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Les Grenades

Quand le mouvement Riot Grrrl voulait rendre "le punk plus féministe et le féminisme plus punk"

Les Grenades - Série d'Eté

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18 juil. 2022 à 07:55Temps de lecture39 min
Par Camille Wernaers, une chronique pour Les Grenades

Commençons cette chronique avec les paroles du morceau "Rebel Girl" du groupe Bikini Kill qui résonnent à l’unisson avec le thème de notre émission, consacrée à la place des femmes dans la musique.

Quand elle parle, j’entends la révolution, Entre ses hanches, c’est la révolution, Quand elle marche, c’est la révolution qui arrive, Dans son baiser, je goûte la révolution"

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Et si j’ai choisi de vous citer ce morceau-là en particulier, c’est parce qu’il fait partie du répertoire d’un mouvement important mais encore mal connu : le mouvement Riot Grrrl, un mouvement qui lie les femmes à la musique.

Le punk n’est pas qu’une affaire d’hommes

Au début des années 90 apparaissent au sein du punk underground des groupes féminins comme Bikini Kill ou Bratmobile. Elles veulent rendre "le punk plus féministe et le féminisme plus punk". Surtout, elles ne veulent plus laisser penser que le punk est exclusivement une affaire d’hommes.

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Le mouvement Riot Grrrl permet aux femmes de créer leur propre musique, avec leur guitare, leur batterie et leurs paroles souvent engagées. Des paroles qu’elles crient pour dénoncer les viols, la violence domestique et le racisme. Elles parlent aussi de sexualité ou célèbrent la puissance des femmes. En réaction, elles reçoivent des insultes, des menaces et des projectiles d’une partie du public.

Mais elles ne s’arrêtent pas là, elles lancent aussi "Rock for Choice", une série de concerts et d’albums destinés à financer des campagnes de sensibilisation sur le droit à l’avortement et à protéger des cliniques pratiquant l’avortement aux États-Unis.

La chanteuse du groupe Bikini Kill, Kathleen Hanna, travaille dans un centre d’accueil de femmes victimes de violences conjugales et de viol. Lors des concerts, le groupe incite les femmes à monter sur scène pour prendre la parole.

La culture Riot Grrrl est souvent associée à la troisième vague du féminisme, qui nait précisément dans les années 90. Elles inspirent encore aujourd’hui puisqu’on retrouve leurs influences chez des artistes comme Miley Cyrus ou encore chez Lizzo.

Le groupe Bikini Kill en concert en 1994.
Le groupe Bikini Kill en concert en 1994. © Steve Eichner - WireImage/Getty Images

"Plus de femmes sur scène"

On les retrouve aussi dans la démarche de Lola Frichet, la bassiste du groupe français Pogo car crash control. Elle a créé un autocollant qui dit "more women on stage", "plus de femmes sur scène", elle a d’abord voulu les coller dans les loges des salles de concerts où elle se produisait pour que les femmes se sentent moins seules, explique-t-elle.

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Elle a surtout affiché ce slogan sur sa basse lors d’un concert. Des tas d’artistes ont alors commencé à se réapproprier ce slogan et à l’utiliser elles aussi. Désormais, "More women on stage" est carrément devenu un festival dédié aux femmes artistes pour encourager les filles et les femmes à se lancer dans la musique. La première édition a eu lieu à Paris ces 10 et 11 juin.

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Cette initiative intervient dans un contexte où de plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer les inégalités à tous les endroits de la culture, c’est aussi une suite logique du mouvement MeToo et de l’affaire Weinstein qui a touché d’abord le cinéma. Et qui aujourd’hui continue à s’étendre.

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Cette chronique a été écrite pour la troisième saison des émissions d’été des Grenades, tous les dimanches de l’été de 17h à 18h sur La Première-RTBF.

Si vous souhaitez contacter l’équipe des Grenades, vous pouvez envoyer un mail à lesgrenades@rtbf.be

Les Grenades-RTBF est un projet soutenu par la Fédération Wallonie-Bruxelles qui propose des contenus d’actualité sous un prisme genre et féministe. Le projet a pour ambition de donner plus de voix aux femmes, sous-représentées dans les médias.

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