes non utilisées par le commando de Bruxelles et devant servir ultérieurement à "d’autres frères qui veulent travailler" lui auraient été confiées. Il nie cette affirmation. Pourtant, la sûreté de l’Etat a surpris les propos suivants de Mohamed Abrini à Medhi Nemmouche en prison : Laachraoui a laissé les armes à "Abou Imrane. Et tu sais c’est qui ? C’est celui qui a été arrêté avec une jambe en moins […] Makhoukhi".

Les hébergeurs

8. Hervé Bayingana Muhirwa, logeur de Laeken

 

Son parcours : Il grandit au Rwanda, avec un exil momentané en Ouganda durant le génocide. A 13 ans, il rejoint sa mère en Belgique, partie un an plus tôt. Il obtient la nationalité belge à 16 ans. La famille emménage à Laeken, c’est là qu’il fait a connaissance de Bilal El Makhoukhi. Il obtient son diplôme d’études secondaires. Il se convertit à l’Islam en 2011. Il fait la connaissance de Najim Laachraoui, kamikaze du 22 mars, avant que celui-ci ne parte en Syrie.
Il décroche un diplôme de comptable dans un institut de promotion sociale mais n’arrive pas à trouver de travail adapté à sa qualification. Fin 2013, son ami Bilal El Makhoukhi revient blessé de Syrie. Il l’aide en le conduisant notamment à plusieurs reprises à son procès à Anvers. En 2015, il fait de plus en plus de recherches sur le groupe terroriste Etat islamique sur son ordinateur et visionne des vidéos de propagandes, dont des exécutions ou des opérations martyres.

Son rôle dans les attentats de Bruxelles : Il a hébergé Mohamed Abrini et Osama Krayem dans son appartement du numéro 33 de la rue de Tivoli à Laeken avant et après le 22 mars. Osama Krayem y est resté 17 jours après les attaques. Hervé Bayingana Muhirwa est interpellé en sa compagnie le 9 avril 2016.

9. Smail Farisi, logeur d’Etterbeek

Son parcours : Il grandit à Anderlecht et qualifie son enfance d’heureuse. Il rencontre Ibrahim El Bakraoui sur les bancs de l’école secondaire et devient son ami. Il est également en classe avec Ali El Haddad Asufi. En 2003, il termine ses études secondaires de technicien en informatique mais n’a jamais travaillé. Il est dépendant au jeu et à l’alcool. Il vit du chômage et puis du CPAS, qui en 2015 l’aide à louer un studio avenue des casernes à Etterbeek.

Son rôle dans les attentats de Bruxelles : À la demande de son copain d’école Ali El Haddad Asufi, il sous-loue son appartement d’Etterbeek à son autre ami d’école Ibrahim El Bakraoui. Celui-ci s’y installe le 4 octobre 2015. Smail Farisi y passe régulièrement.
Il y côtoie notamment Mohammed Bakkali le 18 novembre 2015. Celui-ci est arrêté le 26 novembre dans le cadre des attentats de Paris. Malgré cela, Smail Farisi laisse les frères El Bakraoui vivre dans son studio. Idem après la parution dans la presse des photos des frères El Bakraoui le 16 mars 2016, Smail Farisi continue de venir au studio où il apporte boissons et nourriture, descend les poubelles…
Plusieurs membres du commando y seront logés tour à tour. C’est de là que sont partis les deux kamikazes du métro, Osama Krayem et Khalid El Bakraoui, le matin du 22 mars.
Après les attaques, il prend la décision de vider entièrement le studio et de mettre fin à la location. Il élimine ainsi de nombreuses preuves. Il comparaît libre au procès des attentats de Bruxelles. 

10. Ibrahim Farisi, le petit frère

Son parcours : Il grandit à Anderlecht et juge l’entente familiale "excellente". Il devient un temps chauffeur de taxi. Il travaille ensuite comme médiateur à l’accueil d’un CPAS. Il est pour l'instant sans emploi.

Son rôle dans les attentats de Bruxelles : Il aide son frère Smail à nettoyer et vider l’appartement conspiratif de l’avenue des casernes à Etterbeek. Il emporte des effets appartenant aux membres du commando terroriste et fait ainsi disparaître de nombreuses preuves avant l’arrestation de Mohamed Abrini et d’Osama Krayem. Selon certaines déclarations, la situation aurait fait l’objet d’une discussion au sein de la famille Farisi. Il semble que la solidarité familiale ait joué un rôle important.
Ibrahim Farisi a déclaré tout ignorer de la nature de l’occupation de l’appartement et des raisons pour lesquelles il convenait de la vider dans la précipitation.

Il est poursuivi pour participation aux activités d’un groupe terroriste mais pas pour les faits d’assassinats et de tentatives d’assassinats terroristes. Libéré sous conditions le 16 novembre 2016, il comparaît libre aux procès des attentats de Bruxelles.

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