Belgique

PTB : "Il faut refédéraliser certaines compétences, notamment la santé", affirme Germain Mugemangango

Germain Mugemangango
27 août 2020 à 07:26Temps de lecture4 min
Par RTBF

Manque de transparence, mesures non ciblées, gestion de crise chaotique, le chef du groupe PTB au Parlement wallon, Germain Mugemangango, revient sur la gestion de la crise du coronavirus et les négociations pour une formation fédérale qui n’ont toujours pas abouti à un gouvernement majoritaire "après 555 jours sans gouvernement".

Un déni de démocratie

Pour le porte-parole francophone du PTB, l’enlisement des négociations pour la formation d’un gouvernement est en train de conduire à "un décrochage de la population". Germain Mugemangango s’étonne que le PTB ",un des vainqueurs des élections, n’est pas invité aux négociations. C’est un déni de démocratie", dit-il. "Quand on voit que le cdH n’a pas arrêté de dire qu’il ne voulait pas faire partie du gouvernement et voulait être dans l’opposition et qu’il a été appelé par tous les formateurs et préformateurs alors que nous jamais, cela nous pose un problème", ajoute-t-il.


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Il pointe également le manque de transparence des négociations. "Ce que l’on veut c’est que toutes les notes qui ont été discutées soient sur la table." Dans cette impasse, Germain Mugemangango l’affirme, "le PTB n’a pas peur d’aller aux élections. Ce serait l’occasion d’avoir l’avis des gens et de les réinsérer dans le processus. Avec ou sans campagne électorale, nous sommes un parti de terrain, on n’a pas peur d’aller au contact des gens".

Quant aux discussions qui ont été menées entre le PS et la N-VA, "ce manque de transparence", pèse, selon le porte-parole. "Quand on voit que le PS discute de régionalisation de certaines compétences comme la justice ou la sécurité sociale, c’est quand même complètement fou", s’insurge Germain Mugemangango.

Coronavirus et régionalisation des compétences

Pour le porte-parole du PTB, la régionalisation des compétences a montré ses limites dans la gestion de la crise du coronavirus. Selon lui, cela a même mené au "chaos". Pour lui, aller dans le sens d’une régionalisation des compétences est une erreur.

A l’inverse, dit-il, "il faut aller dans le sens de la refédéralisation des compétences, notamment la santé. Ça me paraît évident, d’ailleurs beaucoup d’experts le disent. C’est fou que l’on aille dans l’autre sens".


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D’ailleurs, Germain Mugemangango estime que le débat sur la régionalisation des compétences est un débat entre partis, entre politicien. Pour lui, une majorité de la population en faveur de la régionalisation, "cela n’existe pas". Et d’ajouter, "oui certaines compétences peuvent être régionalisées. Ce n’est pas le problème. Mais le problème c’est que les compétences les plus importantes, comme la justice, la santé ou la sécurité sociale seront plus efficaces si elles sont gérées sur le plan fédéral".
 

Manque de transparence ?

D’ailleurs peu de mesures adoptées lors de la crise du coronavirus trouvent grâce aux yeux de Germain Mugemangango. Même s’il l’admet, "c’est une crise sans précédent, ça, il faut le prendre en compte". Mais pour le porte-parole du PTB, il y a eu à la fois un manque de transparence et de "mesures ciblées".

Du point de vue de la transparence, pour Germain Mugemangango, l’absence d’une commission d’enquête pose problème. "Nous voulions une commission d’enquête avec un accès à tous les documents et qui nous permettent de convoquer les personnes pour savoir comment les choses ont été prises en main. Pour Publifin ou encore pour les tunnels, des commissions d’enquêtes avaient été mises en place. Mais sur une tragédie comme celle-ci, non. Mais qu’est-ce que les partis ont à cacher", s’insurge le chef de groupe du PTB au Parlement wallon.

Et ce n’est pas mieux du côté wallon pour le chef de groupe du PTB. Le parti a en effet demandé l’accès à des documents administratifs dans le cadre de garanties bancaires octroyées à certaines entreprises en Wallonie. Le PTB a d’ailleurs saisi une commission d’accès au document administratif. "Si on examine les comptes d’un instrument financier comme la Sogepa, seuls 6% des fonds sont dévolus aux petites entreprises et les autres moyens vont à des plus grosses entreprises", pointe Germain Mugemangango.


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Alors dans le cadre de l’octroi de garanties bancaires, le PTB s’interroge, "qui bénéficie de l’aide ?". Et pour lui, l’excuse du secret des affaires, non seulement ne repose sur "aucune base juridique et en plus il s’agit de moyens publics donc c’est logique que les citoyens veulent savoir ce que l’on fait. Pour un gouvernement qui a inclus la transparence, refuse de faire un partage des données sur la répartition des fonds".

Un dépistage préventif dans les maisons de repos

Pour le PTB, dans le cadre de la lutte contre le coronavirus, il faut miser sur des mesures ciblées, localisées plutôt que sur des mesures générales, qui risquent de faire perdre l’adhésion de la population. Par exemple, souligne-t-il, "tout le monde craint une seconde vague dans les maisons de repos. On ne pourra pas dire qu’on ne le savait pas. Je ne comprends pas pourquoi, la ministre Christie Morreale n’organise pas un dépistage préventif du personnel et des habitants au sein des maisons de repos". Il estime qu’attendre les premières contaminations augmente les risques de propagation du virus. "On doit tout faire pour éviter que le virus entre dans les maisons de repos".

Par ailleurs, Germain Mugemangango balaye l’argument qui consiste à dire que cela n’est pas nécessaire, dans la mesure où "les mêmes forces politiques, que ce soit PS et Ecolo, au niveau local, organisent au sein des maisons de repos des CPAS, ce type de dépistage préventif".

Plus largement, Germain Mugemangango estime que des "mesures ciblées" doivent être adoptées visant certains "secteurs fragiles de la société, comme les maisons de repos".

A l’inverse, pointe le politique, "le gouvernement prend des mesures générales, plus restrictives, qui n’ont pas de sens. Quand on passe d’une bulle de 15 personnes à 5 personnes, les gens ne comprennent pas. D’autant qu’ils voient que des mesures ciblées, comme sur les maisons de repos, ne sont pas prises". Et d’ajouter, "on doit opter pour des mesures ciblées efficaces" afin de "protéger les milieux les plus fragiles et desserrer les contraintes ailleurs dans des conditions sanitaires acceptables".

 

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