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"QR le débat" : Réforme des pensions : quels montants en fin de carrière ?

« QR le débat » : Réforme des pensions : quels montants en fin de carrière ?
02 févr. 2022 à 16:00Temps de lecture3 min
Par QR le débat

En septembre dernier, la ministre des Pensions, Karine Lalieux (PS), proposait une nouvelle réforme des pensions. À travers ce projet, il est notamment question de garantir une pension minimale de 1500 € nets d’ici 2024, de proposer une pension à temps partiel après 42 ans, des pensions anticipées ou encore majorées pour les personnes qui ont travaillé plus longtemps. L’important n’est donc plus l’âge du travailleur, mais bien les années prestées. "Ce que je dis aux travailleurs, c’est que nous allons travailler positivement avec vous. Si vous êtes fatigués, vous aurez le choix de partir après 42 ans de carrière, à 60 ans. Mais si vous trouvez la force de travailler, nous mettons des incitants positifs : c’est-à-dire une pension à temps partiel pour qu’ils choisissent leur temps de travail avec un bonus forfaitaire par jour pour les inciter à travailler plus ", affirmait-elle à l’époque.

Et ce bonus s’élève à deux euros bruts par jour presté versé, quel que soit le type de carrière. "Si vous avez eu une pension après 42 ans de carrière de 1500 euros, par exemple, avec ce bonus pension, ce sera 1600 euros par mois. Cela veut dire 7% de plus."

Justice sociale

Contrairement à l’actuelle réforme, un volet du projet est également consacré aux métiers pénibles, souvent exercés par des personnes ayant débuté leur carrière à 18 ans : "Ils devront travailler plus longtemps (61, 62 ans) et ils auront une espérance vie moins grande", explique la ministre. "Ils profiteront moins de leur pension. C’est totalement discriminatoire par rapport à ces gens qui sont socio-économiquement plus défavorisés. Je leur dis aujourd’hui : vous devrez travailler comme les autres, comme les personnes qui ont fait des études. Après 42 ans, vous êtes épuisés, vous pourrez partir à la pension."

Autre volet : celui qui concerne les femmes. "Les femmes ont des pensions de 33% moins élevées que celles des hommes. Ce n’est pas acceptable aujourd’hui. Je dis aux femmes qui travaillent à temps partiel (42% des femmes) qu’elles pourront rentrer plus facilement dans la pension minimum. Une femme qui a travaillé toute sa vie à deux tiers-temps, nous allons valoriser le calcul de sa pension de 33%. Et elle aura droit à une pension complète. C’est important pour les femmes. Les femmes vivent aujourd’hui dans la pauvreté quand elles sont âgées."

Contrairement à ce que promeuvent le MR et l’Open VLD, la ministre ne souhaite pas qu’un travailleur exerce pendant 20 ans pour pouvoir prétendre à une pension minimale. Il s’agirait plutôt de travailler 10 ans. "Je veux bien entendre vingt ans de travail effectif, mais regardons les chiffres. 65% des gens qui ont aujourd’hui accès à cette pension minimum seront exclus. Et dans ces 65%, une proportion de 70% des femmes", expliquait Karine Lalieux sur le plateau de La Première.

De son côté, le MOC, le Mouvement ouvrier chrétien, salue de nombreux points de la proposition de réforme de Karine Lalieux mais regrette que l’âge légal de la pension ne reste pas à 65 ans, que la durée d’une carrière complète ne soit pas réduite à 40 ans ou encore que les critères de pénibilité ne soient pas plus détaillés. "L’allongement des carrières et l’abandon de la question des pénibilités auraient pour conséquence d’accélérer l’augmentation déjà préoccupante du nombre de personnes en invalidité, alors que le gouvernement vient de décider de mesures supplémentaires touchant les personnes en invalidité dans le cadre du budget 2022."

 

Travailler 42 ans pour obtenir une pension complète vous semble-t-il juste ? Les années de chômage éventuel doivent-elles être assimilées pour le calcul de la pension ? Si on introduit des critères de pénibilité dans le calcul de la pension, estimez-vous que votre métier doit en faire partie ? Considérez-vous que les employeurs adaptent suffisamment les fins de carrière ?

Pour en discuter ce soir sur le plateau de "QR le débat", Sacha Daout reçoit Karine Lalieux (PS) (Ministre des Pensions), Nabil Boukili, (Député PTB), Anne Léonard (Secrétaire nationale de la CSC), Pierre Devolder (Professeur de finances à l’UCLouvain), Pierre Marage (représentant du collectif " Gang des vieux en colère "), Christophe Wambersie (Secrétaire générale du SNI) et Marie-Noëlle Vanderhoven (Conseillère à la Fédération des entreprises de Belgique (FEB) et membre du Comité national des pensions).

 

Retrouvez-nous ce soir à 21h50 sur la Une en télévision, sur le web via notre plateforme Auvio, mais aussi en live sur notre page Facebook, pour réagir avec nous. Toutes vos réactions sont également attendues sur l’application Opinio RTBF.

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