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Procès des attentats de Paris : Salah Abdeslam, la peine de sûreté incompressible, l'enjeu de la plaidoirie de ses avocats

24 juin 2022 à 10:32 - mise à jour 25 juin 2022 à 08:01Temps de lecture2 min
Par Patrick Michalle

Pour Olivia Ronen, l'avocate de Salah Abdeslam, on ne peut requérir la mesure de sûreté "incompressible" dans ce dossier que pour les tirs contre les policiers au Bataclan et cela pour des raisons de qualification juridique.

Condamner Salah Abdeslam de la même manière qu’il se soit désisté ou non en s'abstenant de faire exploser sa ceinture ou en tirant sur des policiers, c’est envoyer le signal que peu importe ce qu’on fait, la sanction sera la même. Dès lors dans le futur, elle laisse entendre que ce serait une incitation à ne plus reculer dans un projet terroriste, "foutu pour foutu…".

Olivia Ronen – avocate de Salah Abdeslam
Olivia Ronen – avocate de Salah Abdeslam PaliX

"Vous n’avez pas vu cette armure se fissurer ?" s’étonne par la suite l’avocate, s’adressant aux avocats généraux : "il a fini par admettre que l’histoire du 13 novembre s’est inscrite avec le sang des victimes et leur a demandé pardon".

"On réclame la même sanction pour Salah Abdeslam que pour le commanditaire Oussama Attar" s’indigne-t-elle encore indiquant que les peines incompressibles, c’est pour de dangereux criminels psychopathes irrécupérables à l’exemple de Fourniret, et en droit cette disposition sécuritaire n’est pas conçue comme un cran supplémentaire dans l’échelle des peines comme semble le requérir l’accusation lors de ce procès.

Dans sa défense de Salah Abdeslam l'avocate indique que sur cette question, ses avocats iront "jusqu'au bout", ce qui laisse entendre la volonté d'épuiser toutes les voies de recours possibles en France et sur le plan européen.

S’adressant pour terminer aux juges, elle leur a demandé simplement "d’appliquer le droit".

Martin Vettes, avocat de Salah Abdeslam
Martin Vettes, avocat de Salah Abdeslam PaliX

Son confrère, Martin Vettes dans la première partie de la plaidoirie avait souligné le fait que Salah Abdeslam ne savait pas tout, en raison du cloisonnement qui caractérise la préparation d’actions terroristes. Et qu’il n’était pas "la boîte noire" qui allait forcément tout révéler sur ces attentats lors du procès.

Pour lui, imaginer que Salah Abdeslam savait tout ce qui se préparait est un non-sens car contrairement à ce qu’affirme l’accusation pour qui le cloisonnement, c’est "une tarte à la crème" commode pour taire ce qu’on ne veut pas révéler, les experts contre le terrorisme de la DGSI ont bien évoqué des " réseaux très cloisonnés ". Et cela pour garantir notamment qu’en cas d’arrestation d’un des membres, le projet terroriste puisse être mené à bien.

"Juger, bien juger demande du courage, beaucoup de courage dans un dossier comme celui-ci" a-t-il indiqué faisant référence à la pression inévitable qui s'exerce dans un procès qui a généré autant de souffrances que celui des attentats du 13 novembre. Puis de revenir sur le caractère secondaire du décorum: "Nous avons mené un procès dans une belle salle, mais au final la justice n’est belle que lorsqu’elle est bien rendue"

Après une dernière audience réservée aux dernières déclarations des accusés, le verdict sera rendu mercredi 29 juin au plus tôt à 17 heures.

Suivez en direct le fil de l’audience

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