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Quelle rentrée dans l'enseignement supérieur et de promotion sociale ?

Quelle rentrée dans l'enseignement supérieur et de promotion sociale?
21 août 2020 à 11:23 - mise à jour 21 août 2020 à 11:23Temps de lecture3 min
Par Baptiste Hupin

Les acteurs de l’enseignement supérieur et de promotion sociale (recteurs, directeurs de hautes écoles, experts) ainsi que la ministre de tutelle, Valérie Glatigny (MR), sont réunis aujourd’hui pour baliser la rentrée. Il s’agit de voir comment organiser l’année à venir en tenant compte du contexte épidémiologique actuel.

Une première réunion concernant l’enseignement de promotion sociale a débuté à onze heures, ce vendredi 21 août. La situation dans l’enseignement supérieur sera analysée à partir de seize heures trente. Les participants aux deux réunions ne communiqueront qu’en fin d’après-midi pour dévoiler les décisions entérinées.

 

Organiser les cours avec des règles de distance entre étudiants ?

La volonté affichée par les recteurs est de pouvoir reprendre le plus de cours possible en auditoire. C’est en tout cas ce qu’explique Pierre Wolper, recteur de l’université de Liège. "L’objectif de toutes les universités est de faire du présentiel, assez largement, au niveau de la rentrée."

Les universités restent toutefois lucides quant aux conditions sanitaires à respecter pour éviter la propagation entre les étudiants. "On est bien conscient qu’il y aura un certain nombre de restrictions", précise Pierre Wolper. "Mais il faut que ces restrictions soient compatibles avec une organisation où les étudiants sont suffisamment présents sur le campus et, surtout, puissent réaliser les travaux de laboratoire et ce genre de choses."

Le deuxième quadrimestre de l’année dernière a été marqué par l’organisation de la toute grande majorité des cours à distance dans l’enseignement supérieur. La rentrée 2020 permettra peut-être le retour des étudiants et professeurs dans les auditoires.

Mais cette présence sur les campus sera probablement assortie de règles de densité dans les locaux de cours, avec le risque de devoir séparer les étudiants en plus petits groupes. Cette séparation pose cependant de sérieuses questions logistiques et organisationnelles.

Une attention particulière pourrait être apportée aux étudiants de première année. Une semaine d’accueil est, par exemple, prévue à l’ULB pour ces étudiants venant du secondaire, "de façon à leur donner une expérience universitaire la plus complète possible", explique Yvon Englert, recteur de l’ULB.

Si les cours en auditoire ou les travaux pratiques ne peuvent être généralisés, les étudiants de première année pourraient être considérés comme prioritaires. Yvon Englert de l'ULB se veut cependant optimiste quant à la possibilité de revenir sur le campus pour tous les étudiants. "Notre stratégie devrait permettre à tous les étudiants d'être sur le campus. Mais peut-être pas tout le temps."

Vers un port du masque obligatoire ?

L’enseignement supérieur ne fera vraisemblablement pas exception à l’obligation du port du masque, de rigueur dans de nombreux secteurs et zones géographiques en Belgique.

"C’est une contrainte. Mais une contrainte tout à fait acceptable", estime Pierre Wolper. "Il faut travailler dans l’optique où on portera le masque, quasiment tout le temps dans nos bâtiments universitaires." Le masque devra permettre une plus grande présence d’étudiants sur les campus.

A Liège, testing des étudiants et du personnel

L’Université de Liège procédera aussi à des tests salivaires, toutes les semaines, sur un grand nombre de membres de la communauté universitaire dès la rentrée. En comptant, les étudiants et les membres du personnel, l’objectif affiché est de pratiquer 30.000 tests salivaires par semaine.

Pour le recteur de l’Université de Liège, il s’agit d’un outil utile pour adapter les règles de fonctionnement de l’université. "Cela donne une vue de l’efficacité des mesures prises." Plus largement, ce testing massif pourra servir de baromètre pour les autres campus universitaires du pays, espère Pierre Wolper.

Et le folklore étudiant ?

La vie universitaire est aussi synonyme de guindailles. Mais la rentrée 2020 ne sera clairement pas un grand cru pour le folklore estudiantin. L’ambiance n’est pas à la fête et aux grands rassemblements.

Les recteurs sont sur la même longueur d’onde, selon Pierre Wolper. "Les évènements folkloriques des étudiants sont des évènements qui pourraient être des foyers de propagation de l’épidémie."

La volonté est d’entrer en dialogue avec les étudiants pour établir une politique concertée en la matière. Yvon Englert, recteur de l'ULB est d'ailleurs satisfait de la discussion entamée à ce sujet avec les étudiants. "Ce travail se fait avec les cercles. Et je dois dire que je suis très touché par l'implication et la responsabilité des cercles étudiants. Il y aura, à leur initiative, un évitement des activités qui comportent un risque évident."

Des alternatives seront cependant proposées dans l'objectif d'offrir un minimum de vie folklorique, tout en respectant les règles sanitaires. 

 

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