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Qui pour succéder à Anderlecht ? Après l’Euro féminin, voici déjà le retour de la Super League dames

Laura Deloose (Anderlecht) et Zenia Mertens (OHL) au duel : une image représentative de la nouvelle saison de Super League ?

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Nicky Evrard la tête enfouie dans ses gants, Sari Kees assise sur la pelouse du stade de Wigan & Leigh, le regard dans le vide, ou encore les larmes de Tine De Caigny… Ces images fortes de l’élimination des Red Flames en quart de finale de l’Euro féminin ont tout juste trois semaines. 21 jours plus tard, plusieurs joueuses Belges vont (déjà) retrouver les terrains et la compétition puisque c’est ce vendredi (déjà) que commence la nouvelle saison de Super League, le championnat de Belgique féminin.

Tessa Wullaert a quitté la compétition pour relever un nouveau défi à l’étranger, mais Anderlecht n’a pas l’intention de céder son titre pour autant. On fait le point sur les forces en présence et les attentes pour cette nouvelle saison.

Vers un duel Anderlecht – OHL ?

Anderlecht reste sur cinq titres consécutifs en championnat et sur un doublé Coupe/Championnat parachevé au mois de mai. Mais l’hégémonie des Mauves a longtemps été contestée par OHL la saison dernière, avec des Louvanistes capables de faire douter les RSCA Women jusqu’aux playoffs, avant de craquer au moment le plus important. Vice-championnes, les joueuses de Louvain se sont renforcées avec l’arrivée notamment des internationales belges Nicky Evrard dans les buts et Ella Van Kerkhoven à l’autre bout du terrain, sur le plan offensif. De quoi amener, peut-être, le brin d’expérience et de détermination qui avait manqué il y a quelques mois ?

L’intersaison a en tout cas été animée autour du club bruxellois champion en titre, que ce soit dans le sens des départs ou dans celui des arrivées. La direction anderlechtoise veut rester ambitieuse et a réfuté la réduction de moyens, tout en précisant vouloir miser avant tout sur les jeunes joueuses du cru. L’arrivée de Dave Mattheus avec toute son expérience de la Super League va dans le sens du projet. Mais l’ancien coach à succès de Gand (même si la dernière saison des Gantoises avait été plus délicate, sans participation aux playoffs 1) sait qu’il aura du boulot.

Un duel Anderlecht-OHL est donc prévu sur papier, mais d’autres clubs pourraient aussi venir se mêler à la lutte pour le titre. "Je suis curieuse de voir le niveau de toute le monde" avoue Audrey Demoustier, ancienne adjointe d’Ives Serneels chez les Red Flames. Désormais entraîneuse du Femina White Star Woluwé, elle sera la seule femme à exercer ce rôle en Super League. "Les clubs ont bien recruté, le niveau se resserre et j'espère que cette saison sera encore plus attrayante que la précédente..."

Le Standard, par exemple, a rapatrié notamment d’anciennes joueuses déjà passées par Liège et peut-être revanchardes, comme Noémie Gelders ou Léa Cordier revenue d’une expérience enrichissante en Angleterre… D'autres clubs comme Bruges et Genk ont également signé des transferts significatifs, Gand se montre aussi particulièrement ambitieux, bref : la Super League s'est peut-être bien densifiée et le niveau semble voué à augmenter du côté des clubs visant les playoffs 1. Pour ceux plutôt tournés vers les playoffs 2, l'apprentissage et la formation de jeunes joueuses reste sans doute la priorité.

Audrey Demoustier sur la nouvelle saison de Super League féminine

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11 équipes et des playoffs

Malines rejoint la Super League cette saison. En remplissant les conditions de la licence nécessaire à la participation à la compétition, le club malinois vient donc ajouter une équipe supplémentaire à la série, aux côtés d’Anderlecht, d’OHL, du Standard, de Bruges (YLA), de Gand, de Genk, du Femina White Star Woluwe, de Zulte-Waregem, d’Alost et de Charleroi.

Cela veut aussi dire qu’une équipe restera "bye" (sans jouer) chaque week-end, mais aussi qu’il y aura plus de matches, au total, pour les équipes. "Ça va faire du bien à la Super League et s’il pouvait y en avoir encore une en plus la saison prochaine ce serait encore mieux", approuve Audrey Demoustier. "J’espère qu’avoir une équipe en plus fera progresser tout le monde en tout cas, parce que cela veut aussi dire que des jeunes pourront se montrer. J’espère qu’on pourra grandir aussi de cette manière-là."

