RTBFPasser au contenu
Rechercher

Espace

Quand les effets d’une éruption volcanique sont ressentis jusque dans l’espace

12 mai 2022 à 16:30Temps de lecture2 min
Par Chloé Rosier

Les effets d’une énorme éruption volcanique à Tonga ont pu être observés jusque dans l’espace selon la Nasa.

Lorsque le volcan Hunga est entré en éruption le 15 janvier 2022, il a produit des ondes de choc atmosphériques énormes, des bangs soniques et des vagues de tsunami dans le monde entier. Cette éruption a été extrêmement violente et entendue à des kilomètres à la ronde, obligeant les gens à fuir sur les hauteurs pour éviter un énorme tsunami. Mais les conséquences de ce volcan ne se sont pas arrêtées à la Terre puisque la Nasa révèle qu’il y a eu des effets jusque dans l’espace.

En analysant les données de la mission Ionospheric Connection Explorer de la Nasa, ou ICON, et des satellites Swarm de l’ESA (l’Agence spatiale européenne), les scientifiques ont pu observer des effets encore jamais enregistrés.

"Cela nous permet de tester le lien mal compris entre la basse atmosphère et l’espace."

"Le volcan a créé l’une des plus grandes perturbations dans l’espace que nous ayons vues à l’ère moderne", a déclaré dans un communiqué de la Nasa Brian Harding, physicien à l’Université de Californie à Berkeley, et auteur principal de l’article présentant ces découvertes dans Geophysical Research Letters.

NASA’s Goddard Space Flight Center/Mary Pat Hrybyk-Keith

Quels effets ont été observés ?

Les scientifiques ont découvert que, dans les heures qui ont suivi l’éruption, des vents de la vitesse d’un ouragan et des courants électriques inhabituels se sont formés dans l’ionosphère, la haute atmosphère électrifiée de la Terre, une couche au bord de l’espace.

  • Des vents entremêlement violents

L’éruption du volcan a créé un panache géant de gaz, de vapeur d’eau et de poussière qui s’est élevé dans le ciel. Elle a également provoqué d’importantes perturbations de pression dans l’atmosphère, entraînant ainsi des vents violents. Plus les vents et le nuage montaient dans les couches atmosphériques, plus ils accéléraient. En atteignant l’ionosphère et le bord de l’espace, ICON a enregistré des vitesses de vent allant jusqu’à 675 km/h, les vents les plus forts enregistrés en dessous de 200 km d’altitude depuis le lancement de la mission en 2019.

  • Des perturbations électriques

Une fois dans l’ionosphère, les vents extrêmes ont affecté les courants électriques. Comme l’explique la Nasa : "les particules dans l’ionosphère forment régulièrement un courant électrique s’écoulant vers l’est – appelé électrojet équatorial – alimenté par les vents de la basse atmosphère. Après l’éruption, l’électrojet équatorial a atteint cinq fois sa puissance de crête normale et a radicalement changé de direction, s’écoulant vers l’ouest pendant une courte période."

En comprenant mieux ce qui affecte les courants électriques dans l’ionosphère, les scientifiques peuvent mieux prévoir les problèmes graves sur Terre, causés par de telles perturbations.

Sur le même sujet

Islande : éruption dans une fissure volcanique près de Reykjavik

Environnement

Éruption d’un volcan dans le sud du Japon : des dizaines de personnes appelées à évacuer

Monde Asie

Articles recommandés pour vous