Qu’est-ce que le Blob, ce "locataire atypique de la Station spatiale internationale ?

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13 août 2021 à 14:44Temps de lecture3 min
Par N.J. avec agences

Mais qu’est-ce qu’un Blob ?

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Apparu il y a plus de 500 millions d’années, le "Physarum polycephalum", plus couramment appelé le Blob, n’est ni un organisme animal, ni une plante et ni un champignon. Il s’agit en fait d’un grand mystère biologique.


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C’est un être unicellulaire semblable à une masse spongieuse de couleur jaune. Il est dépourvu de bouche, de pattes et de cerveau. Et pourtant il mange, grandit, se déplace (très lentement), et possède d’étonnantes capacités d’apprentissage. Il peut ainsi sortir d’un labyrinthe, mémoriser un parcours, et n’est pas sensible à l’eau ou au feu. Mais par contre, le Bob est gourmand : pour se nourrir, il est capable de se développer à une vitesse relativement rapide, environ 4 cm par heure dans l’unique but de manger ce qu’il aime.

Cet organisme est interpellant puisqu’à lui seul, il bouscule certaines théories scientifiques comme celle la théorie cellulaire qui dit que toutes les cellules se divisent en deux cellules. Néanmoins avec le Blob, cette théorie ne fonctionne pas puisque c’est une cellule unique qui croît sans jamais se diviser.

Autre bizarrerie biologique, d’après les chercheurs, le Blob a plus de 720 types sexuels.

"Blob l'éponge" : Ni animal, ni plante

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Mais ce n’est pas tout, une autre caractéristique de cette créature, c’est qu’elle peut aussi se diviser à volonté et se mettre en état de dormance sans mourir et ce, tout simplement en se déshydratant.

C’est d’ailleurs dans cet état dit de "sclérote", que le Blob a voyagé pour atteindre l’espace à bord d’un cargo de ravitaillement de la Station spatiale internationale.

Lorsque l’astronaute les réhydratera, en septembre, quatre sclérotes d’environ 0,5 cm se réveilleront à 400 km de la Terre, dans des boîtes de Pétri, pour y subir deux protocoles. Thomas Pesquet analysera le comportement du Blob lorsqu’il sera privé de nourriture et le deuxième protocole consistera à analyser l’espèce quand il reçoit une source alimentaire, en l’occurrence, des flocons d’avoine.

ISS Solar Transit
ISS Solar Transit 2021 Nasa/Joel Kowsky

Et pourquoi va-t-il dans l’espace ?

Le but de cette mission scientifique est d’observer les effets de l’apesanteur sur cet organisme et des rayonnements sur son évolution. Agit-il de la même manière que sur terre ?

"Aujourd’hui, personne ne sait quel comportement il va avoir en microgravité : dans quel sens va-t-il se déplacer, est-ce qu’il va prendre la troisième dimension en allant vers le haut, ou vers l’oblique ?", s’interroge Pierre Ferrand, professeur de sciences et vie de la Terre détachée au Cnes, l’un des initiateurs du projet.


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"Je serai curieuse de voir s’il se développe en formant des piliers", s’interroge la spécialiste du blob Audrey Dussutour, directrice de recherche CNRS au Centre de recherches sur la cognition animale à Toulouse.

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Des recherches simultanément sur Terre

Depuis la Terre, à l’automne, plusieurs centaines de milliers d’élèves français, reproduiront l’expérimentation sur cette curieuse espèce vivante, ni animale, ni plante, ni champignon, sous l’égide du Centre national d’études spatiales (Cnes), en partenariat avec le Centre national de la recherche scientifique (CNRS).

C’est au total 4500 écoles, collèges et lycées de France qui étudieront des Blobs, découpés sur la même souche (LU352) que celle de leurs congénères spatiaux.

"Ça représente plus de 350.000 élèves qui vont étudier du Blob", explique Christine Correcher, responsable des projets éducatifs à l’agence spatiale.


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Fin août début septembre, les enseignants recevront un kit contenant entre 3 et 5 sclérotes préparés par l’équipe d’Audrey Dussutour, assorti d’un tutoriel pour conduire l’expérience.

Quand là-haut, dans l’espace, Thomas Pesquet humidifiera ses Blobs, les élèves feront de même en classe. Démarreront ensuite des séances de prise de vue, pour pouvoir comparer son comportement avec ou sans gravité.

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