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Projet immobilier Brouck’R suspendu : Pascal Smet va rencontrer les promoteurs et proposer trois options

Le projet prévoit une démolition et reconstruction d’un hôtel, de logements, de bureaux et de commerces, place De Brouckère.

Quelles options sur la table pour éviter que le vaste chantier Brouck'R aujourd'hui à l'arrêt place De Brouckère ne devienne un chancre? Trois sont à l'étude et feront l'objet d'une rencontre avec le promoteur immobilier, a indiqué lundi le secrétaire d'Etat à l'Urbanisme Pascal Smet, interpellé au Parlement bruxellois.

Le projet Brouck'R, porté par les promoteurs BPI Real Estate et Immobel et qui vise à démolir un ensemble d'immeubles puis construire des logements, un hôtel, des bureaux et des commerces (38.000 mètres carrés au total) a été suspendu suite à un arrêt récent du Conseil d'Etat saisi par des riverains et des associations de défense du patrimoine. Chantier suspendu mais déjà entamé, puisque ne restent sur place que les façades des bâtiments autour du cinéma UGC. Chantier suspendu mais permis pas encore annulé par le Conseil d'Etat. Dès lors, le site risque-t-il de rester en l'état pendant de longues années, le temps que la juridiction se prononce?

Ce n'est pas une situation souhaitable

Pour Pascal Smet (One.brussels-Vooruit), interpellé par plusieurs députés (Geoffroy Coomans de Brachène, Isabelle Pauthier, Céline Frémault, Marie Nagy...), pas question non plus de ne rien faire. Il annonce une rencontre prochaine avec les promoteurs immobiliers.

"Que va-t-il se passer désormais? Il y a trois options", indique Pascal Smet, secrétaire d'Etat à l'Urbanisme. "Le promoteur et la Région ont dit - et c'est normal de faire ainsi - qu'ils demandaient la poursuite des procédures devant le Conseil d'Etat. Dès lors, soit le Conseil d'Etat se prononce en annulation et cela peut encore durer très longtemps et ce n'est pas une situation souhaitable. Autre option théorique: la Région retire le permis et elle redélivre un permis mieux motivé comme le Conseil d'Etat le demande. Et par conséquent, le chantier peut se poursuivre."

Troisième option, ajoute Pascal Smet, "le promoteur adapte ses plans et introduit ses plans adaptés. La Région les analyse et délivre alors un permis adapté. Ce sont les trois options théoriques. Laquelle sera choisie? Cela dépendra d'une conversation que je vais avoir avec le promoteur à court terme."

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Pascal Smet le rappelle: le chantier ne peut pas se poursuivre. Sauf, en cas d'urgence. Il s'oppose également aux critiques relatives au lancement d'une démolition rapide alors que le promoteur savait que le Conseil d'Etat analysait un recours en suspension.

Des démolitions malgré l'arrêt du Conseil d'Etat

"Ils n'ont pas réalisé la démolition rapidement. Ils avaient le droit de la faire", indique Pascal Smet. "Le promoteur avait un permis. Tant que que le Conseil d'état ne se prononçait pas, il pouvait démolir. La procédure d'extrême urgence n'a pas non plus été invoqué (NDLR: par les plaignants)."

Ensuite, enchaîne, le secrétaire d'Etat, "le promoteur a respecté l'arrêt du Conseil d'Etat. Après l'arrêt, il y a eu encore quelques jours où le chantier s'est poursuivi, mais pour des raisons simples. Il y avait un bâtiment problématique supplémentaire qu'ils ont dû démolir pour des raisons de stabilité du cinéma. On ne peut pas mettre en danger le cinéma. Mais je suis d'accord pour dire que la situation actuelle ne peut pas durer des années."

Un projet contesté dès le départ

Le projet Brouck'R concernant le bloc situé entre la place De Brouckère, les rues de Laeken, des Hirondelles et des Augustins avait obtenu son permis en juillet 2021, par la Région bruxelloise. Permis et projet contestés et ne faisant pas l'unanimité puisque ne maintenant que les façades et surtout ajoutant un étage supplémentaire moderniste, sous la forme d'un bloc en verre.

A la suspension du permis, Inter Environnement Bruxelles qui a saisi le Conseil d'Etat avec l'ARAU rappelait que la Haute juridiction administrative considère "à première vue que les remarques émises lors de l’enquête publique et celles formulées par la Commission royale des Monuments et Sites ont insuffisamment été prises en compte dans la motivation du permis, spécialement en ce qui concerne le volume contemporain en toiture des façades de la place de Brouckère.

"Force est de constater la légèreté avec laquelle les pouvoirs publics bruxellois ont, une fois de plus, délivré un permis à un gros projet immobilier spéculatif, en dépit de l’atteinte évidente au patrimoine et au mépris des avis émis en temps utiles, lors de l’enquête publique", ajoutait Inter Environnement Bruxelles dans un communiqué.

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