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Propos de Conner Rousseau : rien n'indique que "des gens donnent cours en arabe" dans des classes de la communauté flamande à Bruxelles

Conner Rousseau, lors d’une session plénière du Parlement flamand à Bruxelles, le mercredi 10 février 2021.
26 avr. 2022 à 17:51 - mise à jour 27 avr. 2022 à 06:03Temps de lecture2 min
Par Grégoire Ryckmans

Le président de Vooruit (socialistes flamands) Conner Rousseau était mardi sous le feu de vives critiques, jusque dans son propre camp, pour des propos jugés méprisants et xénophobes sur la diversité à Bruxelles, et particulièrement à Molenbeek. C’est une interview accordée à l’hebdomadaire flamand Humo qui est à l’origine de la polémique.

"Quand je roule dans Molenbeek, moi non plus je ne me sens pas en Belgique", affirme Conner Rousseau dans cette interview à l’hebdomadaire flamand Humo. "Mais la plupart de ces personnes sont nées ici. Le plus important est qu’elles parlent notre langue et qu’elles travaillent. A Bruxelles, à cause de la pénurie d’enseignants, des gens donnent cours en arabe en classe, parce qu’ils ne parlent pas français. Inacceptable. Et que fait le gouvernement flamand ? Il augmente le coût des cours de langue pour réduire les listes d’attente".

Les réactions en désaccord, même au sein du parti de Conner Rousseau

À Molenbeek, l’échevin de l’Instruction Jef Van Damme a réagi aux propos de son propre président de parti (Vooruit) : "qu’il me montre une seule école où des cours sont donnés en arabe", demande Jef Van Damme.

Le ministre flamand en charge de Bruxelles, Benjamin Dalle (CD&V) a également contesté les propos du président de Vooruit. C’est par l’intermédiaire du réseau social Twitter que le ministre flamand a réagi : "Ce que Conner Rousseau déclare aujourd’hui dans Humo n’est pas seulement indigne, c’est aussi totalement faux. Les cours de langue et le parcours de citoyenneté sont gratuits à Bruxelles", a-t-il répondu sur Twitter. "Quant à prétendre que des cours seraient donnés en arabe ? Qu’il me montre seulement une telle école de la Communauté néerlandophone !".

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Sven Gats, ministre bruxellois en charge de l’Enseignement conteste aussi les affirmations de Conner Rousseau

Sven Gatz, ministre du gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale mais aussi membre du Collège de la Commission communautaire flamande (VGC) et chargé de l’Enseignement et de la Construction d’Ecoles indique n’avoir "jamais" entendu parler d’une telle situation dans laquelle des cours seraient donnés en arabe dans l’enseignement néerlandophone à Bruxelles.

"C’est vraiment une allusion ou de l’information que M. Rousseau a, qui n’est pas checkée (vérifiée, ndlr), qu’il met dans le débat comme ça, gratuitement. Dans les écoles néerlandophones à Bruxelles, on enseigne le néerlandais, bien sûr le multilinguisme y est présent, que ce soit le français, l’anglais ou d’autres langues… aussi l’arabe et le turc. Mais la langue dans laquelle on enseigne, c’est bien sûr le néerlandais", réagit Sven Gatz. "Donc je ne sais pas d’où viennent ces propos de M. Rousseau", ajoute Sven Gatz.

"Je n’ai jamais entendu parler de ça. Oui, différentes langues sont utilisées dans les classes bruxelloises, c’est normal parce que nous sommes une ville cosmopolite, mais la langue d’enseignement c’est bien le néerlandais dans les écoles néerlandophones à Bruxelles. C’est évident", poursuit-il.

Conner Rousseau devrait venir vérifier en personne la situation à Molenbeek. Le président de Vooruit devrait venir en effet se rendre à Molenbeek la semaine prochaine. Une invitation lui a été lancée par la commune et par des mandataires bruxellois de son parti.

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