Qatargate

Qatargate : Marc Tarabella passe son tour, Andrea Cozzolino se défend devant le Parlement européen

Accusés, par le repenti Pier Antonio Panzeri, dans sa première audition devant le juge d’instruction, d’avoir accepté de ses mains, de l’argent, que l’ancien eurodéputé italien avait lui-même reçu du Qatar, les deux socialistes européens contre-attaquent : "Aujourd’hui, je n’ai toujours pas eu le droit de me défendre", écrit Marc Tarabella, dans un courrier que nous nous sommes procuré et qu’il a adressé hier à la commission des affaires juridiques du Parlement européen.

Tarabella en faveur de la levée de son immunité

L’eurodéputé belge devait être entendu aujourd’hui dans le cadre de la levée de son immunité, mais il a demandé à ne pas l’être et n’était donc pas présent lors de la séance ce matin. " Il m’apparaît que la question de la levée de mon immunité n’a pas à faire débat ; elle doit bien entendu être levée. Bien que pleinement conscient des conséquences possibles de cette levée d’immunité j’y suis moi-même favorable. Je veux me battre ! ".

Et l’actuel bourgmestre d’Anthisnes de répéter ce qu’il dit depuis que son domicile a été perquisitionné le 4 décembre dernier et que les révélations sur un vaste réseau de corruption téléguidé par le Qatar et le Maroc font trembler le Parlement européen : "Je clame mon innocence et je clamerai encore mon innocence. Je n’ai jamais reçu d’argent ou de cadeaux en échange de mes opinions politiques. Je suis jugé par l’opinion publique ou par certains de mes collègues sur base d’articles de presse ou d’aveux intéressés de personnes incarcérées, qui ont apparemment changé au fil du temps contrairement à ma position".

Cozzolino nie tout en bloc

Autre eurodéputé à faire l’objet d’une demande de levée de son immunité parlementaire, l’italien Andrea Cozzolino. Contrairement à Marc Tarabella, lui était bien présent aujourd’hui pour être entendu par les membres de la commission des affaires juridiques. Et lui aussi conteste toute forme de corruption dans son chef, comme l’indique la déclaration qu’il a faite ce matin à Bruxelles devant le Parlement européen :

"J’ai adressé au juge Michel Claise une requête formelle dans laquelle, tout en rappelant que je n’étais pas impliqué personnellement dans le Qatargate, j’affirmais vouloir être entendu sur les faits révélés dans la presse, même si je devais renoncer aux garanties de l’immunité parlementaire […]. Je tiens à vous rapporter des faits connus et vérifiables qui, en eux-mêmes, témoignent au-delà de tout doute raisonnable de ce que je suis totalement étranger au soi-disant Qatargate".

Et Andrea Cozzolino n’en reste pas là. Dans un argumentaire relativement détaillé, il justifie ses positions, notamment lors de la fameuse audition d’Ali ben Samikh Al-Marri, le ministre qatari du travail, le 14 novembre dernier, en sous-commission des droits de l’homme, commission présidée par Marie Arena, elle aussi citée dans ce dossier, et à laquelle participait Marc Tarabella :

"Je suis intervenu pour poser à notre invité des questions précises et en aucun cas complaisantes, concernant certaines informations sur les conditions de travail au Qatar et les niveaux de salaire".

Concernant le Maroc, la ligne de défense d’Antonio Cozzolino est exactement la même. Il rejette toute forme de corruption et explique ses nombreux contacts avec Abderrahim Atmoun, le diplomate marocain en place à Varsovie suspecté d’être un agent infiltré à l’intérieur du Parlement européen, par ses fonctions d’eurodéputé :

"Je connais, comme beaucoup de mes collègues, Abderrahim Atmoun qui a été président de la commission parlementaire mixte Maroc – EU pendant près de 10 ans entre 2011 et 2019. […] J’ai toujours eu des relations très cordiales avec M. Atmoun, qui, ayant une épouse italienne, parle couramment notre langue et a toujours fréquenté notre pays. Nos relations, certes sporadiques, ont été exclusivement de nature personnelle et amicale. Je tiens à ajouter que je n’ai jamais perçu de sommes d’argent, que ce soit directement ou indirectement, en espèce ou dans le cadre de transactions financières, que ce soit pour moi-même ou pour une association, une fondation, une ONG, une société ou un autre individu".

Un dernier vote pour lever les immunités

Marc Tarabella et Andrea Cozzolino vont devoir encore un peu attendre avant d’être entendu par le juge d’instruction Michel Claise. Prochaine étape, début février, à nouveau au Parlement européen, où la levée de leur immunité parlementaire sera mise au vote en séance plénière.

D’ici là, Pier Antonio Panzeri, le cerveau de ce vaste réseau de corruption présumé, devrait à nouveau être entendu. Proche de Marc Tarabella et Andrea Cozzolino, il a négocié avec le parquet fédéral et obtenu le statut de repenti. Statut en échange d’une réduction de peine, d’une amende de 80.000 euros et d’une confiscation d’un million d’euros sur ses avoirs, tout en s’engageant à dire tout ce qu’il sait aux enquêteurs.

Sur la même thématique : extrait du journal parlé de 17h du 17/01/2023

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