Cinéma

Quel est votre Pinocchio préféré ?

Le voici le Pinocchio imaginé par Guillermo Del Toro

© (Netflix)

Sans mentir, le pantin ne cesse d’inspirer les réalisateurs. Cette année, après la version de Robert Zemeckis, place à la vision de ce conte (plus vraiment) pour les enfants de Guillermo Del Toro. Sans oublier les autres films qui lui ont rendu hommage…

Il y avait une fois… Un Roi ? Non pas vraiment. Il y avait une fois… un morceau de bois !

Voilà comment débute "Les aventures de Pinocchio" publiées en 1883 par le journaliste et romancier italien Carlo Collodi. Au départ, l’auteur avait imaginé cette histoire en plusieurs parties pour que les enfants apprennent à mieux connaître leur pays, l’Italie. Ensuite, avec son double langage et une certaine satire, il les invitait à réfléchir sur leurs actions, sur leurs bêtises (à moins que ce ne soit la bêtise des adultes) et sur l’importance de l’école, de l’instruction pour être meilleur. Pour finir, Collodi qui connaît bien le langage et la façon de penser des enfants leur parle plus que jamais. Le succès de Pinocchio ne pouvait être qu’au rendez-vous. Il n’en fallait pas davantage pour que le Cinéma s’empare de ce pantin de bois avec des visions assez étonnantes. Dont la dernière en date, à voir en salles dès le 23 novembre (avant d’être sur Netflix à partir du 9 décembre), celle réalisée par Guillermo Del Toro.

Loading...

Le réalisateur mexicain est un artiste avec une véritable vision, un sens de l’image et de la mise en scène. Il aime les atmosphères ténébreuses, féeriques, gothiques et les aventures tragicomiques. La preuve avec des films comme "La forme de l’eau", "Le labyrinthe de Pan" ou "Nightmare Alley". Pour son premier film d’animation, Del Toro utilise la technique dite de stop motion, soit une animation image par image de réels objets. Soit un juste retour aux choses pour son Pinocchio, sa marionnette sans fil, son pantin devenu humain vu qu’il s’agit ici aussi d’un pantin… animé. S’il replace l’histoire de Collodi dans les années 30, son message concerne surtout l’acceptation de l’autre malgré ses défauts. Alors oui c’est sombre, oui c’est noir et ça ne devrait pas trop plaire aux enfants mais qu’importe, les adultes, eux, seront ravis de redécouvrir cette histoire et ils apprécieront la lumière, l’humanité, les sentiments mis en avant pour combattre cette noirceur !

Loading...

Mais quand on pense à Pinocchio, on pense d’abord au classique de l’animation des Studios Disney sorti en 1940, une merveille d’espièglerie et de couleurs virevoltantes, le tout avec ces moments plus sombres. À l’époque de sa sortie, le New York Times avait déclaré que c’était le meilleur dessin animé de l’Histoire. Un sentiment partagé par l’équipe Disney qui s’était (avouons-le) surpassée.

Loading...

Un film d’animation rejoué en chair et en os (ou presque) et disponible depuis septembre sur une autre plateforme (Disney + pour ne pas la citer). Réalisée par Robert Zemeckis, cette version s’inscrit dans la tendance des Studios aux Grandes Oreilles de revisiter avec de réels acteurs leurs grands succès animés.

Loading...

En attendant, le Pinocchio de Disney n’est pas le premier de l’Histoire. La première adaptation filmée de la marionnette de Collodi date de 1911 et nous la devons au réalisateur italien Giulio Cesare Antamoro. Muette, cette version vaut réellement le détour pour son style… à la Georges Méliès, sa magie et ses personnages tous interprétés par des acteurs délicieusement maquillés.

Loading...

Autres versions, autres visions de Pinocchio… avec l’inimitable Roberto Benigni. Dans le "Pinocchio" qu’il a réalisé en 2002, c’est lui qui jouait la marionnette. Et dans le "Pinocchio" de Matteo Garrone sorti en 2019, l’âge avançant, Benigni incarnait le vieux Geppetto. Garrone propose un Pinocchio intéressant car il est retourné à l’origine de l’œuvre imaginée par Collodi et à l’essence même des autres grands mythes italiens avec cette exubérance typique, entre rires et pleurs (on appelle ça aussi la Commedia dell’arte). Le conte qu’il nous a proposé est à la fois joyeux et difficile, baroque et dépouillé… enfantin et terriblement adulte !

Loading...

Notons encore cette production espagnole sortie en 2004 intitulée "Pinocchio le robot". Nous sommes en l’an 3000 et c’est dans ce drôle de futur que la fée Cybernia insuffle un peu de vie dans un… robot !

Loading...

Même le cinéma d’horreur s’est emparé du personnage avec "La revanche de Pinocchio" sorti en 1996. Dans cette histoire, l’esprit d’un tueur en série décédé se retrouve dans un pantin en bois. Un tueur qui continue plus que jamais ses crimes. Les fans du genre auront certainement reconnu, dans ce résumé, l’influence d’une autre poupée tueuse… Chucky !

Loading...

Inscrivez-vous à la newsletter à la Chronique de Hugues Dayez

Chaque mercredi, recevez dans votre boîte mail la chronique du spécialiste Cinéma de la RTBF sur les sorties de la semaine.

Sur le même sujet

Articles recommandés pour vous