La compétition sera en tout cas à nouveau organisée en deux temps : une phase régulière suivie de playoffs au printemps prochain. Des playoffs pour le titre d’un côté pour les meilleures équipes de la phase classique, des playoffs 2 sans réel enjeu de l’autre côté, puisqu’il n’y aura toujours pas de relégation sportive au bout de cette troisième saison de Super League.

Sans Tessa Wullaert

On le sait depuis plusieurs mois maintenant : Tessa Wullaert, la star du championnat belge depuis 2 saisons, a décidé de retenter l’aventure à l’étranger (au Fortuna Sittard, aux Pays-Bas). Mais pas de quoi paniquer ou diminuer l’intérêt du championnat, aux yeux d’Audrey Demoustier : "D’autres joueuses vont pouvoir se mettre en évidence et ce sera bénéfique pour tout le monde et pour les Red FLames aussi avec des jeunes qui vont pouvoir avoir plus de temps de jeu. J’espère qu’il y aura un niveau assez élevé cette saison pour attirer un maximum de monde aussi dans les stades".

Qui va donc désormais régner sur le classement des buteuses et "incarner" le championnat belge ? C’est le terrain qui donnera la réponse au fur et à mesure de la saison mais la porte est sans doute ouverte pour quelques Red Flames notamment. Pour le côté offensif, on peut penser à Ella Van Kerkhoven (recrue d’OHL, en provenance d’Anderlecht) tout juste revenue de blessure pour disputer l’Euro (montée quelques secondes contre l’Islande, elle s’apprêtait à le faire contre la Suède quand le but adverse est tombé), dans le jeu il y a Marie Minnaert (passée de Bruges à Anderlecht) qui a signé quelques montées intéressantes en Angleterre, sans parler des défenseuses Sari Kees et Amber Tysiak, le futur sans doute de la charnière centrale de l’équipe nationale comme c’est déjà le cas à OHL. Sans oublier Nicky Evrard, la gardienne belge, élue dans le 11 de l’Euro par nos collègues français du journal L’Equipe et allemands du magazine Kicker, et qui gardera désormais les filets d’OHL.

Mais au-delà des internationales belges (12 sélectionnées pour l’Euro évoluent encore dans notre pays), d’autres joueuses pourraient aussi attirer la lumière. Si la Suédoise Amanda Johnsson-Haahr a quitté Louvain pour Kvinner (Norvège), qui sait si l’Américaine (née au Texas) Allie Thornton (ex Issy et Le Havre, en France) ne va pas alimenter le marquoir pour Anderlecht cette saison ? Sans oublier les jeunes Belges comme par exemple Loredana Humartus, que Tessa Wullaert en personne avait saluée comme un énorme talent la saison dernière à l’issue notamment de la Coupe de Belgique…

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Le rêve anglais

Impossible évidemment de comparer l’Angleterre et la Belgique, en termes de budgets, d’engouement, de succès public. Chez les garçons non plus, d’ailleurs… Mais la situation anglaise fait évidemment rêver : les stades des différents clubs féminins seront particulièrement remplis cette saison, les demandes d’abonnements ayant explosé (certains clubs anglais annoncent… 400% d’abonnements supplémentaires vendus !) après la victoire des Lionesses dans "leur" Euro.

Mais rien n’empêche de regarder vers l’étranger pour tenter de s’améliorer. "Et cela devra passer par le professionnalisme", pousse Audrey Demoustier. "Pour permettre à nos joueuses de se concentrer à 100% sur le football." L’Euro a peut-être lancé la machine, mais il faut maintenant bien faire tourner le moteur, et passer la vitesse supérieure…

Anderlecht en Champions League

A noter enfin qu’Anderlecht défendra les chances belges sur la scène européenne, en participant à la Champions League féminine. Ou plus précisément, dans un premier temps, à son premier tour préliminaire. Les RSCA Women disputeront tout d’abord un mini-tournoi à quatre équipes (en Pologne) puis, en cas de qualification, un autre tour de barrage.

L’objectif est évidemment d’accéder aux poules de la plus grande compétition de clubs en Europe et de se frotter au tout haut niveau. Là où les Mauves pourraient retrouver, par exemple, Janice Cayman et les Lyonnaises octuples championnes d’Europe !

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