Belgique

Questions orales à la Chambre : extrémisme, terrorisme, narcotrafics et crise de l’énergie au cœur des questions

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29 sept. 2022 à 13:47 - mise à jour 29 sept. 2022 à 14:03Temps de lecture4 min
Par Jean-François Noulet

A la Chambre, le jeudi, c’est le jour de la séance plénière et de la traditionnelle session de questions orales. La lutte contre les extrémismes et la criminalité organisée était le premier thème abordé par les députés. Pour l’occasion, le ministre de la Justice, Vincent Van Quickenborne est sorti du lieu de résidence où il est placé, depuis samedi, sous protection spéciale en raison d’une menace qui pèse sur lui, émanant des milieux criminels liés au trafic de drogue.

Autre sujet au cœur des questions des parlementaires, l’augmentation des prix de l’énergie.

Quels moyens contre le terrorisme extrémiste et les narcotrafiquants ?

 

Les députés qui ont interpellé le Premier ministre, le ministre de la Justice et la ministre de l’Intérieur sur le sujet ont d’abord marqué leur soutien avec le ministre de la Justice avant de s’interroger sur la stratégie du gouvernement par rapport à la menace terroriste et à la criminalité organisée.

Pour Maxime Prévot (Les Engagés), les évènements des derniers jours, menaces de narcotrafiquants contre un ministre et perquisitions dans les milieux extrémistes de droite, ne sont "pas une surprise". Mais face à cela, le député des Engagés déplore des moyens insuffisants. Au MR, le député Philippe Pivin se demande si l’on va relever la menace terroriste au niveau de l’OCAM. "Quels moyens allons-nous pouvoir mettre en œuvre contre le terrorisme", s’interroge-t-il. Au PTB, le son de cloche est proche. "Quelle stratégie allez-vous mettre en place pour faire face à ce danger et allez-vous refinancer les services", demande Nabil Boukili. "Quels moyens allez-vous dégager en urgence", interroge le député PS Khalil Aouasti.

Le Premier ministre a rappelé que la lutte contre le narcoterrorisme et la criminalité liée à la drogue est une priorité du gouvernement. Et de rappeler le coup de filet qui a permis le démantèlement du réseau SKY ECC. Il a aussi rappelé ce que le gouvernement avait mis en œuvre, conformément à ce qui a été communiqué dernièrement lors d’une table ronde avec les bourgmestres des grandes villes.

Le ministre de la Justice, lui, a mis en évidence le travail des agents sur le terrain. Hier, lors des perquisitions dans les milieux extrémistes de droite et de la fusillade qui y a eu lieu, il y avait "quelques centimètres entre notre agent et la balle qui s’est logée dans le bouclier", a expliqué le ministre. Vincent Van Quickenborne a mis en évidence des "interventions qui sont aujourd’hui plus rapides", avec des "services rendus plus performants" et une présence "renforcée sur la liste de front". Par rapport aux narcotrafiquants, le ministre de la Justice a annoncé avoir "demandé à la Sûreté de l’Etat de cibler aussi le narcoterrorisme en raison de la menace qu’il représente".

 

Quelles solutions face à l’augmentation de la facture énergétique ?

Autre sujet au cœur des questions parlementaires, l’énergie et la hausse du coût des factures énergétiques. "Ce qu’il faut, c’est agir directement sur la facture en plafonnant du gaz et de l’électricité", a demandé Sophie Rohonyi (Défi), s’inquiétant que "ce plafonnement que vous attendez tant de l’Union européenne ne vienne pas". "Pourquoi ce qui est possible en Espagne et au Portugal ne l’est pas en Belgique", a demandé la députée. Il faut, ajoute-t-elle, "des mesures", pas "des mesurettes".

Au PVDA/PTB, Sofie Merckx a mis sur la table les "2,6 milliards d’euros de dividendes en plus à cause des prix de l’énergie", chez TotalEnergies. "Que fait votre gouvernement ? Adresser un courrier à l’Europe et attendre", a-t-elle ajouté.

Chez les Engagés, pour Catherine Fonck "il ne s’agit plus de chipoter". Pour elle aussi, il faut "un plafonnement des prix du gaz et de l’électricité". "C’est crucial, pour les familles, les indépendants, les PME, les entreprises", a estimé la députée, doutant d’une solution possible au niveau européen. "Avez-vous un plan belge avec le plafonnement des prix du gaz", a-t-elle demandé au Premier ministre.

Au PS, Hervé Rigot a aussi plaidé pour un plafonnement du prix du gaz. "Pouvez-vous garantir que cela sera obtenu ?", a-t-il demandé.

Chez Ecolo/Groen, Gilles Van den Burre a demandé une solution pour les entreprises et les indépendants qui cessent leurs activités en raison de factures énergétiques élevées et réclamé "un véritable tarif social pour indépendants".

En réponse, le Premier ministre est resté très prudent. "Le gouvernement se rend compte que nous sommes dans une situation délicate pour les citoyens et les entreprises", a déclaré Alexander De Croo. Le Premier ministre a alors rappelé ce que son gouvernement avait déjà décidé : le tarif social élargi, la TVA réduite et prolongée jusqu’à la fin de l’hiver et les réductions sur les factures d’électricité et de gaz en novembre et décembre. "Aux Pays-Bas, ce sera en février ou en mars que l’effet se fera sentir", a précisé le Premier ministre en réponse aux critiques de l’opposition.

Alexander De Croo concède toutefois que "ce ne sera pas possible de trouver une solution pour tous". Et lorsqu’on lui expose les cas de ces commerces, notamment des boulangeries, qui cessent leurs activités face au coût des factures, le Premier ministre souligne que "résoudre ce problème n’est possible que s’il y a une collaboration entre les différents gouvernements", soit une manière d’appeler les Régions à prendre des mesures elles aussi.

Appeler les régions à prendre leurs responsabilités, c’est aussi l’avis émis par David Clarinval, le ministre des Classes moyennes, des Indépendants et des PME. David Clarinval est revenu un nombre de 13 mesures que le gouvernement fédéral a prises pour aider les indépendants et les PME, notamment la diminution des accises et le droit passerelle.

Par rapport au plafonnement des prix, le gouvernement a misé sur une décision européenne. Alexander De Croo parle encore de "compromis", mais "cela demande du temps pour convaincre les différents pays". Selon lui, 15 pays soutiendraient la proposition faite par la Belgique et sa ministre de l’Energie, Tine Van der Straeten.

Enfin, au sujet des surprofits réalisés par les entreprises du secteur de l’énergie, "on est en train de chercher une solution", a affirmé le Premier ministre, rappelant qu'"on n’a pas attendu ça pour aider les gens".

 

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