Quartiers "difficiles" à Bruxelles : "Ce n'est pas que des problèmes de l'immigration, c'est un problème d'abandon", affirme David Leisterh (MR)

08 sept. 2020 à 07:01 - mise à jour 08 sept. 2020 à 07:15Temps de lecture2 min
Par J.C.

Le patron du MR bruxellois, David Leisterh, dans l’opposition en Région bruxelloise, était l’invité de La Première ce matin. Il est revenu sur les incidents de ces derniers jours dans le quartier des Marolles, et sur la mobilité, sujet récurrent, dans la région-capitale.

Ces derniers jours, des incidents ont éclaté dans le quartier des Marolles à Bruxelles : dégradation d’une crèche, voitures incendiées, caillassage des pompiers…

La Ville de Bruxelles, par la voix de son bourgmestre Philippe Close, a décidé de porter plainte.

Pour David Leisterh, il est temps de s’occuper de ce quartier, comme d’autres à Bruxelles.

Pas de fatalité pour ces quartiers

"Il faut que l’on punisse beaucoup plus rapidement et plus sévèrement. Deuxièmement, il n’y a pas de fatalité pour ces quartiers. Il y a d’autres exemples en Belgique de villes qui ont redressé des quartiers, comme à Malines avec de la sécurité en force mais aussi des centres d’apprentissages, des écoles de devoirs, des maisons de quartiers pour aider ces jeunes et leurs familles à apprendre la langue, à faire une formation… Trois, il y a aussi eu un investissement public pour le développement urbain".

Le MR a souvent été accusé de délaisser ces quartiers de Bruxelles, habités majoritairement par des populations issues de l’immigration. "C’est vrai, il y a certains quartiers dans Bruxelles où on n’a pas assez vu le MR. Maintenant on y est et on vient avec des propositions très concrètes. On pense que Bruxelles doit se redresser pas seulement en gardant la classe moyenne qui quitte Bruxelles, mais aussi en créant la classe moyenne. Il y a des quartiers qui demandent de sortir des difficultés".

Et de noter : "Ce n’est pas que des problèmes de l’immigration, c’est un problème d’abandon depuis de nombreuses années de leaders politiques".

Voile ou pas voile ?

A Molenbeek, la bourgmestre a proposé une "neutralité inclusive", dans l’administration. Le but : permettre l’embauche parmi les fonctionnaires de la commune de personnes affichant des signes convictionnels (le voile, par exemple). Une proposition qui a provoqué des remous lors du conseil communal de lundi soir.

Selon David Leisterh, ce n’est pas la priorité des habitants de la commune. "Les Molenbeekois ils me parlent de leurs quartiers, ils attendent des mesures, pour retrouver un emploi, des formations…". Concernant la mesure elle-même, le président du MR estime qu’il faudrait une position au niveau régional sur le sujet.

Vélo ou voiture ?

Autre sujet clivant à Bruxelles : les pistes cyclables ont poussé un peu partout. Et le constat est là : la pratique du vélo a fortement augmenté, les embouteillages ont légèrement diminué, en tout cas la semaine dernière…

Le MR n’est pas convaincu. "On demande évidemment que Bruxelles évolue. Mais là, à la faveur de la crise du covid, des pistes cyclables ont été peintes sur des bandes de circulation sans réflexion, en quelques nuits. Ce que nous disons, c’est que Bruxelles aurait dû évoluer en termes de transports publics et de pistes cyclables depuis des années".

Autour du Bois de la Cambre, la bataille devient carrément juridique. La commune d’Uccle, dont le bourgmestre est MR, a décidé de s’opposer en Justice contre le projet de la Ville de Bruxelles de réduire la circulation des voitures dans cet axe important d’entrée dans la Ville, mais qui est également un parc très fréquenté par les promeneurs.

"On vient avec une proposition constructive, c’est sûr il faut donner plus d’espace aux loisirs. On propose de faire comme à Manhattan : on le ferme en week-end, en vacances, mais on l’ouvre en semaine, particulièrement aux heures de pointe".

 

Articles recommandés pour vous