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Procès des attentats de Paris : Abdeslam passera sa vie en prison, la plus lourde peine prévue par le code pénal français

Verdict procès attentats de Paris: réclusion à perpétuité pour Abdeslam

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30 juin 2022 à 01:13 - mise à jour 30 juin 2022 à 05:17Temps de lecture3 min
Par Patrick Michalle

Deux enseignements se dégagent du verdict prononcé mercredi soir par la cour d’assises spéciale de Paris. D’abord, sa sévérité à l’égard des deux figures emblématiques de ce procès, Salah Abdeslam, l’unique survivant du commando de Paris et Mohamed Abrini, "l’homme au chapeau" aperçu fuyant à Zaventem en 2016. Rappelons que la même cellule terroriste est à l’origine des attentats de Paris et de Bruxelles.

Dans les deux cas, la cour a suivi les réquisitions du parquet national antiterroriste (PNAT) en condamnant le premier à la réclusion à perpétuité assorti d’une période de sûreté incompressible. Et le second à la perpétuité avec une période de sûreté de 22 ans. Observons que pratiquement toutes les préventions retenues par l’accusation ont été déclarées établies par la cour, la version du désistement de Salah Abdeslam " par humanité " ayant été écartée au profit de celle de la ceinture défectueuse.

Pour Mohamed Abrini, la cour retient bien le désistement suivi du départ "précipité " de Paris la veille des attentats. Mais la cour estime qu’il était au courant de tout ce qui se préparait et n’a rien entrepris pour l’empêcher. Que du contraire en rejoignant la cellule terroriste après les attentats de Paris. Raison de sa condamnation à perpétuité comme complice des assassinats commis à Paris avec une période de sûreté de 22 ans, ce qui correspond aux réquisitions du PNAT.

Les accusés au moment du verdict
Les accusés au moment du verdict PaliX

Pas de réclusion à perpétuité pour trois accusés

En revanche, les autres accusés s’en sortent mieux comme Mohamed Bakkali, qui comme logisticien principal de la cellule terroriste dans la préparation des attaques de Paris échappe à la perpétuité pourtant requise par le PNAT. Même constat en ce qui concerne Osama Krayem et Sofien Ayari qui se voient condamnés à une peine de 30 ans de prison assortie d’une période de sûreté des deux tiers. Mais ils échappent tous à la réclusion à perpétuité.

Peines modérées sans retour par la case prison

Constat assez similaire en ce qui concerne les "petits accusés" de ce procès pour lesquels les éléments à charge étaient parfois ténus en ce qui concerne la qualification terroriste. Si Ali Oulkadi et Hamza Attou sont reconnus coupables de recel de terroriste pour avoir aidé Salah Abdeslam dans sa cavale, ils ne retourneront pas en prison, étant condamnés respectivement à cinq ans pour Oulkadi avec un sursis de trois ans et à quatre ans pour Attou avec un sursis de deux ans. Dans les deux cas, ils sont libres tout comme Abdellah Chouaa, condamné à quatre ans de prison dont trois avec sursis.

Enfin Farid Kharkarch, l’intermédiaire dans la fourniture des faux papiers s’en tire avec une peine de deux ans de prison et voit sa qualification "terroriste" tomber au profit d’une simple association de malfaiteurs de droit commun, les faits étant qualifiés d’escroquerie.

S’ajoute à cela la condamnation de Mohamed Amri à 8 ans d’emprisonnement assortie d’une période de sûreté de deux tiers de la peine, ce qui signifie qu’en fonction de sa période de détention préventive, il serait libérable selon son avocat d’ici une dizaine de jours.

Au total, cinq accusés de ce procès ne devront donc plus séjourner en prison.

Yassine Atar et Ali El Haddad Asufi, assistance aux terroristes

Quant à Yassine Atar, condamné à 8 ans avec une période de sûreté des 2/3 et Ali El Haddad Asufi, condamné à 10 ans avec la même période de sûreté, la cour a considéré qu’ils ne pouvaient ignorer ce qui se tramait en matière d’attaques terroristes à Paris. L’un par sa connivence avec son frère et ses cousins, les frères El Bakraoui, l’autre par sa proximité avec ces mêmes frères El Bakraoui qui se retrouvent à toutes les étapes de préparation des attentats tant de Paris que de Bruxelles. Plusieurs éléments matériels permettent de démontrer qu’ils ont pris une part active dans le processus en apportant une assistance aux terroristes de Paris. Eux aussi devront calculer étroitement l’éventuel intérêt de faire appel compte tenu du temps de la peine restant à purger et des risques encourus lors d’un nouveau procès d’assises.

Lourdes peines pour les absents au procès

Concernant les accusés non présents au procès, de lourdes peines ont été prononcées en raison de leur participation en qualité de commanditaire ou complices des attentats de Paris. C’est le cas d’Oussama Atar, qui est condamné à la réclusion à perpétuité, avec une période de sûreté incompressible, tout comme les frères Clain, les propagandistes attitrés de Daesh. L’artificier de Daesh, Ahmad Alkhald, ainsi que le passeur Obeida Aref Dibo, ont également été condamnés à la même peine.

Quant à Ahmed Dahmani, seul accusé absent dont on sait qu’il est en vie, il purge toujours une peine de prison en Turquie, la justice française le réclame pour sa participation dans les attentats de Paris. Dans l’attente de l’exécution de ce mandat d’arrêt, la cour l’a condamné à 30 ans d’emprisonnement. Jugé par défaut, il devrait faire appel et faire l’objet d’un autre procès.

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