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Pukkelpop : propos racistes, saluts nazis, chants anti-wallons… Un jeune verviétois porte plainte

22 août 2022 à 15:54 - mise à jour 22 août 2022 à 18:15Temps de lecture2 min
Par Erik Dagonnier avec Caroline Adam

Propos racistes, chants anti-wallons, saluts nazis, tente dégradée… Cela se déroule au festival Pukkelpop, près d’Hasselt. Un festivalier verviétois de 21 ans a voulu témoigner pour sensibiliser l’opinion publique. Nathanaël considère qu’il a été victime d’actes discriminatoires et racistes. Il a décidé de porter plainte. Métis, cet étudiant en musique du conservatoire a quitté ce matin le festival.

 

On est venu uriner sur notre tente

Au Pukkelpop, Nat et son ami Pierre ont vécu plusieurs incidents. Le premier, au camping du festival, dans la nuit de vendredi à samedi : "On s’est posé justement à côté d’un complexe de tentes où il y avait un drapeau flamingant, par hasard en fait. On a reçu des insultes et des chants anti-wallons pendant toute la nuit. Des gens nous ont insultés en nous disant qu’on ne parlait pas français ici, que c’était seulement le néerlandais, et que pour le reste, il fallait dégager. Pire que ça, on est venu uriner sur notre tente et on a dit à mon meilleur ami : soit vous bougez la tente, soit on vous bougera nous-mêmes à midi."

Des propos racistes et des saluts nazis

Le samedi, un autre incident a lieu lors du concert de Pinkpantheress : "Des jeunes âgés entre 16 et 18 ans discutaient entre eux, juste à côté de moi, et ont sorti le mot "nègre" en anglais. Je pense que c’était visé et qu’il y avait une discussion qui se faisait à propos de moi parce qu’après avoir dit ce mot, ils m’ont regardé. Et le deuxième événement qui s’est passé, c’est qu’au concert de Pendulum, il y a des gens qui sont allés au milieu et qui ont commencé à faire des saluts nazis jusqu’à ce qu’ils me regardent droit dans les yeux en imitant la moustache d’Hitler et en refaisant un salut nazi".

Si j’avais été blanc, ce ne serait pas arrivé !

Pour Nathanaël, le fait qu’il soit métis a joué : "C’est certain que si j’avais été blanc, ça ne serait pas arrivé" estime-t-il.

Patrick Charlier, directeur d’Unia, le centre de lutte contre le racisme et la discrimination n’est pas étonné par ce témoignage : "On sait que des comportements à caractères racistes existent dans notre société. On le voit sur les terrains de football, dans les cours de récréation, on le voit sur les lieux de travail et donc dans un festival, ce sont des choses qui malheureusement arrivent. Et le fait de viser des personnes en raison de leur origine ou de la langue qu’ils parlent est malheureusement quelque chose que l’on constate."

Ce n’est pas la première fois au Pukkelpop

Ce n’est pas la première fois que des incidents à caractère raciste se déroulent au Pukkelpop. Deux femmes de couleur noire avaient été agressées par de jeunes Flamands en 2018. Ils avaient aussi entonné des chants racistes comme "coupez les mains, le Congo est à nous". A l’époque, les auteurs avaient été identifiés et le Parquet avait imposé aux jeunes une visite due la caserne Dossin et de son musée e l’holocauste. Alors, constate-t-on une augmentation des cas d’actes ou de propos racistes ? "je ne sais pas s’il y a de plus en plus de cas. Ce qu’il y a, c’est que ce n’est pas la première fois qu’on a des signalements qui arrivent au festival Pokkelpop par exemple. On sait qu’il y a des groupes de jeunes nationalistes qui investissent les lieux et donc il peut y avoir là une influence particulière et on sait que certains développent des conceptions un peu racistes ou tout à fait racistes de notre société. Ce qu’on sait, c’est qu’aussi des partis comme le Vlaams Belang par exemple, va rechercher spécialement une communication vers les jeunes."

Le jeune homme a décidé de porter plainte à la police de Verviers.

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